‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 2)Chapitre 130 sur 204 · Plantin à Çayas · texte numérisé non relu

Plantin à Çayas

Monseigneur,

Estant retourné de Francfort, ce premier d'octobre, j'ay trouvé deux lectres de V. R. S., la première datée du 2 et l'autre du 11 de septembre, chose dont je me suis autant resjouy que de chose qui m'advînt onques ou me pourroit advenir,d'autant que par icelles j'entends la continuation de la bonne affection que portés à l'advancement de mon bien, honneur et profict.

Pour responce doncques de la première, j'envoye Diogenes Laertius ' et Val[erius] Max[imus]*, ainsi liés, à mon advis, que V. S. les demande.

Quant à la seconde, touchant l'impression de la Bible en 4 langues, il plaira à V. R. S. [entendre que] j'ay tousjours entretenu le principal de mes correcteurs^ qui

1 . Laertii Diogenis de Vita et nioribus philosophorum lihri X. Plantin, 1566, in-So.

2. Valcrii Maxiini dictoruin factoriimque memoràbiïium libri IX' Plantin, 1567, in-S".

est mon gendre ', auquel estoyent autrement' offertes diverses bonnes conditions ; mais je me suis efforcé de luy bailler tousjours les mesmes gages ou profitz qu'on luy a offerts, et ay tousjours continué d'entretenir les compositeurs et ouvriers, à qui j'ay faict apprendre à besogner en grec, chaldéen et hébrieu, et donner présents a ceux qui, avec le temps, me pourroyent servir à l'impression dudict œuvre, afin de les pouvoir retenir et avoir quand besoing en sera, et encores pour l'entretien de six presses que j'ay tousjours entretenues besognantes tous. Durant le temps de ces difficultés survenues, j'ay este contrainct d'aliéner beaucoup de choses pour avoir argent, si est ce qu'onques je n'ay voulu vendre rien qui soit requis à l'impression de telle œuvre et entreprinse, qui sera bien la plus belle qui fût onques mise en exécution, principalement estant enrichie de ce noble thrésor des deux volumes dont m'escrivés, et que j'ay aussi délibéré d'y adjouxter, le Nouveau Testament en langage syriach et le Thésaurus lingue sanctce R. P. Santis Pagnini, lequel, comme autres fois j'ay rescrit à V. S., j'ay, passé sont jà quelques années, faict revoir et amander à mes propres cousts et despends, et l'ay tousjours voulu garder pour l'embellissement et enrichissement de ceste œuvre tant noble et nécessaire pour l'utilité chrestienne ".

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