‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 2)Chapitre 152 sur 204 · Tlantin au Cardinal de Granvelîe · texte numérisé non relu

Tlantin au Cardinal de Granvelîe

Très Illustre et Révérendissime Signeur,

Il me desplaist maintenant que je ne désistay de l'impression commencée du livre de Variarum Leopardi, auquel estoyent empeschés les lectres propres pour commencer et poursuivre celle des Fragments poétiques du Sig"" Fulvio Ursino, puisque en cela j'eusse peu luy faire service et aux gens doctes de par delà. Parquoy je feray toute diligence possible de les commencer et en envoyer la monstre à V. I. S. dedans 12 jours au plus tard. Quant est d'Eunapius, le Signeur Pighius nous avoit par cy-devant rescrit qu'il n'estoit point en la librairie de V. I. S. à Brusselles, parquoy le commenceasmes incontinent, tant en grec qu'en latin, ainsi que V. I. S. pourra veoir par les feilles envoyées avec mes précédentes.

Je remercie très humblement V. I. S. de sa libéralité et facilité de l'avoir voulu faire communiquer à Junius et principalement aussi de l'espoir qu'il luy plaist me donner de son retour par deçà, que je supplie à Dieu vouloir estre de bref et en toute bonne prospérité.

Quant au tiltre de Summa Sancti Thom^, je suis très joyeux et remercie très humblement V. I. S. de l'advertissement qu'il a pieu de m'en donner, lequel je suivray totallement en imprimant la première feille que j'ay restrouvée pour l'imprimer après le reste de toute l'œuvre, laquelle j'avois desjà commencée, avant que d'avoir receu l'advertissement d'en faire trois exemplaires du milleur papier.

Je suis très joyeux que la récognition de la Bible grecque se poursuive et prie à Dieu, qu'au proffict de

toute la chrestienté et à l'honneur de nostre Roy très catholicque, la Bible en 4 langues se puisse mectre en œuvre, suivant l'espoir qui m'en a été donné par cydevant.

Quant aux Bréviaires, j'espère que V. I. S. aura maintenant receu ma response d'accord et procuration, parquoy je n'en feray ici autre réitération. Et suivant l'exhortation de V. I. S. et me confiant qu'en la vérité et asseurance du bon chemin, que je suis résolu de suivre toute ma vie, V. I. S. et tels congnoistront facilement de quelle rage envieuse pourroyent procéder les calumnies des malveillants, j'ay proposé de ne m'en soucier doresnavant; mais, au contraire, d'en redoubler le courage à poursuivre d'autant plus vertueusement le bon chemin encommencé. En priant Dieu pour la conservation et augmentation de l'auctorité de V. I. S. D'Anvers, ce 5 febvrier 1568.

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