‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 2)Chapitre 188 sur 204 · Plantin au Cardinal Ganvelk · texte numérisé non relu

Plantin au Cardinal Ganvelk

A Monsigneur le Cardinal de Granvelle. 4 juillet 1568. Très Illustr. et Révérendissime,

Par mes précédentes, Vostre Illustrissime et Révérendissime Signeurie aura entendu que nous sommes prests à commencer l'impression de la Bible en 4 langues, et qu'attendons la Bible conférée à Rome, à son instance ; de laquelle nous servans, ne faudrons à faire telle mention des grands personnages qu'il luy a pieu nous en advertir.

J'estime que le Signeur Fulvio Ursino aura dès long temps receu l'exemplaire des Poétrices que mon serviteur luy a envoyé, cependant que j'estois à Paris. Par mes dernières, Vostre Illustrissime Signeurie aura aussi entendu que j'ay, pour ne charger par trop les postes, mis 142 feilles de Sa Signeurie en une des basles que j'ay faicte et envoyée, ces jours passés, à Rome, pour les délivrer au Signeur Georges Ferrari, libraire, et maintenant j'envoye ces feilles que j'en ay imprimées depuis, et continueray d'envoyer le reste jusques à la fin, qui sera. Dieu aidant, devant la fin du mois d'aoust prochain. Après quoy, j'espère (suivant aussi mes précédentes) d'imprimer incontinent et en diligence le Lactance et les commentaires de Q^sar.

Quant à la disme des Bréviaires de Manutio, je la luy pourray bien envoyer, par le moyen des conducteurs, où il luy plaira, et ne feray aussi difficulté de luy faire le service de la vendre à son profict ; mais il me sembleroit meilleur pour luy que je l'envoyasse ailleurs. Au reste, si je n'ay l'exemplaire devant qui que ce soit de

par deçà, il se peut bien asseurer (à ce que j'entends) qu'on n'aura point d'esgard à son privilège, et par conséquent, que je n'en voudray pas beaucoup. Comment que ce soit, je feray mon devoir autant qu'il me sera possible.

J'estime que Vostre Illustrissime Signeurie aura maintenant receu Coronariarum herbarum historia Dodonasi et tomus primus Observationum etc. Leopardi. J'envoye maintenant ici Gregorii Nazianzeni carmina aliquot etc.

Le livre de Becanus est achevé, excepté les préfaces et tables. Il est fort gros pour l'envoyer par la poste. Par quoy, me semblera expédient de l'envoyer à deux ou trois fois. Je suivray en cela et toutes autres choses l'ordonnance de Vostre Illustrissime Signeurie, à laquelle je prie Dieu nous vouloir conserver en toute prospérité, à son honneur et gloire, et me faire demeurer en sa bonne grâce.

D'Anvers, ce 4 juillet 1568,

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