Plantin à Etitnnc Piobius
(Il lui envoie trois exemplaires des Fastorum Tabula; ; l'artiste qui doit graver sur bois les médailles des empereurs, Arnaud Nicolaï, l'amuse de trompeuses promesses.)
Doctissimo viro D. Stephano Pigghio Reverendissimi domini Cardincilis Granvellani a secretis
Mitto ad te très Fastorum tabulas, missurus alias très quamprimum conglutinatîe fuerint, quod abhinc 2 dies futurum spero. Tum erit scribere quot pnrtcrea velis a me raitti. Doleo quod non tam cito neque eo quo volebani modo absoluta fuerit impressio. Q.ui figuras numismatum excidendas susceperat mihi, credo, iJludit; vix ctenim 5 aut sex ab illo hactenus extorquere potui. Ego alium qu^ram, nisi brevi (quod hodie iterum pollicitus est) quc-e habet absoluta reddiderit. Ligna ad reliquas figuras mittam cum aliis tabulis. Vale. Antverpia;, 21 novembris 1561.
Nous ne possédons de la correspondance de Plantin, pendant les dix premières années de sa carrière comme typographe, que les lettres peu nombreuses qui précèdent.
A la fin de 1561, il fut accusé d'avoir imprimé un livre hétérodoxe intitulé 'Briefve instruction pour prier. Au mois de mars 1562, une visite domiciliaire eut lieu chez lui et trois de ses ouvriers lurent arrêtés et condamnés. Pour se soustraire aux suites de cette accusation, lui-même avait quitté Anvers dans les derniers jours de décembre 1561 et s'était réfugié à Paris. Afin d'empêcher que SCS biens ne fussent confisqués, il les fit saisir par des amis qui se dioaient ses créanciers. Tout son avoir, y compris le matériel de son imprimerie et le fond de sa librairie, fut vendu publiquement en avril 1562. Cependant l'instruction judiciaire n'ayant constaté à sa charge aucun fait contraire à la religion catholique, il put rentrer dans les Pays-Bas au mois de septembre 1565,
Le mois suivant, il s'associa avec Corneille et Charles de Bomberghe, Jacques Schotti et le docteur Goropius Becanus qui lui fournirent les moyens de réorganiser ses ateliers et de donner une plus grande extension à ses affaires. L'association prit fin dans le second semestre de l'année 1567 ; à partir de celte date, Plantin exploita son officnie pour son propre compte.
Les lettres conservées, datant des années de l'association, sont en petit nombre. Ce n'est qu'à partir de la dissolution de celle-ci que la minute de la correspondance de Plantin nous a été conservée intégralement.