I. Lucas Brayer, libraire à Paris
qui me faict par tous moyens chercher la comodité que, par marchandises^ vous puissiez par dellà avoyr la quesse mieux garnie etc. Je suys csbay que, par maistre Jaques ou vous, je n'aye encor eu quelques mots d'avis despuys que vous avez veus et montrés les botes de soye d'organssin, parce que cella m'importoit et désireroys d'en savoyr au vray ce que par dellà on en sçauroit fayre. Je vous prie d'y employer ledict maistre Jaques ; qu'il sache partout et montre l'une bote après l'autre d'après mon dernier avis et mesmes des autres que je vous ay encor envoyé. J'ay -yci quelques nombre de peaux de boucz avec le poil, là où il y a eu des huylles d'oHve, et suys d'avis de les envoyer par dellà, et voudroys bien en avoyr vostre avis et conseil, sçavoyr sy elles seront (comme je pense) aussy bonnes que les autres par dellà, car il y en a de belles et bien grandes et parce que seront bien fortes. Pourtant je vous prie d'en communiquer en devisant avec nos corroyeurs, sans fayre autre semblant etc., et sçavoyr sy elles seront, estans passées en somac, aussy bonnes que celles-là où il n'y a point eu de l'uylle. On en a passé par dessà à nostre mode qui se sont bien portées et sont forts souples et douces, mais j'ay en volonté de les fayre acoustrer à la mode de par dellà et voudroys avoyr donné un escu pour avoyr dcsjà la responce, et pourtant je vous prie que par le premier ou par la poste m'en doniés avis de ce que en aurés peu entendre, affin que par là je puisse mieux conclure de envoyer tout ou partie par dellà.
Maistre Mathias, chirurgien, m'avoit plusieurs foys prié de vous prier et rescrirc d'avoyr responce et novelles d'Andric Andrelcy, et de deux paqués que je vous ay
envoyez pour luy. Je vous avoys aussy prié donner, en mon nom, seulement un formage d'Auvergne audict Endric et le prier que, en payant, nous ayons lieu pour paquer et débaler nos marchandises, en atendant que vous ayés toute vostre maison à comandement pour nous en louer. Je vouloys acheter encor des formages d'Auvergne pour vous envoyer et pour les amis, mais cregnant que, à cauze de caresme, on ne fût escandalisé etc. nous avons différé fins à ces pasques.
Je vous avoys par cy-devant mandé que j'avoys livré à compère Brayer des pièces d'eslite pour 434 fl. 14 1/2 patars. Il me vient présentement dire que il a livrée ladite marchandise d'eslite à Claude du Boys présent porteur, et y a en espèces ce qui s'ensuit : 5 portugueses, 14 escus de la reyne, 31 marionettes, 8 1/2 daldres, 72 1/4 Philipus daldres d'or ou d'argent, 20 réaux d'or, 2 cavalos ', 2 Philipus d'or, 3 Carolus d'or ou d'argent, 93 1/2 reaies de 3 1/2 par pièce, ou la valeur en plusieurcs sortes desdits reaies, 20 estootres d'Engleterre, qui est tout ce que trouvères dans ledit paquet. Je vous envoyeray tout l'acompliment pour le reste, tant pour Monseigneur De Bombergue, que pour nos ouvriers, et autres choses, et n'eust esté la crainte du mauvais chemin etc., je en eusse mis davantage.
Cependant je vous prie par ma gouvernante Catherine Plantin '" faire sy bien soliciter toutes nos ouvrières que
1. Cavalos. Plantin en annotant dans son «Journal des affaires de Pierre Cassen » la réception de cette somme, donne à cette monnaie le nom de « Ridders », Le Ridder ou Rj'dcr d'or était une pièce à l'effigie d'un cavalier et valait 2 fl. 8 s.
2. Catherine Plantin, troisième fille de Plantin, était spécialement
nous ayons ce que par les mémoyres avons demandé, car à présent nous sommes ausi dessorties des sortes demandées; pourtant, avec nostre première baie de peaux ou par ce porteur et compagnons, vous prions les envoyer. Si nous achetés des coffres à barres pour nous envoyer nos peaux dedans, s'il vous plaist, vous les prendrés moyens de 14 barres, car on n'accepte point tant les grands, et qu'ils soyent de belle couleur, comme vert sur vert et quelques belle couleur rouge ou bleu parmy. Les faisant bien paquer, il seroit bon acheter du pappier pour mètre partout le dessus et devant, avant que de mètre la paille pour ce que la poudre et paille s'atache contre et gaste la pinture. Je vous sohayte encore deux pièces de vin les frères du vostre, l'une pour vous pour succéder au vostre, et l'autre pour le bon père". Duquel et de ses enfans, je désire et vous prie que nous mandiés des novelles et comme tout ce porte par dellà. Les voytures sont sy chères et le danger d'estre le vin beu et gasté par les chemins que je suys d'avis pour le présent que sy par dellà en trouviez comme je pense du bon [à] acheter que en preniés une couple de bonnes pièces, je entens sur mon conte, l'une pour vous, l'autre pour envoyer et fayre tenir, ce que je vous suplie, bien tost à bon père, avant que les chaleurs viennent, espérant par grâce en aler boyrc ma part du vostre et du sien pour nous rafraîchir à ce beau temps, m'assurant que le bon père ne nous donne pas seullement de ce vin-là, mais qu'il nous en donnera ef présentera encor
chargée des affaires de Pierre Gasscn à Anvers. En 1 571, elle épousa le neveu de ce dernier, Jean Gassen.