‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 2)Chapitre 47 sur 204 · Augustin Hunnsus · texte numérisé non relu

Augustin Hunnsus

sages qui n'estoyent intelligibles et desquels Cajetanus mesmes, qui a commenté ladicte Summe, n'est peu venir à bout de les entendre, et de faict il ne pouvoit parce que souventesfois il y défailloit quelque mot, voir lignes et sentences. Et, en plus de cinquante passages, ont ils trouvé que les livres imprimés ont des négatives au lieu d'affirmatives et au contraire en maintes autres telles fautes énormes. De sorte que, ne doubtant pas que ce livre ainsi imprimé ne fust (estant maintenant ainsi restitué) autant bien vendable que livre qui soit de ce temps, j'ay achapté ladicte copie^ ainsi reveue par lesdicts théologiens, le prix de 30 escus et 30 exemplaires, que je dois livrer incontinent que j'aurois achevé d'imprimer ledict livre, qui seroit seulement le texte sans Cajetanus. Ceci ay je faict dès l'année passée, pensant de le commencer incontinent, mais les accidens et troubles de par deçà m'en ayant osté le moyen et voulant bien commencé de faire quelque chose avec vous, je vous en ay voulu advertir et offrir telle portion qu'en voudrés prendre, pourveu que j'en aye un tiers ou un quart et mesmes, si voulés, la moitié. Touchant à l'autre copie, je vous envoyé ici la lettre mesmes que l'espagnol m'en a escrit dès le mois de febvrier dernier '. Or n'a cestuy-ci les corrections du texte cy-dessus mentionnées. Parquoy me sembleroit bon, s'il vous sembloit aussi ainsi, que nous imprissions premièrement ledict texte, ou bien, si bon vous semble, je le vous envoyeray par delà, si l'ordonnés, pour en disposer par deçà, sy me donnés la charge de traitter avec ce moine ici, ou bien en

I. Par «l'espagnol » il faut entendre Antoine de Sienne. La lettre envoyée à Charles Pesnot est l'original de celle qui précède et que noua publions sur une copie prise par Raphelengien.

pourrés aussi parler et en adviser avec ceux qui ont accoustumé de le faire par delà. Car, quant à moy, je scray prest à y faire comme l'ordonnerés.

J'ay aussi Opéra Cypriani reveues et conferrées avec la copie de Rome et Morel et bien 20 exemplaires à la main et toutes autres impressions par un très savant homme en théologie et bonnes lettres qui s'appelle Pamelius ', lequel y a faict aussi de brefves et bonnes annotations, èsquelles il rend principallement raison des diverses leçons et vintiquités. Cettuy-ci ay je déUbéré d'imprimer sur une sorte de papier que j'ay qui est fort grand et le faire in 8**, mais il sera comme petit 4°. J'ay aussi la Bible en françois entre mains in-f" corrigée après celle de N. M. Besnoist et approuvée à Lion ". S'il vous vient à gré de prendre partie d'aucunes desdictes œuvres, m'en advertissant et faisant tenir argent ou bien le délivrant par delà à qui je le pourois ordonner, après avoir eu vostre response et adveu, j'en feray ainsi que l'ordonnerés, vous envoyant par delà vostre part ou là où le vouldrés ordonner ou bien les vendant par compagnie.

1. Jacques Pamelius (Van Pamele), né à Bruges en 1536, fut chanoine de l'église de S« Gudule à Bruxelles et de celle de S^ Jean à Bois-le-duc. Il habita plus tard S' Orner et mourut à Mons, au moment où il allait prendre possession de l'évêché de S' Omer. Il publia divers ouvrages de théologie dont Plantin imprima les suivants : Micrologvs de ecdesiasticis ohservationihvs (1565, 8°) ; De reli' gionibus diuersis non admittendis in vno aliqiio vnius Regniy Monarchia, Prouinciie, Rdpublica, aul Ciuitatis loco (1589,8°); ïhCagni ^urelii Cassidiori Senatoris institutionis divinarum lect^onum liber 1 . Nunc primiim evulgatum per Jacohum Tamelium (i 566, 8°) ; Les Opéra Cypriani, dont il est question ici, furent publiés en 160} par Sébastien Nivelles à Paris.

2. La Bible française in fol. ne fut publiée par Plantin qu'en 1578. Le privilège et la préface sont.de 1572.

Et cela faict ou accordé, j'ay quelques autres entreprinses en main qui, à mon advis, seront de bonne et seure importance, dont je vous advertiray et vous feray en tout meilleur parti et plus lioneste que je ne le vouldrois faire à homme de par delà. Parquoy je vous suplie de me donner response en la plus grande diligence que le pourrés, affin que selon icelle je me puisse asseurer de vous ou m'addresser à autres, d'autant que pour telles affaires, je désire doresnavant avoir compagnon que je cercheray plustost hors de ce pais que dedans pour diverses [raisons] et aussi que je désire respondre et donner résolution au bon frère qui s'adresse à moy pour ladicte sentence et lequel je tiens encore [en] suspens *.

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