‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 3)Chapitre 15 sur 178 · Plantin au Cardinal de Granvelle · texte numérisé non relu

Plantin au Cardinal de Granvelle

Le 26 mars 1569.

Au très Illustre et R""^ Cardinal de Granvelle.

Il me souviendra tousjours, très Illustre et R. S'^, des trois exemplaires pour les librairies de V. 111^ et R""^ S'" et de tout ce qu'il luy plaira jamais me commander, qui soit en mon pouvoir. J'ay envoyé, par cy-devant, dix cahiers du Bréviaire et maintenant j'en envoyé ici 16, assçavoir jusques à la signature marquée d. J'espère, par le premier, d'envoyer encores quelques autres 10 ou 12 feilles, et de continuer tellement que, dedans ung mois, je puisse avoir achevé ceste première impression pour commencer la seconde, tout incontinent, car je ne fay que 1000 exemplaires, qui est la taxe ordinaire, pour chaicunne journée, des compagnons besongnans en telle ouvrage rouge et noir. JMon intention estoit bien d'en faire double nombre d'un train, ce qui eust esté beaucoup mieux mon profEct, mais la besongne

I. Michacl Tarcagnota MaruUus, poète de Constantiiiople, qui, après la prise de cette ville, eu 1453, vint se fixer en Italie et y cultiva la poésie latine. 11 mourut le T4 août 1500. Ses Hymni et Epigrammata iwxQxw. imprimés en 1382, avec les poésies de Janus Sccundus et de Hieronym.'i.s Augerianus. Avant cette date, ils avaient été imprimés plusieurs fois séparément.

eust autant plus long temps resté sous les presses, au mescontentement de plusieurs qui journellement l'attendent.

J'envoye ici des feilles imprimées des fragments et annotations du Sig"' Fulvio Ursino sur le C^esar. J'espère d'avoir achevé le reste dedans 4 ou 5 jours et continueray l'impression dudict César et des autres livres, autant que ma puissance et facultés le pourront porter en ce temps^ qui nous est fort rude, d'autant que les gens studieux perdent tout courage d'achapter plus de livres, et semble maintenant à plusieurs que les lectres et ceux qui les advancent soyent quelque ennemy de Dieu et de nature. Dieu, par sa grâce, veuille incliner le cueur du Roy et de son Magistrat à miséricorde et clémence vers son pauvre peuple, qui veut recongnoistre ses fautes, et ne perdre pas les bons et respentants avec les rebelles et opiniastres.

Je remercie très humblement V. lU'^'^ et R""" Sig^ des bons advertissements et principallement des œuvres de S' Thomas, èsquelles je ne veux doubter que tant de doctes personnages et si bien fournis d'exemplaires ne trouvent beaucoup qu'amender. Cependant je distribueray des miennes ce que je pourray et seray plus aise de l'amendement, avec ma perte, que de mon proffict particulier, au détriment de la république chrestienne.

lyo. — Planlin à Fidvius Ursinus.

(Il s'excuse de n'avoir pas encore imprimé le César. Il continuera l'ouvrage aussitôt que possible. Il lui envoie des feuilles des fragments des lyriques grecs et lui apprend qu'il a terminé les Dionysiaca de '^ onnius, que Sambucus lui a envoyé les Physica de Stobœus, et qu'il consent à imprimer de Amoribus Leucippes et Clitophontis d'Achillcs Tatius avec une préface de Fulvius Ursinus.)

Clarissimo Doctissimoque Viro D"° Fulvio Ursino.

Etsi multas neque levés causas adferre possem, vir clarissime, quibus me erga te purgarem de non impresso Cœsare cum tuis fragmentis et annotationibus doctissimis, culpam fateri tamen et deprecari atque diligentia quod peccatum est resarciri compendiosius esse duco.

Accipe nunc itaque folia fragmentorum priera, reliqua seque'iti habiturus hebdomada. Epistolam vero ubi miseris iuco edam, et Caesarem ipsum, quantum per domesticas licebit lioc tempore maligno angustias, prosequar. Dionysiaca Nonnii Gra^ca, alienis sumptibus adjutus, (mirum etenim quantum his temporibus nostrae fngeant tabernaï) impressi '.

Stobœi Physica misit ad me Sambucus atque plura pollicetur antiqua se missurum et nos, ut solet, re ad ea imprimendaadjuturum iddemque ut, qui possint, faciant

hortaturum.

Achillem Statium de Amoribus Leucipes et Clitophontis ', si descriptus est, velim cum tua pr^iatione,

1. Nonni Panopolits Dionysiaca. Nunc primum in lucem édita ex bibliotheca Joannis Sambuci Pannonii.Cum lectionibus et conjecturis Gerarti Falkenburgii Noviomagi. Plantin, 1569, in-S"-.

2. Achilles Tatius, de Clitophontis et Uucippcs amoribus. HeidelbergïE, ex officina Commeliana, 1601, in-80. Première édition de ce roman Grec.

nostris sumptibus, ferendum cures. Quod si feceris, dabo primo quoque die openmi ne tuas honestissimoD voluntati defuisse videar. Aveo scire num in Bibliotheca Farnesiana sint Nonnii Dionysiaca. D. Falkenbergus * te plurimum salutat. Vale

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