‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 3)Chapitre 48 sur 178 · Plantin à de Goneville · texte numérisé non relu

Plantin à de Goneville

Le 29 janvier 1570.

A Monsieur de Goneville, Auditeur.

A mon retour de Liège, où j'avois esté mandé pour certaines affaires nécessaires, j'ay trouvé celles de V. S. du 17 du passé, pour responses ausquelles, j'espère qu'elle aura maintenant entendu, par mes précédentes, que j'ay receu le Bréviaire et Directorium de Venise, et maintenant j'ay receu l'autre de Rome, dont je remercie Vostre S'^, et de l'advertissement qu'il luy a pieu me donner de l'Antienne, obliée en nostre première impression, laquelle nous avons adjouxtée en la seconde, et en 'la partie d'hiver aussi, de laquelle j'ay, par cydevant, envoyé quelques feilles, et maintenant j'en envoyé encores d'autres à son 111""" S'% et désirerois en envoyer aussi et de ce que je sçaurois estre aggréable à V. S., s'il luy plaisoit m'advertir du moyen, d'autant que, sans son ordonnance, je n'ose rien adjouxter aux pacquets de sadicte lU™" S'^.

J'espère que V. S. aura maintenant receu les copies

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du contract faict avec le S' Paulus Manutius, et, selon icelles, aura peu traicicr pour le Missel, en ma faveur, sans qu'il soit besoing que j'cnvoye nouvelle procuration, d'autant que j'estime que celle envoyée par delà, pour ledict Bréviaire, du temps que Mons' le Chantre de Malines y estoit, suffira, joinct que je seray tousjours prest de ratifier ici, et envoyer acte de ladicte ratification par delà, de tout ce qu'il vous aura pieu faire pour moy.

Quant au Signeur Paulus Manutius, je suis esmerveillé qu'oncques ne m'a adressé aucun à qui je baillasse ce que je luy doibs, encores que je l'aye adverti du nombre par moy imprimé, et prié que m'escrivist, à qui il vouloit que je consignasse sa part, jusques mesmes à luy offiir de la payer à prix honneste en argent, s'il luy plaisoit.

Au reste, je supplie qu'il plaise à Vostre Signeurie me vouloir employer en tout ce qu'elle voira que mon service luy pourra estre aggréable^ et je prieray Dieu pour sa prospérité et bonne santé.

D'Anvers, ce 29 janvier 1570.

— io8 — 205. — Tlaniin à ^rias Montanus.

(Les frais du parchemin pour les exemplaires de la Bible royale sur vélin dépasseront 3800 florins. Il n'a reçu de Jérôme Curiel que 1400 florins. Il s'excuse d'importuner Arias de ces comptes, mais celui-ci lui a ordonné de les lui communiquer).

3 februarii 1570.

111' D. B. Ariœ Montano, Bruxellas.

De Anglis et 3° prïelo addito antehac bis scripsisse. Sumpms pergameni computasse, qui pervenient ultra 3800 fl. Biblia namque habitura 1600 folia, pro quibus totidem dozenis pergameni opus est. Accepi vero a D"° Curiele ad bas rationes 1400 fl., quaj summa non est média pars eorum, qu2e pergamems jam receptis solvi. Vellem me posse ferre sumptus. Ego ne verbum quidem facerem. Imo etiam nunc tœdet et pudet 111. D. V. hac etiam in parte molestum esse, quod ne nunc quidem essem, nisi mihi jussisset rationes has auferre et illi significare, quod nunc non facio ut urgeam vel importunus sim absenti, scd morem voluntati geram et mandate paream, D"' D. obsecro ut 111. D. V. nobis diu servet incolumem.

Antverpiag raptim, 3 februarii.

2o6. — T?lantin à Jérémie D\iCartin5.

(Il n'a pas encore pu obtenir le privilège pour l'impression latine de la traduction des « Deux livres des Venins de Jacques Grevin », mais on vient de le lui promettre, pour le Carême prochain. Il regrette le retard ; mais, une fois l'autorisation reçue, il imprimera l'ouvrage et espère pouvoir le terminer pour la foire d'automne).

4 fcbruarii 1570.

Doctori Medico D. Hieremiîe Martio Augustam.

Pudet me profecto quod hactenus non licuerit ob varias et necessarias causas, librum tuum edere, magis vero quod ne nunc quidem adhuc liceat, quod tamen me brevi facturum spero. iîistate fere tota in Galliis, ad quc-edam Regia negotia curanda, hœsi. Domum reversus, jussus sum Breviaria Romana, neque quicquam aliud sine consensu magnatum excudere. Tui vero libri, ' quod opus Reipublicit non adeo utile dicerent, privilegium impetrare non potui ; fuerunt tamen, cum in tuam gratiam efflagitarem, qui perpetuo poliiciti sunt se curaturos tandem ut mihi daretur; idque se ista Quadragesima facturos, nunc acceptis ab eis litteris, confirmant : ita ut sperem et jam confidam me ante nundinas autumnales, una cum quibusdam aliis opusculis rei herbaria;, quas eamdem, ab eo et amplius tempore, quo primum exemplar tuum recepi, passi sunt moram et difficultatem. Hicc autem non ausus sum ad te prius scribere quam aliquid certius de privilégie impetrando scribere possem ; nunquam etenim aliquid certi ab illis, quorum interest

1. Jacobl Grevlnl de Venenis llbil duo. Gallice scripti et opéra Micremiae Martii in latinum sermonem conversi. Antv. Plun.in, 1571, in-40.

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nobis concedere, extorquere potuimus. Vale, vir clarissime.

Antverpix, 4 februarii 1570.

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