‹ Correspondance de Christophe Plantin (volume 3)Chapitre 88 sur 178 · Tlantin et Çayas · texte numérisé non relu

Tlantin et Çayas

A l'illustre Signeur, le Sig"" Gabriel de Çayas, Secrétaire d'Estat du Roy.

Illustre Signeur,

D'autant plus que je voy mes entreprinses et labeurs favorisés et soustenus, premièrement par Vostre Illustre Signeurie et conséquemment par cestuy autre soymesmes Monsieur le docteur B. Arias Montanus, ma personne par tous deux, sans que mesme je le désire, poussée aux faveurs et honneurs d'estre nommé serviteur de la Majesté de nostre Roy catholique, d'autant plus je deviens honteux et comme esmerveillé, me sentant du tout indigne de tels bénéfices.

Et pourtant serois je bien ingrat, si je ne recongnoissois toute ma vie et ne commandois aux miens de recongnoistre que tous les biens et honneurs qui me viennent ou viendront jamais de la part de Sa Majesté et de tous les siens proviennent de la faveur çt advan-

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cernent de V. 11^ Sig*, par laquelle je sais venu en la recommandation et congnoissance de cest autre soymesmes qui, par l'auctorité de ses grâces, contrainct un chaicun de me favoriser.

Je suis joyeux d'entendre que les livres envoyés par le S"" Capitaine Haro soyent parvenus bien traictés entre les mains de V. S. Et encores plus qu'en cela mon service luy ait esté aggréable, car à ceste fin ay je envoyé lesdicts livres et non pour en recevoir autre payement de V. 111^ S'^, au commandement de laquelle toutesfois n'osant contrevenir, je luy envoyé le compte de tout ce que je luy ay envoyé ceste année avec le prix constant.

Ma femme remercie très humblement V. 111^ S'^ de la faveur qu'il luy plaist nous faire et mesmes de l'avoir en si bonne souvenance que de luy envoyer ses recommandations, dont se resj ouïssant grandement, et ne pouvant récompenser telle faveur, elle prie et fera prier les siens Dieu, toute leur vie pour, la santé et prospérité d'icelle V. 111^ S'^, ce que, à son exemple, font et feront aussi toutes mes filles et gendres, les noms et exercices desquels j 'envoyé icy par escrit à V. 111^ S., ainsi qu'il luy a pieu me l'ordonner. A laquelle, par le premier, j'envoyeray 6o exemplaires du livre de défunct Docteur Mena. Car j'ay remandé tous les exemplaires qui restoyent en nostre boutique à Paris, lesquels j'adjouxteray à trente que j'avois par avant, qui, pour attendre les autres, ont été réservés icy jusques à maintenant que je les feray mectre en dedans les cofres que, par l'ordonnance dudict S"" B. Arias Montanus, j'avois faict faire pour V. 111^ S'= ou bien ainsi que mieux viendra à propos.

(Le 4 novembre 1570.)

A cette lettre était joint le mémoire que nous faisons suivre ici et dans lequel Plantin énumère » les noms et exercices de ses filles et gendres ». Dans les minutes des lettres, cette pièce porte en tête le mot « Copie » et la date du 4 novembre. A la fin elle est datée du 6 décembre 1570. Entre la lettre précédente et celle-ci, les minutes donnent celle que, le 21 novembre, Plantin adressa au Cardinal Stanislas Hosius. Nous croyons que la lettre mentionnant l'envoi du mémoire fut écrite le 4 novembre et que le mémoire fut expédié le même jour, mais qu'il ne fut copié dans les minutes que le 6 décembre.

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