C. Plantin
6o. — Tierre Daniel à Plantin.
Monsieur Plantin, Je vous remercie bien fort touchant Tadvertissement du Virgile de Fulvius Ursinus qui est fort docte, et n'y a rien qui vous puisse nuire par deçà, dont je vous vouldrois sur tout advertir. Seulement j'avois esté adverti par quelque personnage de l'impression dudict Virgile, et pensois que ce fust chose apostée, mais à ce que je voy, elle est très véritable, dont je suis fort joyeulx, et vous asseure que pour imprimer telz bons livres, vous florissez par-dessuz tous imprimeurs, et florirez encores daventage, si continuez, comme j'espère, avec l'aide de Dieu. Libri autem D. Dana^i ' nihil tuo nomini detrahent, et loue Dieu de ce que la Visitation en est entreprinse, vous priant les faire incontinent mètre soubz la presse, mais vous m'advertirez, s'il vous plaist, ce qui aura esté osté et trouvé nuisible au temps, comme vous escrivez et plus tost me le ferez coppier à part.
Au demourant, je vous prie m'escrire, si avez vendu vos exemplaires de Petronius *, d'aultant que j'en ay trois fois aultant que Monsieur Sambucus, qui ne fust jamais imprimé et, si avez envie de l'avoir, je le vous envoieray par les premiers, à la charge de quelques exemplaires de vostre imprimerie, pour la peine que j'ay prinse, tant en la correction et collation, que en annotations que j'ay faictes sur ledict autheur, qui jam auctior et emendatior exiturus est. Orthographorum editioncm et Quintiliani longam et laboriosam emenda-