‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 121 sur 398 · Jérôme Curiel, agent du roi d'Espagne · texte numérisé non relu

Jérôme Curiel, agent du roi d'Espagne

Faisons observer que la plupart des lettres de Plantin que nous avons imprimé jusqu'ici sont publiées d'après une copie que sa fille Martine en a fait. Or, comme elle n'entendait point le latin qu'elle transcrivait et ne connaissait point les personnes dont elle gopiait les noms, nous avons été souvent réduit à établir le sens et l'orthographe du texte par conjecture. Après cette lettre, il n'y en a plus que cinq que nous publions dans ces conditions. Les autres minutes sont de la main de Plantin lui-même.

ne m'a compté que éo ib de gros. Et sur cette espérance, j'avois prins courage et continué le train qui se porte fort bien, grâces à Dieu, ne fust ces vieilles playes susdictes, qui de rechef viennent à me remectre en soing. Et eusse mieux aimé qu'on ne m'eust donné aucun espoir, que puis après me Toster ; car, sur le faict et présence des affaires, je me fusse réglé et non sur Tespoir et attente.

Ces choses n'ay je pas encores déclarées si apertement audict de Zurich, qui pour le présent est hors la ville pour quelques jours, mais à son retour je luy en parleray tout ouvertement. Si est ce que pour l'affection que j'ay toujours vers vous (ainsi que je doibs) je n'ay peu, ayant l'occasion de vous escrire, celer ceci. Et aussi que, ayant le premier de janvier dernier passé délivré 200 biblia Hebraica 4®,* en blanc, à Jehan Rademaker pour les envoyer à commune risque en Bafbarie, nous avons eu le retour passable, grâces à Dieu. Depuis naguères lesdictes ayant esté vendues à 5 onces pièces, sur quoy a couru plusieurs avaris, lesquels déduicts et la marchandise de retour vendue, je doibs recevoir dedans 4 mois 300 fl. pour la moictié desdictes 200 Bibles, de l'autre moictié ay je receu l'argent, à 35 patarsla pièce, au nom dudict Rademaker suivant l'accort faict. Et de ceci n'avois-je rien dict à personne, jusques à ce que le retour a esté en seureté, grâces à Dieu, et lors Tay je dict à Jaspar van Zurich qui en avoit pris quelque nombre comme sçavés. Sur ce m'a iceluy or3onné que

I. ^îhîia hebraica (1566) i vol. in-40, 2 in-80 ou 4 in-ié®. Plantin tira cet ouvrage à un très grand nombre d'exemplaires et en écoula plusieurs centaines en Barbarie. Le caractère employé dans cette impression avait appartenu aux Bomberghe de Cologne.

je n'en vende plus à personne ni délivre aucune quantité, jusques à ce qu'il ait response de Barbarie, là où il a rescrit à son homme qu'il vende hardiment celles qu'il a envoyées, à condition que nuUuy n'en portera que de par luy, et ce a il faict afEn d'essayer à vendre tout le reste à telle condition. Ce qui seroit fort bon ; mais aussy, s'il faut à ce faire, je faudray aussy à vendre, car de présent Gilles HofFman, alléché par la vente qu'il a veu des 200 susdictes, que nous avons advanturées, m'a demandé très instamment que je luy en vendisse quelque quatre ou cinq cents, et qu'il me les payeroit comptant, à quoy je n'ay peu respondre autre chose, sinon que pour lors qu'il m'en parloit, je n'avois le loisir de deviser avec luy, parce que j'avois affaire et que ce seroit pour une autre fois ; ce que je fis, espérant avoir cependant le moyen d'en parler audict van Zurich, car autrement l'argent comptant m'eust grandement soulagé et aidé en nos affaires. Je vous envoyé ici les lignes de Masus ' pour autant qu'ils vous touchent, ainsi que pouvés voir [2 août 1567].

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