I. Batz, monnaie d'Allemagne
de toute la marchandise qui sera en mon pouvoir et ce à aussi bon marché que la pourrés trouver ; mais je ne veux vous assubjectir en rien que au payement de ce que vous me manderés et quand à ce qui est faict entre nous jusques à ceste heure, je n'entends pas aulcunement qu'y perdiés vostre peine. Rt pourtant trouveray je bien que, suivant vostre lettre, vous m'envoyiés, au plus tost que faire le pourrés, la vente par vous faicte, tant au comptant qu'au crédit, afEn que par cela je puisse conjecturer ce qui sera bon de faire, afEn que vous ny moy ne commencions une chose et la poursuivions plus avant que ne debvons sans contentement de l'un et de l'autre.
Et en cas que je cognoisse que ce ne fust mon proffict, si est ce que pour ceste fois je feray tellement avec vous que, comme au dire de tout homme de bien, cognoissant de nostre estât, vous n'auriés occasion de vous plaindre de moy, car je perdray plus tost du mien que de vouloir vostre peine pour néant. Le tout avec la rayson et équité, tant s'en fault que je veuille aviser à faire quelque grand gaing.
Et quand est de mettre les livres à ung prix auquel les puissiés vendre ou rendre, ce ne seroit aulcunement mon cas que de vous envoyer livres qu'il faille que je paye de six en six mois argent comptant et les envoyer à telle condition que disiés. Car de tels je n'en prens que pour l'assortissement de ma bouticle ou aultant que j'en pense pouvoir payer au temps et terme deu et accordé. Mais bien de ceulx que je imprime ou ay telle commodité, vous pourrois je faire tel parti, mais de nuls aultres.
Voilà en bref ma résolution. A laquelle je vous prie de me rendre la vostre par le premier, afin que selon
8i. — Tlantin à Etienne 'Pighius, (Diverses nouvelles de rimprimerie.)
22 augusti 1567. Domino Pighio.
Indicem Flori mitt[ere]. Accep[isse] Martialem nostrum * et scripturum Janio * de Rhinocerote. Jam petere Eunapium % ob id autem me . epistolam Junio mittere. Mittere figuras Themidis * et non posse polli-
1. En 1568» Plantin publia deux éditions de Martial ; l'une, in- 160, revue par Hadrianus Junius ; l'autre, in-S^^ publiée par Emundus Augerius.
2. Adrien Junius (de Jonghe), naquit à Hoorn, en 15 12. Il étudia à Haarlem, à Louvain, à Paris et à Bologne. Dans cette dernière ville, il prit ses degrés en médecine. Il fut d'abord, pendant quelques années, médecin du duc de Norfolk, s'établit ensuite à Haarlcra et fut appelé à Copenhague comme premier médecin du roi. En 1 564, il revint à Haarlem où il passa plusieurs années. A la fin de sa vie, il résida pendant un petit nombre d'années â Middclbourg et mourut à Arnemuyden le 16 juin i>7S- Junius produisit un nombre considérable de volumes traitant de philologie, d'antiquités, d'histoire, de morale et de botanique. Un de ses ouvrages les plus connus est 'Batavia, dans lequel il attribue à Laurent Coster, de Haarlem, l'honneur de l'invention de l'imprimerie. Plantin publia de lui : en i^6/^y Epithetorum Joannis %avisii Textoris epUome ; on 1^6$ y Etnhkmata; en i$66, Observât i^nes in Plaututn ; en 1567, l^menclator omnium rerum propria nomina variis îinguis explicata indicans ; en 1 $68, Martiaîis et Eunapius Sardianus, de Vita philosophorum et sophistarum ; en 1572, Hesychius Milesius, De his qui eruditione fama clarture. Les Emblemata, le 'Hjomendator et le Marlialis eurent chacun plusieurs éditions. Le premier de ces ouvrages fut traduit en français et en flamand.
3. Eunapius Sardianus, de Vita philosophorum et sophistarum, Plantin, 1568.
4. Steph. Pighius, Themis dea. Plantin, 1368. Ce volume renferme deux planches dessinées par Pierre Van der Borcht et gravées sur bois par Antoine Van Leest.
ceri refusionem prec[ii] et lucri. Intra annum, aut certum aliquod tempus^ aleam nos expectare debere etc. Serip[andii] ' ex[emplaria] mittere plura si indicet. Litt[eras] ad Masium ' misisse et missurum. Si quid cupiai suis imp[ensis] excudi et edi me lib[enter] curaturum et distractione precii redditurum. Si velit experiatur, et incipiat a Themide pro cujus lignis duobus et pictura solvi 3 fl. 12 st., et, si velit aut melius non possit, curabo excudi etc.