‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 127 sur 398 · Plantin à Jean Desicrans · texte numérisé non relu

Plantin à Jean Desicrans

Sig' Jan Desserans, Je suis joyeux que faictos service de bon cueur à monsieur Grcvin.' Quand à S... ne, s'il a chose qui vaille la peine, et il veille envoyer, je donneray incontinent la response, mais sans voir et examiner que c'est, je ne veux aulcun ; car, à la vérité, je le trouve tout aultre en cffect qu'en parolles, et perdray assez au marché que j'ay faict avec luy de son livre, d'aultant qu'il entend assez peu en telles affaires et qu'il ne tient promesse etc.

I. Jacques Grevin,poète et médecin, naquit à Clcrmont vers 1540, accompagna Marguerite de France, duchesse de Savoie à Turin où il mourut le 5 novembre 1570. Plantin publia de lui : en 1568, 'Deux livres des Venins, ensemble les œuvres de Nicandre et, en i $ 7 1 , la traduction latine des Deux livres des Venins faite par Jérôme Martius. Grevin fournit à Plantin la traduction des Emblèmes de Sambucus (i 565 ) des Emblèmes de Junius (i $67) et de La première et la seconde partie des Dialogues français (1567). Le musée Plantin- Moretus possède un exemplaire du Tlxâtre de Jacques Grevin (Paris, Vincent Sertenas,i562), corrigé de la main de rauteur,en vue d'une nouvelle édition. Plantin ne fit point paraître ce livre.

Quand au florin d'Allemagne, je vous en ay rescrit ce qui en est à la vérité, et adverti que la coustume a tousjours esté de le compter à 30 sols de France ; mais il ne se trouve monnaye aulcune en laquelle je le peusse payera 31 1/2. Car Tescu de 52 sols p. en France ne s'expose aulcun à plus de 24 basses, * qui sont audit compte 48 sols p., le pistolet à 23 sols qui font 46 sols et il vault 53 sols de France, et ainsi de toutes aultres espèces, t quoy se peust voir qu'il n'est pas possible de revenir au compte.

Quand aux livres de Basle, de Zurich, Wittemberg etc., soyent grands ou petits, il ne s'en baille ung seul fueilet en change, car ceulx qui impriment en ces villeslà vendent pas aultres livres que les leurs ny ailleurs qu'aux foires de Francfort. Ouentell de Cologne faict aussi le semblable ; ceulx de Nuremberg aussi et ceulxlà sont les principaux. Et changeant n'est on subject de payer en livres, mais celluy qui doibt paye en argent.

Et pourtant que, en toutes vos lettres, vous m'avés tousjours escript que nous mettions la marchandise trop cher et que les aultres en faysoient milleur marché etc., j'ay considéré que ce seroit folie à moy de me vouloir assubjectir aux dicts des aultres, qui, peust-estrc (comme souvent l'ay aperceu), baillent des bourdes et disent achapter ou vendre une marchandise aultrement qu'ils ne font. Et pour ce n'ay je sceu, à mon advis, mieux faire que de ne vous assubjectir en rien, mais vous laisser libre d'achapter marchandise de qui vous fera milleur parti. Car, quant à moy, je veux bien vous faire seul l'advancement qu'il me sera possible et de bailler

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