‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 218 sur 398 · Tlantin au Cardinal de Granvelle · texte numérisé non relu

Tlantin au Cardinal de Granvelle

Le 22 octobre 1368.

Au très illustre et R™* Cardinal de Granvelle. Très illustre et R"* Seigneur

Ayant quasi achevé d'imprimer la somme de S. Thomas, jusques à une partie des Indices nouveaux, dont j'envoye ici le reste, je commence l'impression de Summa Silvestrina *, et d'autant que j'alois à Francfort et que j'avois receu un exemplaire du Bréviaire nouveau, j'en fis faire une espreuve, pour adviser comment l'ouvrage se pourroit porter, et sur ce j'ordonnay à mes gens qu'incontinent après avoir receu le privilège et exemplaire de V. R™* S^*' et ceux de Brusselles, qu'ils intermissent l'impression de la susdicte Summa Sylvestrina et besongnassant à trois presses audict Bréviaire, suivant l'ordonnance que je leur laissay.

Or, nos marchandises ayant esté arrestées en montant vers Francfort, et nous ayant esté contraincts de fuir, mesmes au retour, les aguets des ennemis du repos public, et aussi qu'en retournant, je suis, par l'ordonnance de Monsg"" Arias Montanus, aie trouver Monsg' Andréas Masius, à l'intention d'impétrer de luy quelques livres en chaldéen et syriaque, pour nous en servir à l'ornement de la Bible que nous poursuivons, sous la faveur et aide de Sa Majesté, il est advenu que je sois retourné quelques 18 jours plus tard que de coustume. Estant donques, grâces à Dieu, arrivé en santé, j'ay

I. Sylvestrina Sumnia^ qua summa summarum merito nuncupatur, Ab Reverendo pâtre Sylvestre Prierate édita. Plantin, 1569, 2 vol.

trouvé trois missives de V. I"* et R°* S**, par la première desquelles, dattée du 7 aoust, j'entends la résolution de Monsg** le Général et du Magister sacri Palatii, touchant de faire corriger et imprimer les œuvres de S* Thomas à Rome, ce qui, tout considéré, me semble milleur, pour la présence des aucteurs de la correction, que de l'envoyer en lieu, là où on ne pourroit avoir leur conseil es doubtes qui pourroyent survenir durant l'impression. Et pourtant suis je triste que Monsigneur le docteur Hunaeus ait faict telle mention de moy en l'espitre dédicatoire que je trouve avoir esté imprimée devant la première partie de mon édition, et suis d'avis, si V. ni"*® et R™« Signeurie le trouve bon, de prier ledict Hunaeus de vouloir changer tels propos. *

I. Dans la dédicace de la Somme deSt Thomas (Plantin, 1569) Augustin Hunnaeus dit de Plautin : CJuaerentibus autem nobis talem typographum, qui et typorum elegantia, et emandate imprimendi fidelitate tam eximium opus pro sua dignitate typis mandare posset, Christophorus Plantinus ultro ad eam rem suam obtulit operam^ oblatamque fideliter feliciterque prasstitit ; splendidius tamen et magnificentîus prsestiturus, si ei per rei familiaris augustiam licuisset : flagrat enim hic eximius typographus (ut istud obiter dicam, cupimus enim istius summi in imprimendo artifîcis industriam et promptam juvandae Ecclesiae voluntatem V. S«» notam esse) studio doctrinal catholicae illustrandas, exornandae, propagandae, et omnium oculis et animis commendandae. C2^od quidem suum studium, permultis jam et minime obscuris argumentis declaravit, dum Biblia sacra, Breviaria^ Diurnalia, Horas sccundum usum Romanum, Summam peccatorum, quae Armilla nominatur, et alia permulta, ita polite, ita nitide et castigate in lucem emisit, ut magnum spécimen praebuerit, clarumque documentum dederit, quantum sua arte catholicam Ecclesiam, si facultates suppeterent, juvare posset, et muito ma jus atque illustrius, divina bonitate sanctos ejus conatus prospérante, propediem est daturus. Ei namque Philippus, Hispaniarum rex et no^trarum Belgicarum regionum moderator sapientissimus, non contentus externos catholicse Ecclesias hostes a suis regionibus armis

Quant au Bréviaire nouveau, je congnois asseurément et recongnostray toute ma vie et enchargeray aux miens de recongnoistre les bénéfices que V. 111"* et R"*'' et les peines, travaux et diligences que Mons"* son maistre d'hostel m'y ont procuré et faict et poursuivent de faire, car j'entends par le Signeur Malpas, frère du dict S'', qu'il y besongne de rechef pour racoustrer les fautes et obmissions et esclaircir toutes difiicultés, et* de faict, mes gens ayants receu l'exemplaire en double du contract et commencé de besongner à trois presses, ils n'avoyent faict qu'à chaicune presse une feille, dont j 'envoyé ici les monstres, quand ledict S"^ Malpas, les vint advertir de ne procéder plus avant jusques à ce que Mons*" son frère nous eust envoyé encores une autre copie qu'il préparoit. Parquoy ils s'arrestèrent cependant et recommenceront à poursuivre la Summa Sylvestrina entrelaissée, laquelle nous espérons avoir achevé dedans quelque 2 mois, si ce n'est que, de bref, nous recevions l'autre copie dudict Bréviaire corrigée et asseurance d'y pouvoir besongner, à quoy j'ay délibéré de m'employer en toute diligence et fidéUté, suivant en tout l'advis de V. 111® et R*^ S'* et de mondict S*" son maistre d'hostel.

arcere, et internos dignis suppliciis coërcere, ad divinae salutarisquc doctrinae cognitionem latius feliciusque propagandam,Bibliorum Complutensium impressionem, sumptuum onere pro singulari et eximia sua liberalitate sublevato, commisit: ex qua brevi in lucem proditura, quid in universisThomaeoperibus imprimendis,(quorum coUectionem, recognitionem ei editionem, S»*" V. meditari ex illustrissimi atque reverendissimi domini Cardinalis Granvellani, patriîe meae Machliniae archiepiscopi dignissimi, cujus virtutes omnibus provinciis ac regnis uotie sunt, literis intelleximus) si hxc illi provincia raandaretur, et V.St>s liberalitate ad sumptuum onus sustinendum juvaretur, praestiturus esset, facile fuerit S^» Vr*e conjecturam facere.

Nonobstant toutes lesquelles entreprinses, je ne faudray. Dieu aidant, à commencer et poursuivre, sous une autre presse, le livre de Mons'*Mercuriar,que j'ay trouvé m'avoir esté envoyé de Paris et lequel j'ai incontinent délivré à Monsg"" nostre curé pour le visiter et approuver, pour l'envoyer à Bruxelles avec les livrets de Rege et Regno et de Historia *, que j'ai receus de Monsg'^ Pighius et le receveur d'Aire ', pour en obtenir les privilèges et puis les imprimer le plus bref que je pourray.

J'ay receu les exemplaires de la Bible grecque, les notes de laquelle nous avons délibéré d'adjouxter, avec tout ce dont les gens de bien et doctes nous adviseront, en ung tome séparé, qui se vendra avec les autres de la Bible et dictionnaires y servants, sans en rien changer aux textes hébraïques, cKaldaïques, grecs ni latins de l'exemplaire du corps de la Bible de Complute. Mais, quant aux grammaires, dictionnaires et autres telles choses commodes pour les apprentifs ou pour la diversité des leçons etc., nous suivrons les aucteurs cathoHques et approuvés comme Panignus * et autres tels, sous le jugement et approbation des Messg" de la faculté de Théologie de Louvain, auxquels Sa Majesté a rescrit de nous assister. Et pourtant leur communiquerons nous ce qui s'adjouxtera, ainsi que de long temps j'avois desjà faict du Thésaurus linguae sanctas Panigni, que nous

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