Vlantin à Fulvius Ur sinus
18 junii 1^6^.
Fulvio Ursino.
Monsigneur.
Je croy que, par le reste des feilles des fragments et autres du commencement des Commentaires de Caesar, aurés maintenant veu que je suis délibéré d'imprimer vostre dédicatoire, ainsi qu'il la vous plaira ordonner, et envoyer, soit avec les fragments et annotations seulement ou avec ledict Caesar, que j'espère de continuer peu à peu, ainsi que de ce temps ici j'en puis prendre l'occasion.
Quant à demander aide de V. S. pour les fraiz de l'impression, je m'estimerois indigne de mon estât, si je ne recongnoissois que je suis grandement tenu à icelle de me favoriser de ses labeurs, tant s'en faut qu'avec iceux je désirasse avoir argent d'icelle pour les imprimer, non plus que de l'Illustrissime et Révérendissime Cardinal de Granvelle, aux faveurs et bénéfices duquel je me sens tellement obligé que je ne doibs jamais me lasser de cercher les moyens, parlesquels je puisse éviter le soupson d'estre un ingrat en son endroict.
Mais bien, si, en ce temps ici, auquel, à la vérité, nous ne vendons assés pour fournir aux despens des œuvres entreprinses, il se trouvoit quelqu'un qui voulust nous prester quelques deniers à prix tolérable, ou bien les advancer sur quelques exemplaires des grandes Bibles hébraïcques, chaldaïcques, grecques et latines que j'ay sous les presses, je serois très content de les
recevoir, au profict de celuy qui en cela nous voudroit accommoder.
Je suis en besongne pour envoyer encores deux basles de livres au Signeur Georgîo Ferrari, èsquelles je mectray Nonni Dionysiaca Graece que j'ay imprimées, et de ce que j'auray de nouveau, que je penserai ne vous devoir desplaire, et au très Illustre et R"»* Cardinal de Granvelle.
Le Xénophon de Henry Estienne vendons nous ici 6 fl., qui sont trois escus, et ainsi Tay je escrit au S' Georgio Ferrari, du compte de qui je Tay osté, et prie à V. S. l'avoir pour aggréable en mon nom, sans payer audict Ferrari autre chose que la conduitte.