Pierre Gassen à Plantin
Compère et amy. Il y a long temps qu'avec désir j'attens responce de mes lettres à vous escriptes dès le 22* et 26* de février par Jehan de La Haye et despuys encor du 4* de mars par Gabriel. Et, pour ce que j'ay pour quelques amis et voysins envoyé par dellà, dans vostre tonneau, 2 paques de marchandise d'élite, ils me pressent fort et prient d'avoyr de moy seulement un mot d'avis, sy tout est arrivé en bon port etc., et pour ce que ces jours sont arrivés plusieurs messagers sans aucune lettre pour moy, cella les met en peyne. J'atendoys aussy vostre responce de toutes les valeurs et cours des eixpèces que vous avoys rescriptes par dellà, car j'ay ici toutes prestes des marchandises d'élite de plusieurs ouvriers, mais pour la présente qu'il y pourroit avoir, ne sachant au vray le cours, j'en diffère fins à vostre responce que j'atens d'eure à autre, et, l'ayant eue, j'ay tout prest à vous les payer avec des peaux que j'ay exprès retenu, pour vous envoyer par le premier voyturier, une balle, laquelle n'ay voulu envoyer avec deux grandes balles de peaux avec le poil que je vous ay envoyé et chargé dès le 21 du présent là où il y a
42 doeseynes de peaux délivrées à Jaques Uguebert, voyturier de Lisle en Flandres, lequel pourra arriver à Anvers environ le commencement d'avril , et sont merquées à ma merque N** 2 et 3, pesant unze cent 72 ft comme verres par la letre. Estant arrivées, il vous . plaira les retirer et mètre soit chez Enric ou alleurs, seurement en bonne place pour les déballer en bien payant la place et poynes etc. Car notés qu'il y a de peaux qui ce pourroient gaster estant si longtems enbalées, estant moellées ou humides sans estre remuées s'empireroyent, pourquoy ne faut y espargner les frés pour les fayre bien acoustrer par gens à ce conoyssans. Saches que ce qui m'enuye le plus que n'ayés ce que j'ay prest pour vous envoyer, c'est pour ce qui est escheu à Monsigneur De Bonbergue *, auquel je vous supplie me recommander humblement, le priant d'escuzer pour un peu, à cauze des difîcultés susdites, mais par quelques moyen que ce soit incontinent vous en aurés. Maistre Mathias m'a encor bien prié d'avoyr responce de 2 lettres ou paques que vous ay pour luy adressés par Endrick Andreley et mesmes de sçavoyr comme tout ce porte pardellà, car on a faict ici quelques bruict que l'on persécutoit par dellà aucuns etc. Le bonhomme Monsieur Damboylle m'avoit prié et Monsieur de Varende, et moy vous pour eux, me faire ce bien d'avoyr de la graine de choux-fleur des melleures que l'on pourrait avoyr ny recouvrer par dellà, sans y espargner l'argent, ce que je prie encor et suplye fayre sy faict ne l'avez.
Le sieur Léonart Jovin m'a ici envoyé une lettre pour
I . Corneille Bomberghe, associé de Plantin et négociant â Anvers.
vous fayre tenir que je vous envoyé ici incluse et il désire en avoyr response parcequ'il dit n'avoyr encor de lettre de vous, partant vous prie luy respondre.
J'atendoys responce des soyes de couleur organsins, que vous avoys envoyées, à la vérité ce qu'il en pourroit esire, les ayans montrées pour dellà en avoir avis, corne aussy de musqué et ambre gris et noyr de sieur Manuel Poret de Paris, qu'à présent il le veut vendre comme vous avoys rescrit par cy-devant. Maistre Jaques ' m'a rescript et envoyé quelques mesures, mais le pauvre homme n'escrit pas bien ny intelligiblement, pourcoy n'ay pas bien seu entendre ce qu'il veut dire par les mesures qu'il m'a envoyé, sy c'est la longueur ou la largeur des peaux. Pourcoy seroit bon qu'il me les envoyast encor en vostre présence pour me les donner entendre. Cependant pour la bonne volonté qu'il a vers nous, je vous prie de luy bailler, incontinent la présente veue, trois florins en atendant que je le payeroy de ce que pour moy aura faict du passé, car en ce que pour moy l'employerés, je vous prie le bien payer incontinent, m'asseurant qu'il est pouvrc et en a bon besoin.
Je rescris encor audit maistre Jaques une lettre cyincluse que luy baillerés, s'il vous plaist, et la luy pourrés lire et donner entendre, afEn qu'il prene garde à nos peaux que l'on les aseure bien et que seulement vous ordoniés ce qu'il aura désigné, et s'il y veut bien entendre et fidellement servir, pourrés bien aider et soulager en le payant bien, car dores en avant nous aurons encor plus aflFayre d'un tel homme qui aie et viene à comandement que nous n'avons pas encor eu,