Tlantin à Fulvius Ursinus
Le 2 mars 1570.
Au S' Fulvio Ursino.
J'espère que V. M. S** aura, par expérience, veu l'effect de ce que j'avois promis par mes lectres escrittes
au S' Lypsius, touchant Timpression du Cassar, duquel j'ay, du 25 du passé, envoyé les dernières feilles, avec un exemplaire entier, et maintenant j'en envoyé encores deux exemplaires et en envoyeray autant et comme il plaira à V. S. me l'ordonner.
Je tiens aussi que V. S. aura, passé jà quelques deux semaines, receu le Bréviaire qu'icelle m'avoit demandé par ses lectres, suivant lesquelles j'attendray il Longo Grseco con l'Achille Statio dell' amore de Leucippo et Clitophonte con la tradutione di esso Longo del S*^ Gambara, dedicata al patron de tuttc le scientie e de tutti huomini virtuosi, mon Signeur le très illustre Cardinal de Granvelle, mon Signeur et maistre.
Le S' Motellus, ayant entendu que V. S me portoit bonne affection et faveur, et qu'icelle avoit en son pouvoir les œuvres de feu de bonne mémoire le père Onufrio, desquelles mon très illustre Sig' et patron le Cardinal de Granvelle m'avoit, autresfois, envoyé les arguments et donné espoir de les imprimer, m'a, entre autres choses, rescrit ces mots : Qpîd de Onuphrii lucubrationibus tecum Fulvius, qui eas Romae habet, egerit,scire velim.Et quoniam Onuphrius,dum viveret,mihi pollicitus est se mihi descripturum notatas a se varias solis ac lunae Eclipses, quse praesertim ante Christum acciderunt temporibus, diligentius excudendis , amabo te Fulvium urgeas. ut eas tibi mittat. Erunt paucissima omnino folia, quibus tamen et Mercator in suis Chronicis et ego aliis in rébus valde juvari possumus. Si forte aliquas ille Salmanassare antiquiores invenit et rursum partui Christi proximiores aliquot addidit, nam reliquis non ica habemus opus. Tu, mi Plantine, tibi persuade gratissimum te mihi facturum, et me, si qua
in re tibi utilis esse potero, non ingratus fore. Parquoi, je supplie V. S. de nous faire en ceci telle faveur qu^ii luy semblera propre à son honneur et utile à la république, pour laquelle nous désirons employer tout ce qui est en notre pouvoir.
Et sur ce, me recommandant à la bonne grâce de V.S., je prie Dieu la faire prospérer.
D'Anvers.
22 1 . — Tlantin à T. Vaillant de Guellis.
A Monsigneur Monsieur de Pimpont, Conseiller du Roy,
nostre sire etc.
G. Vaillant de Guellis.
Je ne sçaurois vous rendre assés de grâces, Monsigneur très honoré, de la faveur qu'il vous plaist de m'envoyer et commettre vostre livre ' comme vostre, et à bon droict, propre et cher fils, duquel j'espère prendre tel soing et cure qu'il sortira tel, si non que le père et luy le mériteroyent, au moins non plus mal en ordre, ni moins aggréable qu'autres sortis de nostre boutique. En quoy, très volontiers, je suivray totallement vostre ordonnance et volonté de vos amis, par l'advis et conseil de nostre amy Thorins, vers lequel aussi je ne veux estre veu ingrat de son labeur.
Il m'ennu5^e cependant que je ne voy et reçoy ce vostre cher enfant, et ce d'autant plus que je suis quasi
I. Le livre dont il s*agit est : 7. Firgilius ^aro^ et in mm commentatùmeSy et paralipomena Germant Falentis Guellii pp. Ejusdem Virgiîii AppendiXf cum Josephi Scaïigeri commentariis et castigatUmUnu, >^tv. Plantin, 1575, in-folio.
hors d'espoir de luy faire le devoir, avant mon partement pour aler à Francfort, vers où nous espérons partir après demain. Durant lequel temps, ce nonobstant, j'ay ordonné qu'il soit très bien receu et gardé songneusement jusques à mon retour, qui sera. Dieu aidant, la semaine prochaine d'après Pasques.
Et sur tel gage et fondement d'amitié éternelle que je reçoy de vostrc faveur, je me dédie à vous faire très humble service, lequel je désire ung jour vous pouvoir estre aggréable, d'aussi bon cueur que je me recommande très humblement à vostre bonne grâce, priant Dieu vous maintenir en la sienne.
D'Anvers etc.
Thorins escrit :
La copie contient 541 pages et maints petits papiers insérés ; la table est de 3 alphabets parfaicts, un latin, deux grecs, et lé pièces contenants les [unes ?] deux, les autres 4 pagelles.
Il y faut adjouxter la plus grande part de ma table sur le texte de Virgile. Toute lectre Rommaine, tant le texte que les commentaires in-folio, pages entières, comme le Virgile cum commentariis Servii, faict par Robert Etienne, 1532, et le tout ensemble, sans diviser les Bucoliques ni Géorgiques de l'Enéide. Et d'envoyer espreuve incontinent.