Tlantin à Çayas
Du 10 aoust 1570.
A l'illustre S' Gabriel Çayas Secr« d'Estat. •
Le 9 du présent, j'ay respondu à V. I. S. qu'en l'armée qui, Dieu aidant, conduira nostre Séréniss. Roine, j'envoyeray ce qui me reste du petit nombre d'exemplaires que j'avois imprimé du livre, que j'ay imprimé de feu de bonne mémoire le S** Mena, et lesquelles j'espère accompagner des livres que j'ay imprimés, depuis que je n'ay eu la commodité de les envoyer par delà.
Depuis ce singulier personnage et autre vous-mesmes, mon souverain patron, voire bien père, le S*^ Docteur B. Arias Montanus, m'a dict estre adverti par V. 111. 5**= que la Majesté Catholique, nostre Roy, vouloit sçavoir combien pourroit couster la Rame des Bréviaires imprimés, sans que, toutesfois, il m'ait sceu dire de quelle forme ou grandeur de papier il les vouloit Parquoy, j'envoye ici trois feilles différentes de sorte, comme pour monstre, et le prix de chaicunne sorte, tant du papier que de l'ouvrage distinctement. Suivant quoy, V. m. S*® pourra conjecturer et juger de combien pourroit la besongne et papier enchérir, les voulant plus ou moins chargés ou plus grand ou plus petit.
La feille donques, marcquée N** i — 2 fl, est papier fin qui couste rendu en ceste ville deux fl. la rame.
L'autre feille, marquée N*» 2 — fl i pat. 12, est autre, non si fin papier, qui couste rendu icy trente et deux pat. la ramç.
L'impression de telles lectres en rouge et noir, comme sont lesdictes feilles, tant du fin papier que de l'autre, couste icy cinquante et cinq pats, la rame, en la rendant parfaicte et entière. Et ainsi, la rame du fin papier imprimée et complette cousteroit quatre florins et quinze patars. Et l'autre cousteroit quatre florins Qt sept patars.
Quant à l'autre feille, marcquée N° 3, le papier est du prix de celle, marquée cy-devant N** 2 ; mais, d'autant que la lectre est ung peu plus grosse, la rame couste quatre patars moins à imprimer.
Qiaant à la livraison du papier, à cause que, d'autant que plus i'achapte de papier, d'autant peut accroistre mon crédit envers les marchants qui le font et vendent, je désirerois bien le pouvoir achapter et fournir moymesmes, sans que j'y prétende autre profict.
Que s'il plaist aussi à Sa Majesté me faire délivrer ledict papier, je seray aussi très content, pourveu que celuy qui le me livreroit me le livrast bon, léal, bien compté et bien collé, ainsi qu'il est beaucoup plus nécessaire qu'il le soit, pour tels ouvrages doubles de noir et rouge, que pour les autres qui se font de noir seulement.