‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 368 sur 398 · Arias Montanus au Conseil privé du roi · texte numérisé non relu

Arias Montanus au Conseil privé du roi

Translation^de la requeste latine faicte par Monsg' le Docteur B. A. Montanus, le 4 janvier 1572.

A Messigneurs le Président et conseillers du Roy nostre Sife en son conseil privé.

Remonstre humblement à vos Signeuries le Docteur B. A. Montanus, serviteur du Roy Catholique et Chappelain de sa cour, comme il a par cy-devant esté envoyé par Sa Majesté en ses Païs-Bas de par deçà, avec charge et commission expresse de faire, à Futilité publicque de la saincte Église catholique et à la commodité de tous les amateurs .ou studieux des lectres sainctes, bien et duement imprimer les S. Bibles Catholiques es trois langues Hébraïcque, Grecque et Latine, avec l'entière paraphrase Chaldaïcque ancienne et les interprétations latines du Grec et du Chaldée^ selon la copie des Bibles jadis imprimées à Complute en Espagne, en y adjouxtant les Grammaires et Dictionnaires et autres traictés qui pourroyent. plus amplement et commodieusement servir pour plus facilement apprendre lesdictes langues et les phrases d'icelles qu'il n'avoit esté faict ausdictes Bibles de Complute, et avec ce plusieurs figures et pourtraicts et le tout en beaucoup milleur papier et charractères que n'estoyent lesdictes Bibles. Et comme ainsi soit que par la grâce divine l'œuvre quasi parachevée doibve, selon l'intention, conseil et volonté de Sa Majesté, estre mise en lumière et qu'outre une bonne somme de deniers y employés par Sa Majesté, Christophle Plantin, serviteur aussi de Sadicte Majesté et son prototypographe en ses Païs-Bas de pardeçà, y a semblablement par

l'espace de quatre ans faict et employé, et continue journellement de ce faire, maints cousts, fraiz et despences avec le continuel travail, diligence, soing et industrie de soy et des siens, sans y avoir rien espargné à recouvrer et faire faire toutes sortes de charactères propres et quelconques autres choses qui ayent peu estre advisées propres pour la commodité et dignité de telle œuvre ; toutes lesquelles choses seroyent bien plus faciles à imiter qu'elles n'ont esté à trouver ni premièrement faire faire, ce qui retôurneroit au grand préjudice et dommage inestimable dudict Prototypographe. Et pourtant supglie ledict commissaire de Sa Majesté le Docteur Ben. A. Montanus et, selon sa légation et office, requiert de Vos Signeuries qu'il leur plaise, en la faveur dudict Christofle Plantin, luy donner Privilège avec défense que nul autre de quelque estât, condition ou qualité qu'il soit, ne puisse, durant l'espace de vingt ans entiers et consécutifs, imiter ou imprimer ni ailleurs imiter ou imprimer, vendre ou distribuer ledict œuvre entier, ne aucusnes des parties d'icelles comme sont les Grammaires, Dictionnaires, diverses leçons ni quelques autres (comprins sous le tiltre de Âpparatus sacer) traictés et livres, lesquels il apparoist par la testimoniale de l'Université de Louvain estre bien et deuement approuvés et dignes d'estre mis en lumière pour le profict ec utilité de la République Chrestienne et vous ferés . . •

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