‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 369 sur 398 · Plantin à de GonevilU · texte numérisé non relu

Plantin à de GonevilU

A Monslgneur de Goneveille, auditeur du très illustre Cardinal vice-roy de Naples.

Le 29 du passé, j'ay rescrit à V. S. et envoyé les factures des livres envoyés, tant en deux basles particulières qu'en une de celles du Sig*^ Piscatori, et avec ce 4 Modus legendi Officium juxta Breviarium Romanum.

Maintenant, je luy envoyé icy deux exemplaires des Bréviaires que j'ay imprimés quasi tout au long, en la faveur des bons Signeurs d'Espaigne qui m'en avoyent requis, et que j'imprimasse les Saints péculiers à part. Je supplie à V. S. de prendre l'un en gré et de vouloir présenter l'autre à son 111°** et R™* Signeurie avec les très humbles recommandations de moy, son petit et très affectionné serviteur, et si je puis entendre que mondict Signeur très illustre et V. S. trouvîés bonne ceste manière de Bréviaire ainsi ad longum, je mectray incontinent la main à l'œuvre pour l'imprimer ainsi en grande forme, pour s'en servir en la chambre.

Au reste, d'autant que pour les grandes affaires nécessaires, ausquelles je sçay son Dl^* S** estre occupée, je n'oserois l'interpeller et que dedans deux mois nous espérons achever tout ce qui appartient ad Apparatum Bibliorum Regiorum et que nous n'avons pas receu la fin des observations du très illustre Cardinal Sirleto, je vous supplie, Monsigneur, qu'il vous plaise en advertir sa susdîcte très illustre S'* pour entendre et nous adver-^ tir de ce qu'en devons espérer, et, d'autant aussi que je luy fay desjà relier les sept volumes achevés desdictes Bibles, sçavoir d'icelle et nous advertir s'il luy plaira bien que je les luy adresse à Naples pour gagner temps ; en

attendant que le huictième s'achèvera et se pourra envoyer après, avec les Antiphonaires et Responsoriaux pour le Chœur, que j'espère aussi achever de bref^ pour accompagner les Psautiers et avec telle autre chose qu'il luy plaira, ou à vous, d'ordonner que j'envoye avec. Car je désirerois grandement qu'avant la distribution desdictes Bibles, j'eusse le moyen de faire le debvoir d'humble et affectionné serviteur à SadicteSign** très illustre, à laquelle je me tiens obligé et dévoué moy-mesmes. Et sur ce poinct, je prieray Dieu, pour une bonne estrene de ce nouvel an, qu'il luy plaise nous conserver Vostre S*' en bonne santé et la faire tousjours bien prospérer. D'Anvers, ce 3 janvier 1572.

Depuis ces présentes escrittes, j'ay receu de Rome certaines lectres de monsigneur Don Fernando deTorres, par lesquelles il se dict estre agent à Rome de mon très illustre Signeur le cardinal nostre maistre, et pour cela que le très illustre Card. Carafa luy a délivré un certain livre qu'il m'envoye pour imprimer, et avec ledict livre y avoit lectres dudict S*^ Carafa, par lesquelles il luy plaist me recommander l'impression dudict livre et d'autres d'un Signeur qui se dict estre serviteur dbdict Signeur Carafa et se soussigné Flaminio Filonardi, qui m'cscrit avoir tousjours escrit les corrections qui se sont faictes au Missal et en avoir délivré la copie à V. S., à condition d'en avoir deux autres de mon impression, lesquels il me prie de luy envoyer, avec ceux en parchemin pour les chanoines de S* Pierre. Or, combien que, pour ignorer le tiltre dudict Sig', je n'osasse bonnement luy respondre, si l'ay jefaict, au mieux que j'ay peu, l'advertissant que puisque V. S. luy avoit promis lesdicts Missauls, que

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i'esp^rois que le ferlés volontiers, après avoir receu la basle en laquelle j'avois empacqué lesdicts Missals en parchemin pour mesdicts Signeurs et quelques autres en papier, outre ceux que je désirois estre présentés en mon nom aux très illustres cardinaux pour les distribuer à ceux qui nous avoyent esté ou estoyent favorables : que si V. S. pense lesdicts exemplaires envoyés ne debvoir suffire au nombre des bons Signeurs à qui j'en suis redevable, je la supplie très humblement de m'en vouloir advertir et je ne faudray d'en envoyer incontinent d'une autre impression que j'ay commencée, depuis avoir achevé la première, et laquelle, comme j'espère, outre ung bon nombre de nouvelles et plus propres figures, ne se trouvera moins belle que la première. J'en imprime aussi par mesme moyen encores quelques-uns en parchemin, mais plus grands assés que n'ont esté les premiers^ à cause de quoy et que les parchemins sont fort renchéris par deçà, ils seront plus chers, car ils reviendront bien chacun Missel à 2j escus.

Depuis encores avoir aussi escrit ceci, j'ay receu celles de V. S. du 13 décembre, et suis fort triste que nul des Missals ne soyent arrivés parfaictsj mais j'espère, suivant •ce que m'a escrit mons' le Provost, que le reste des feilles seront maintenant arrivées par delà et, s'il plaist à Vostre Signeurie advertir de ce qui défaut au Missal envoyé avec la tapisserie ou autrement, je l'envoyeray incontinent avec tout ce qui luy plaira m'ordonner davantage, ainsi qu'à bon droict je m'y sens tenu et oblige et désire de n'estre jamais tenu ingrat de tant de bénéfices receus par son moyen.

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