Plantin au cardinal de Granvelle
26 apvril I 572.
Au très illustre et Révérendissîme S' Monseigneur le Cardinal de Granvelle, Viceroy dç Napjes, etc.
Très illustre et R"^ Seigneur,
Cejourdhuy retourné de convoyer monsieur le Docteur Benedictus Arias Montanus, qui, par ordonnance de la majesté Catholique le Roy nostre maistre, à la bonne heure, accompagné de monsieur Tarchidiacre Liévin Torrentius,' s'en va à Rome, j'ay trouvé les lectres de V. S* très illustre du XXIII du passé, avec le Bref que, de sa grâcç singulière, il luy a pieu me faire procurer et obtenir pour pouvoir imprimer les Heures de Nostre Dame, selon la nouvelle correction et sans mesprendre contre la bulle de Sa S'*^ et que non seulement il luy a pieu me faire ce bien, que le S^ Çayas faisoit procurer de la part de Sa Majesté, que je les peusse imprimer pour ks royaumes d'Espagne, mais aussi par tout où la distribution s'en pourra faire. De
I. Laevinus Torrentius (Liévin Van der Beken), naquit à Gand, le 8 mars 1525, étudia à Louvain et y prit le grade de licencié en droit canon et civil. Il devint chanoine de S» Lambert de Liège, ensuite archidiacre de Brabant, dans la même église, et enfin vicaire général de Tévêque Gérard de Groesbeeck. Nommé évêqued* An vers, en 1576, il ne put prendre possession de son siège qu'en 1587. Désigné comme archevêque de Malines vers 1594, il mourut à Bruxelles, le 26 avril 159$, avant d'avoir reçu ses bulles. Plantin imprima de lui : luevini Torrentii poemata, 1579; Suelonii Tranquilli XII Cifsares^ 1578 ; Jean Moretus publia : Q. Horatius Flaccus cum erudito Lavini Torrentii Commentario, 1608. Torrentius publia encore chez Plantin, en 1580, les œuvres posthumes de Joannes Goropius Becanus.
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quoy, outre une infinité de bienfaicts que je recongnois avoir receu d'icelle, tant s'en faut que je la peusse assés remercier ou rendre grâces, que je confesse ne pouvoir jamais m'en tenir, ni moy ni les miens, trop obligés à icelle et par conséquent tenus d'obéir et de nous employer de cueur et de corps à l'exécution de tout ce qu'il luy plaira commander par soy et par les siens, comme aussi, à toutes occasions, je tascheray toute ma vie de le déclarer et monstrer par effect. Lequel, si à la fois ne respond à l'expectation de V. 111"® S'*, je la supplie très humblement de se persuader que ce n'aura esté par quelque faute de bonne volonté, affection et désirs miens, mais de sçavoir et pouvoir.