‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 51 sur 398 · Plantin à Cayas · texte numérisé non relu

Plantin à Cayas

Monseigneur,

Estant retourné de Francfort et ayant trouvé par efFect que la fin des outrecuidés était parvenue à ce que de longtemps je Tavois préveue, je me suis resjouy de voir que ceste tant noble . ville fust grandement purgée d'un tas de gens effrontés, qui auroyent bien osé penser d'introduire quelques nouveautés contraires à l'intention de Sa Majesté et du bien public. Car j'ay trouvé que la plus part de tels s'en estoyent fuis et que plusieurs encores s'en retiroyent pour craincte de la punition juste qu'on pourroit prendre d'eux, dont nous espérons bonne issue par la bonne provision et gouvernement de Son Altesse, mais comme, au subit arriver de gendarmerie en une ville et à la calunmie des envieux, il se trouve bien souvent des accidents dangereux, je me suis résolu d'y prévenir, et pour ce faire m'estant transporté cejourd'huy en ceste ville de Brusselles pour, par le moyen de la faveur de vos lectres, m'addresser au signeur Armenterios * lequel voyant estre occupé à la despesche de monseigneur Robles ', n'ay osé ne voulu interpeller, me réservant de ce faire jusques à ce que j'entende qu'il ait bonne oportunité, de quoy j'ay bien voulu advenir vostre R. S. et aussi que je seray prest d'imprimer la Bible en quatre langues et adjouxter la paraphrase chaldaïcque, quand il plaira à Sa Majesté de l'ordonner,

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