‹ Correspondance de Christophe PlantinChapitre 71 sur 398 · Plantin au Cardinal de Gramelle · texte numérisé non relu

Plantin au Cardinal de Gramelle

A Tillustrissime et révérendissime Cardinal de Granvelle

à Rome.

Illustrissime et révérendissime Signeur,

Suivant l'ordonnance de V. R. S. et ma promesse, j'ay mis, incontinent avoir receu la copie, la main à faire imprimer l'œuvre sur Virgile *, ce dont aussi j 'envoyé ici la seconde feille, que j'ay faicte la première, à cause que je n'avois pas d'épistre ne préface, qui se pourra faire à meilleur loisir cependant que je poursuyvray le corps de l'ouvrage. Si mon effort (que je cognois bien estre de petite eflScacité) peut trouver telle faveur envers V. R. S. d'avoir d'elle la grâce de n'estre méprisé, je m'estimeray avoir assés faîct, et prendray le

1. Anloine Perrenot de Granvelle, naquit, le 20 août 15 17, à Ornans en Bourgogne. A 23 ans, il était évêque d'Arras ; â 32, il succéda à son père dans les fonctions de conseiller d*état et de gardien des sceaux de l'empire. En 1559, Philippe II confia le gouvernement des Pays-Bas à Marguerite d'Autriche et lui donna Granvelle pour ministre. Il fut successivement nommé archevêque de Mali nés et cardinal. Il se rendit odieux au peuple des Pays-Bas et fut révoqué par Philippe lien i564.En 1571,11 fut nommé vice-roi de Naples, et, en 1575, il fut appelé au Conseil d'Espagne, avec le titre de président du Conseil suprême d'Italie et de Castillc. En réalité, il fut, depuis lors jusqu'à sa mort, le premier ministre de Philippe II. En 1584, il fut élu archevêque de Besançon et se démit de l'archevêché de Malines. Il mourut à Madrid le 21 septembre 1586. A partir de 1567,1e cardinal de Granvelle fut pour Plantin un protecteur aussi actif que puissant. C'est à lui surtout que le grand imprimeur anversois fut redevable de sa fortune.

I. Virgilivs coîîatione scriptorvm gr<ecorv}n ilîvstratvSy opéra et indvstria Fvlvii Vrsini (1 568, 8°).

courage et hardiesse de poursuivre alègrement et à m*employer en tout ce je sçauray vous pouvoir estre agréable, et prieray Dieu pour la prospérité et bone santé de V. R. S. D'Anvers, ce xxii jour de juing, Tan 1567. De

Vostre illustrissime et révérendissime Signeurie le très humble et très affectionné serviteur

Page 1