XXX INTRODUCTION
Les brillants aspects du xvn'= siècle ne nous échapperont sans doute jamais : trop de voix immortelles les ont exaltés et, à la suite de Corneille, ont vanté le génie de Richelieu « qui n'a fait que des merveilles », les « conseils du grand Jules » qui ont préparé des merveilles encore plus extraordinaires, les faits et gestes du grand roi, « du roi des rois la plus parfaite image », dont «tout l'univers doit être idolâtre ». Il n'est pas impossible que quelque historien passionné ait trop de sévérité pour ces personnages, mais se fera-t-il J)eaucoup écouter? L'âge où la France s'est enrichie de provinces qui nous sont si chères, et où Boileau réunissait autour de sa table d'Auteuil Racine, La Fontaine, Molière, cet-âge là n"a pas besoin de panégyristes.
Les parties basses, sombres, répugnantes, s'aperçoivent moins, et nous avons besoin qu'on nous les montre avec quelque insistance, qu'on ne laisse pas « ravir à la mémoire cette indigne moitié d'une si belle histoire. »
Aussi; plus Patin nous surprend, nous scandalise, et plus il nous rend service. Qui n'entendrait que lui et ceux qui parlent comme lui, aurait assurément une idée très fausse du milieu du xvir siècle; qui ne les entendrait pas, n'aurait peut-être pas une idée beaucoup plus juste. Si l'on cherche seulement à donner une esquisse rapide de notre histoire, il est permis de négliger cette correspondance, parce que les traits qui y sont marqués sont ceux par lesquels ce temps ressemble le plus aux autres : par exemple, ce que Patin écrit vers 16o0 de la cupidité et de la vénalité de ses contemporains fait penser à ce que d'Agucsseau écrira cinquante ans plus tard pour expliquer « la médiocrité triste et ingrate de ses collègues et la décadence de l'éloquence » ; les