‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 1 sur 226 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Instruction ;du roi a M. 1'arcbevèque de Bordeaux, commandant l'armée navale du ponant. — Lettre de M. le prince de Coudé à M. de Bordeaux. — Relation de rc qui s'est pa*sé en l'armée nu va le du roi. — Duquertie concourt a sauver plusieurs vaisseaux français dont la position paraissait désespérée. — Le roi ordonne la levée des milices dans les lies de Ré et d'Oléron. — Lettre de M. le prince de Condé à M. de Bordeaux sur les opérations de la campagne. • — Le roi à M. le prince de Condé, an sujet de* différends qui se sont élevés entre H. le duc de Lavnlctte et M. de Bordeaux. — M. le prinoe de Condé a M. de Bordeaux pour lui apprendre la prise du Passage et de plusieurs galions ennemis. — M. de Noyers au grand-prieur de Ven- Hi'imc. — Relation du combat et de la destru clion de la flotte espagnole dans le port de Gatlari. — Le cardinal de Richelieu à M. de Bordeaux sur les opérations de la campagne cl le siège de Fwntarabie. — Le roi donne de* rbalncs d'or à tous les capitaines de brûlots qui se sont distingués a l'affaire de Gattari. — L'armée française est défaite devant Fontarabie. — Relations de M. de Bordeaux à ce sujet • — Idem du père Gabriel de Nevers , capucin indigne . fait prisonnier. — Lettre de M. le prince de Condé à M. de Bordeaux , sur M. le duc de Lavalctlc , qui , se trouvant gravement compromis à propos de la défaite de Fonlarnbie, s'est réfugié en Angleterre. — M. le rardiit.il à M. de Bordeaux sur le désarmement des vaisseaux et les projets ultérieurs de la cour pour l'année 1639. — Lettre du rot aux ducs

d'Épernon et de Lavslette. — Le roi ordonne à M. de Bordeaux de se rendre à Pari*. — La flotte désarmée rentre dans le* ports.

( Janvier — Décentre 1 638. )

Le roi résolut cette année deux attaques principales contre le roi d'Espagne* : « l'une dedans l'Espagne même, l'autre dans la principale de ses provinces , qui est la Flandre, où il devait être secondé par le prince d'Orange , chargé d'un siège considérable de son côté. »

«( Sa Majesté avait àcette fin disposé ses affaires de toutes parts. Et pour arrêter les forces de l'empire, et ôter à ses ennemis le moyen de venir fondre dans ses États , le roi voulut assister le duc de Weimar, dont l'armée n'était pas une des moins importantes et de laquelle son royaume et ses affaires pussent recevoir le moins d'avantage , d'autant que c'était celle-là qui devait éloigner ses ennemis de la Bourgogne et arrêter le débord des Allemands dans la Champagne et autres frontières de France. »

« Le roi eut aussi en Guienne une grande et florissante armée. Les Espagnols avaient pris, l'année précédente, Saint-Jean-de- Luz et autres places, et bâti quelques forts qu'ils n'avaient pu garder. Il était raisonnable qu'on en prît revanche, et que l'on fît entreprise sur quelques unes de leurs places dont la prise fût apparemment assurée, selon que la prudence humaine le pût porter, et que nous ne fussions pas obligés d'abandonner après les avoir prises, comme ils avaient fait les nôtres dont ils s'étaient emparés. Le cardinal jugeant Fontarabie propre à cette fin , fait résoudre au roi de la faire attaquer par une année royale; et d'autant que, pour faciliter ce dessein, trois choses étaient nécessaires : le secret, faire contribuer a cette entreprise toutes

' Mémoires de Richelieu.

JANVIER 1638. 6 les forces de la province de Guienne, et donner à l'armée nu chef de tant d'autorité, que le duc d'Epernon ne pût se plaindre qu'il eût le commandement des armées dans son gouvernement, le roi choisit la personne de M. le prince de Condé, de la fidélité et affection duquel il était assuré; et pour empêcher les ducs d'Épernon et de la Valette de porter préjudice à ses armes par envie ou malice, laquelle il avait éprouvée en eux l'année précédente , il essaya premièrement de les gagner par bienfaits et témoignages d'estime et d'amitié.... »

a Sur ce que M. le prince avoua a M. le cardinal qu'il fondait une bonne partie du succès du siège de Fontarabie sur l'assistance que M. l'archevêque de Bordeaux lui pourrait donner par mer, sa majesté voulut bien que M. de Bordeaux contribuât ce qu'il pourrait à ce dessein , s'il se trouvait prêt assez à temps, car cela n'empêchait pat qu'il eût une tâche distincte de celle de M. le prince. »

Cette armée navale que le roi fit équiper cette année était considérable, M. l'archevêque de Bordeaux en avait été nommé lieutenant-général , par lettres du roi du 4 mars 1 638 , datées de Compiègne.

Ces lettres conféraient à M. de Bordeaux: «le titre de lieutenantgénéral en son armée navale, pour la commander, avec pouvoir d'attaquer les ennemis sur mer, faire descente sur leurs pavs, taire mettre artillerie à terre, en faire fondre, battre les places, donner assaut, fortifier les places prises, et ordonner aux officiers, tant de guerre que de marine, tout ce qu'il jugerait être du bien de son service; faire faire montres, ordonner des paiements, bref, faire et ordonner, en ladite armée navale, tout ce que pourrait y faire faire le sieur cardinal duc de Richelieu, chef et surintendant général de la navigation. »

r, LIVRE m. — CHAP. VI.

" Le roi pourvut aussi à ce que, de la part de Rome , il ne fût pas fait quelque chose contre mondit l'archevêque de Bordeaux , <-t commanda à son ambassadeur de supplier sa sainteté d'agréer que M. de Bordeaux eût la conduite de ses forces maritimes, et que pour peu de temps il pût être , avec ses bonnes grâces , absent de son évêché. Sa majesté fit aussi demander, pour M. de Bordeaux , une dispense a sœvis de laquelle il pourrait avoir affaire en la charge en laquelle il était employé; mais sa sainteté y trouva difficultés, et pria le roi de ne lui plus faire d'instances.»

Deux succès éclatants sur mer , au Passage et à Gattari , une défaite honteuse devant Fontarabie, tels furent les événements les plus importants de cette campagne.

En conséquence de sa nomination et de ses pouvoirs, M. de Bordeaux reçut de M. le cardinal de Richelieu l'instruction suivante.

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