CHAP. IX
au cap Corse, et que Ferrandine, avec les galères d'Espagne , s'en était retourné en Espagne , et que celles de Naple* étaient rntn'-es dans le port de Gènes.
Comme on fait route, le bailli de Forint, mande qu'il ne pouvait plus me celer que les galères commençaient a être en nécessité ; comme le vent ne permettait pas de taire grand chemin , je lui mandai que *i , dans le quinzième de septembre qu'il m'avait dit que ses galères étaient fournie* , il n'arrivait à Lirourne , je lui en ferai* liaillcr pour achever le mois.
Le S et le 3 se passèrent eu diverses La résolution d'aller à Livourne ne se navigations, où nos vaisseaux ne pouvaient peut plus exécuter, parce qu'un apprend rien gagner; durant quel temps on pressait que les vaisseaux et tartanes des ennemis toujours les galères d'aller a Livourne , étaient en mer et leurs galères. Il n'a plus puisqu'il y avait des vaisseaux au cap de connaissance à Livourne , n'a plus pour Corse qui les empêchaient de rien appré- un jour de paiu , oblige les vaisseaux . hender, mais cela inutilement. non seulement à rendre ce qu'avaient con-
Le 4 , le sieur de Baumes est envoyé sommé les soldats des vaisseaux sur 1rs par le bailli de Forbin pour dire l'ex- galères , mais aussi a lut en donner pour trème nécessité des galères. On lui de- s'en retourner en France ; que s'il en eût mande un mémoire des galères qui mau- eu, comme il dit, puur cinquante jour* quaient de vivres , afin qu'on lui en donnât, avec ce que lui ont donué le* vaisseaux , il et rependant on lui envoie une ordonnance en eût eu pour soixante, qui était la hn de pour faire retirer des vaisseaux les vivres septembre, et par conséquent il eût eu , que les soldaU avaient consommés sur les lorsqu'il était au Gilli , pour » ingt-sept galères qu'il avait refusés il y a long- jour* de vivres pour faire un voyage de
Le 5, le bailli de Forbin envoie son secrétaire près M. de Baumes pour prier qu'on relâchât dans Porto- Vecchio , afin de donner des vivres à ses galères, lesquelles seraient en état de se perdre si le vent les contraignait a se séparer des vaisseaux, pour n'avoir plus de vivres.
Le 6 est employé a donner des vivres aux galères afin de les mettre en état de »'en retourner.
Le même jour, sur le soir, arrivèrent L'obstination du sieur bailli de n'aller deux felouques portant nouvelles de Gènes, plot à Livourne fait croire que sa folou-
Livournc cl Rome , que le* galère» «l'Es- qw lui **»it porté 1* partance des Taispagne étaient parties du *4 > el «Iue *e"ux tapies , dont il n'avait pat vonln de N a pies avaient désarmé et étaient en- avertir, df peur d'être obligé de demeurer, trées dans la darse de Gènes , n'ayant pu naviguer pour avoir donné tous leurs soldat» et mariniers a Ferrandine , qui l'avait quitté quand le* galères de France allèrent devant Gènes ; donnant aussi avis comme quoi les vaisseaux et barque* de Naples étaient partis avec leur cavalerie et infanterie , embarquées pour venir débarquer à Porto-Hercole , et que, sur la nouvelle qu'ils avaient eue que l'année était à Monte-Cristo, qu'ils avaient relâché à Gaète.
On envoie chercher le sieur bailli pour lui proposer, s'il faisait calme , de s'en aller droit ù Porto-Hercole pour en empêcher l'entrée , attendant que les vaisseaux pussent arriver, offrant de monter sa galère avec lui , lui disant pour raison qu'on ne pouvait courir aucun risque du manque de vivres , d'autant que si les veuts d'amont venaient qu'ils porteraient les galères à Livournc, où ledit sieur bailli a toujours témoigné qu'il ne craignait aucune nécessité pourvu qu'il fût là ; que si les vents étaient d'aval, qu'on pourrait aller à Civita-Vecchia, et que j'allais envoyer un courrier a M. le maréchal d'Eslrées pour qu'il nous fil trouver des vivres, offrant à chaque capitaine mille écus pour en acheter; que si les vent» étaient tout-à-fait contraires, les galères seraient obligées de revenir sur les vaisseaux, et qu'en ce cas j'offrais un mois de vivres de tous les vaisseaux pour leur donner ; que si la bonne fortune voulait que nous rencontrassions les ennemis , nous ne manquerions de rien , parce qu'il) portaient force vivres avec eux.
Toute la réponse a été qu'on ne s'assurait point de rien trouver à Livournc , et
qu'on ne s* voulait charger d'aucune subsistance des galères ; qu'il voyait bien qu'on voulait tout perdre. Sur cela le sieur bailli témoigne tire pique, s'en va faire force plaintes qu'on maltraitait la galère; ce qui a contraint de lui donner un autre t pour s'en retourner avec huit : pour son escorte.
il est au cap Corse, il trouve les six vaisseaux qui l'y attendaient ; il est assuré par eux de la retraite des galères d'Espagne ; il les renvoie , et est seulement suivi de Daniel et du Triton, qui allaient par môme moyen au port pour se remédier de quelques voies d'eau qu'ils avaient.
Dès que les galères sont parties , l'on a avis que les galères de Naplcs qui étaient n Gènes se remettent à la mer, et que don Francisco de Melos descend avec les galères de Sicile et quelque infanterie ; que les barques chargées de cavalerie voulaient aller terre-a-terre , louées parles galères, pour empêcher que les vaisseaux eu apnt; ou envoie une felouque en er avis au bailli de Forbin à Toulon , où il disait qu'il avait des vivres jusque» à la fin de septembre ; on lui offre deux mille quintaux de p«in et quinze cents charges de vin qui étaient o Saint-Tropez et aux lies, et 10,000 écus d'argent, afin qu'il en eût jusqu'à la fin d'octobre , et on lui offre encore de l'argent à Livourne et des vivres. Il témoigne en vouloir partir, emploie cinq on six a espalmer ses galères , et a repasser la chiourme et les soldats des neuf qu'il voulait laisser sur les neuf autres qu'il voulait mener ; après quel temps il tient de nouveaux conseils , résout de mener toutes les dix-huit , et passe cinq ou six jours à faire accommoder les neuf autres galères et à remettre les hommes qu'il en avait tirés.
Tout ce temps consommé, a dessein de faire passer le moi» de septembre lui fit prendre un troisième conseil de s'en aller a Marseille , après avoir reçu les 10,000 écus qu'on loi avait prêtés , et avoir laissé douze cents ou quinze cents quintaux de pain a Saint-Tropez , onze cents aux Iles Sainte- Marguerite et douze cents charges de vin qui y sont encore a présent.
L'excuse du mauvais temps ne peut être recevaUe, puisque toutes lea galères de Naples, de Livourne et de Sicile ont navigué durant ce temps-la , ayant toujours été en présence des vaisseaux, quelque tempa qu'il ait fait ; lea galères de Gènes en ce même temps ont passé en Espagne , trois d'Espagne ont passé à Gènes , et le reste de l'escadre d'Espagne a toujours navigué depuis Colliourc jusqu'aux Alfages de Tortose. De sorte qu'il est facile a voir que toutes les navigations , les refuites et tous les semblants d'exécuter les ordres du sieur bailli ne sont que pour gagner le temps , et faire que l'on ne bouge de la cote de France.
Tous les avis du bailli de Forbin ont toujours été que l'armée ne devait bouger de Vay ou du golfe de Spetzia, quoiqu'il sut bien qu'au-dessus et au-dessous de l'un et l'autre il y ait vingt ports où les
vent qui les empêche de sortir desdits ports où il veut qu'on entre apportait les ennemis vent arrière pour descendre dans tous les ports de dessous , comme par exemple, si on est au golfe de Spczzia , la vent qui les apportait d'Espagne , qui est ponant ou ouest, empêche de sortir du golfe de Spezzia , et les ennemis peuvent venir vent arriére descendre à Villefranehe , Morgues , Menton , Saint-Rem! , Arrache , Louan , . Final , Vay , Saint-Pierre
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d'Arène et Porto-Fin ; si I "armée est en V.iv, l'est ou le levant , qui l'empêche d'en sortir, apporte vent arrière les ennemis de Naples pour descendre a Porto-Hercolc, San-Stefano , Piombino , la rivière de Pise, Livourue et Lamagre, Port- Vendre, Porto-Fin , Saint-Pierre d'Arène ; de sorte qu'il n'y avait point de poste à prendre en toute cette côte-la, mais bien était nécessaire de garder les parages de la Corse, afin de pouvoir de tout levant et de tout ponant aller vers la cote de Gènes , qui est au nord de ces parages , ou bien de s'en aller vers Naples afin de rencontrer les ennemis par le chemin ou dans l'un des ports où on se pouvait promettre , par le moyen des galères, d'entreprendre sur
Que si le bailli de Forbin allègue la nécessite de vivres, qu'il n'a eue que volontairement et peut-être plus en paroles qu'en effet , on lui répondra trois choses : la première , que six galères lui ayant maintenu en plein conseil qu'ils avaient des vivres pour jusqu'à la fin de septembre , toutes les autres en pouvaient avoir aussi ,
La deuxième , c'est que toutes les galères de Malte et de Gènes portent pour soixante jours de vivres , et que celles-ci , qui sont plus grandes et moins chargées d'hommes , en doivent porter davantage ; et de (ail , le sieur Valbelle de Marseille lui a maintenu qu'il pouvait mettre dan* son paignot quatre cent soixante quintaux de pain , et l'on en peut mettre dans le -<candalard 1 et le coursier , quand on porte cent cinquante quintaux , qui est beaucoup plus qu'il ne se £aut pour la nourriture de quatre cent trente hommes qu'ils devaient avoir par leur état ;
La troisième et la plus forte raison, est
que son éroinence lui avait précisément commandé de faire porter par de* barques les vivres des galères qu'ils ne pourraient porter ; et quand j'ai voulu presser l'cxéention de cet ordre, l'on m'a dit qu'on «avait bien les volontés de son ém in en ce , et qu'on n'avait point a m'en rendre compte.
Toutes ces vérités peuvent être attestées par tous Ici capitaines des vaisseaux et galères qu'il plaira à son éminenre de commander de l'aller trouver, n'en exceptant pas un , n'estimant pas même que le sieur bailli puisse nier quoi que ce toit de tout ce qni est contenu dans ce Mémoire
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