‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 15 sur 226 · DÉCLARATION DU SIEUR CHAUVIN · texte numérisé non relu

DÉCLARATION DU SIEUR CHAUVIN

DE CE QU'IL A VU ET APPRIS DANS FOYTARABIB, ÉTANT PRISONNIER APRÈS LA DÉROUTE.

Étant dans Fontarabie, prisonnier de guerre, dans la chambre du gouverneur, le troisième jour de ma prise , des capitaines espagnols et irlandais regardant par la fenêtre, virent des soldats portant des casaques et balandrans où il y avait des croix du Saint-Esprit dessus. Quelques autres prisonniers les considérant disaient : Celle-là esta M. te

DÉCLARATION. — SEPTEMBRE 1638. 75 prince, cette autre à M. de Grammont, et ainsi des autres. Quelqu'un demanda s'il n'y en avait point à M. de la Valette , un capitaine espagnol dit : Non, ni lui ni quelque chose qui lui pût appartenir ne devait être pris.

Continuant dans leurs discours de la déroute, et comme quelqu'un disait qu'à point nommé la place avait été secourue, le même dit : Il fallait faire ou faillir ce jour , car nous avions avis que l'on devait donner à l'extrémité où était la place, laquelle n'eût point résisté. Je I ai dis alors : L'on vous pouva it tromper dans ces a v is. 1 1 me répondi t qu i I > venaient de la part d'uu des principaux officiers de l'armée. Ensuite se parlèrent tout-à-fait espagnol, dont un capitaine irlandais se mit en colère, nommé Barry ; et le voyant en cet état, je parlai à celui auquel les capitaines qui m'avaient pris m'avaient donné, qui était dehors à la brèche vers la garnison, lequel me dit : Vous avez été trahis, c'est ce qui nous fâche.

Regardant la campagne comme terminée, M. le cardinal de Richelieu donne ordre à M. de Bordeaux de desarmer la flotte.

LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU

A M. L'ABCHEVÊQUE DE BORDEAUX, TOUCHANT l.E DÉSARMEMENT DES VAISSEAUX , ET LE DEPLAISIR DU MALHEUR DE KONTARABIE.

Monsieur,

Bien que je vous aie déjà écrit que quand vous ferez votre désarmement, vous enverrez six vaisseaux de 150, 200 et 300 tonneaux pour mettre, savoir : deux au Havre, deux à Dieppe et deux à Calais , je ne laisse pas néanmoins de reprendre encore la plume sur ce sujet , pour vous prier, par même moyen, de ne me renvoyer pas le rebut des vaisseaux que vous avez, mais de les choisir tels, qu'ils soient bous pour leur port, et bien artillés. Je serai bien aise aussi si, outre lesdits six vaisseaux, vous pouvez encore m'envoyer deux bonnes pataches, afin que les services dont on aura besoin dans la Manche se puissent faire

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sans avoir besoin de vos vaisseaux , qu'on vous permettra d'occuper l'année qui vient à ce que vous estimerez plus à propos. Je ne vous dis point la douleur que j'ai du malheur de Fontarabie : il faut tâcher de le réparer. Cependant je demeure, monsieur,

Votre affectionné comme frère à vous rendre service,

Le Cardinal de Richelieu.

De M.«pny ce »t wptambre i638.

Avec les vaisseaux que vous renverrez, entre autres capitaines, il est à propos que vous fassiez revenir le chevalier de Montigny et le sieur Dumé et ceux qui connaissent mieux la Manche.

Cette lettre du roi et les copies qui la suivent sont relatives aux ducs d'Épernon et de la Valette, dont Louis XIII avait fort à se plaindre. Dans la première , il ordonne à M. de la Valette de se rendre auprès de lui pour justifier de sa conduite à Fontarabie; dans la seconde, il engage M. le duc d'Épernon à ne pas quitter sa maison de Plassac, dont il ëtait sorti malgré le» ordres du cardinal.

LETTRE DU ROI

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