II
Lorsqu'on apporta les enseignes de la chambre de l'amirante , qui étaient au nombre de quarante-sept et deux cornettes , il me demanda si je les reconnaîtrais bien , et s'il n'y en aurait point quelqu'une qui aurait les armes de monseigneur le cardinal :je dis que je les reconnaîtrais bien , mais que je ne croyais pas qu'ils eussent cet avantage , non plus que d'avoir aucun de nos généraux.
L'amirante étant allé le 11 de septembre à Iran, où il m'ordonna le lendemain de le venir trouver, pour me donner le contentement de ma sortie, à quoi je ne manquai pas; et ils rencontre par le chemin d'environ quatre cents des nôtres prisonniers , et environ autant que j'avais laissés dans la ville exposés tous au chaud et au froid , à la faim; de quoi je fls plainte à l'amirante comme j'avais fait au gouverneur, et lui demandai ce que son altesse en désirait faire ; il me répondit avoir envoyé à monseigneur le prince tous ses domestiques, au marquis de Gouve aussi, et à M. de la Valette tous ceux qu'il avait demandés; et que, pour le reste , il attendait ordre de la cour. Voilà une partie de ce que j'ai vu et ouï durant mon séjour dans Fontarabic , dont l'amirante m'a renvoyé trop honorablement pour ma conduite, mais singulièrement le vice-roi de Navarre , avec présent de trois prisonniers, domestiques de M. d'Aplincourt , qui se trouvèrent là; lesquels ayant été dépouillés par les soldats , ce bon seigneur les fit habiller et leur donna vingt livres pour se conduire. Je vérifie ce que dessus véritable et ainsi le signe :
F. Gabriel de Nevers, capucin indigne.