LETTRE DU ROI. — DÉCEMBRE
cadra capable daller afiiwler les ennemis dans leurs ports , à h faveur «les Catalans.
Que si pour une entreprise dont le succès serait de si grande réputation et utilité, il vous est absolument nécessaire de mener avec vous douze de mes galères , je consens que vous le fassiez , pourvu qu elles puissent faire le voyage sûrement, selon l'avis de ceux qui sont expérimentés en la navigation des galères.
Et afin de disposer toutes choses à cela , j'écris présentement au sieur bailli de Forbin pour préparer l'équipage et armement dudit nombre de galère», et au sieor Lequeux pour fournir les vivres nécessaires aux vaisseaux et aux galères pour ce voyage, avec ordre d'en avancer la dépense sur sonerédrt, dont je lui promets de le faire rembourser sur les fonds de la marine de levant et de ponant , destinés pour les vaisseaux et les galères, tant de cette année que de la prochaine. A quoi vous apporterez de votre part ce qui dépendra de votre pouvoir et crédit; et ce que je leur mande à l'un et à l'autre est relatif» ce que vous jugerez nécessaire et ce que vous leur prescrirez particulièrement.
Si vous retenez pour cette occasion les vaisseaux que vous avez eu ordre de faire repasser en ponant , mon intention est qu'après qu'ils auront servi à l'effet proposé , ils demeurent en la mer de levant, où vous donnerez ordre qu'ils soient radoubés pour y être employés l'année prochaine.
En me remettant sur votre soin et affection de ce que je pourrais vous dire de plus particulier sur cette occurrence , je vous assurerai seulement que le service que vous m'y rendrez me sera en aussi grande considération comme elle est importante. Et sur ce , je prie Dieu qu'il vous ait , monsieur l'archevêque de Bordeaux , en sa sainte garde.
LOUIS
Su BLET.
Les lettres suivantes de M. le cardinal de Richelieu et de M. de Noyers sont relatives au même sujet.
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU a m. l'archevêque db bordeaux.
Monsieur ,
Je vous fais ces trois mots pour vous prier de contribuer tout ce qu'il vous sera possible à l'exécution de ce que M. de Noyers vous écrit de la part du roi , comme une chose qui est du tout importante au service de sa majesté et à votre honneur particulier. Ce qui empêche de vous y convier davantage, ne doutant pas que vous y apportiez ce qu'en attend de vous, Monsieur,
Votre très-affectionné comme frère à vous rendre service ,
Le cardinal de Richelieu.
De Ru«l. ce > décembre iGJo
Comme je vous prie de ne rien oublier de ce que vous pourrez pour l'exécution du dessein ci-dessus, je vous conjure aussi de vous y conduire avec tant de prudence qu'on ne puisse dire que vous ayez retardé mal à propos les armes du roi ; agissant par bon conseil de ce
qui se pourra faire en la mer vous ne sauriez faillir.
LETTRE DE M. DE NOYERS a m. l'archevêque db bordeaux.
Monsieur ,
Lorsque nous perdions espérance du succès de l'affaire des Catalans, voilà qu'elle se relève avec plus d'éclat que jamais, M. d'Espenan m'ayant envoyé présentement de certaines nouvelles de la volonté de laquelle ils sont de prendre la protection du roi ; mais ils demandent
LETTRE DE M. DE NOYERS. — DÉC. 1640. 505 une forte assistance par mer, ce qui sera, comme je crois, de plus difficile exécution qu'aucun des autres articles du traité , si par votre zèle au service du roi vous ne surmontez les difficultés que la nécessité et la saison vous mettront au-devant, et certainement vous feriez un singulier plaisir h son éminence de faire tous les efforts raisonnables pour en venir à bout.
J'écris à M. Lequeux d'employer tout son crédit pour aider à cette entreprise , dont son éminence fera rembourser la dépense des plus clairs deniers de la marine et des galères , tant de cette année , s'il en reste , que de la prochaine.
La dépêche du roi ci-jointe vous apprenant le reste des intentions de sa majesté, je n'ajouterai rien à ces lignes que la prière que je fais à Dieu de prospérer les desseins de sa majesté, et de vous conserver la santé que vous souhaite ,
Monsieur ,
Votre très-humble et très-affectionné serviteur,
A Hnfl , ce i déeemliry i6j..
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU
A M. L ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX, TOUCHANT BON VOYAGE EN CATALOGNE, OL IL CHOISIRA S'IL DOIT MENER LE BAILLI DE FORBIN AVEC LES BRI' LOTS.
Monsieur ,
J'ai donné charge au sieur le Picard d'envoyer en Provence le fonds qui est nécessaire pour mettre, dès cette heure, les vaisseaux et les galères en état de servir , afin qu'ils soient prêts au cas qu'ayez besoin d'aller en Catalogne , si vous apprenez par M. d'Espenan qu'il soit nécessaire, et que vous jugiez que ce soit chose possible. Je suis d'avis pour cet effet , qu'aussitôt la présente reçue vous dépêchiez quelqu'un de votre part, qui entende la mer, vers ledit sieur d'Espenan, pour vous rapporter particulièrement l'état de toutes choses.
Quant à M. de Forbin, je lui écris qu'il s'en retourne pour mettre il. 64
les galères en état de servir, et que si vous avez à faire voyage, je désire qu'il remette à votre option d'aller avec vous ou de n'y aller pas. Et en eirct, dès cette heure , je vous déclare qu'il est en votre pouvoir de mener ledit sieur de Forbin , ou de le laisser venir me trouver aussitôt qu'il aura préparé les galères. Voilà tout ce que j'ai à vous dire. Cependant je prie Dieu que, si vous allez en Catalogne, vous ayez moyen , en suite de tant de prospérités qui sont arrivées cette année à la France , de commencer si heureusement la prochaine que vas bous succès soient un augure de ceux qu'on devra attendre durant le reste de son cours. Assurez-vous de mon affection, et que je suis,
Monsieur ,
Votre affectionné comme frère à vous rendre service,
Le Cardinal de Richelieu.
Ayant vu l'inventaire que vous avez fait faire vous-même des marchandises qui étaient dans les vaisseaux qui ont été pris, puisque vous retournez à Marseille, je vous prie d'en faire faire la vente au plus haut prix que vous pourrez, à l'exception du Saint- François d'Hollande, que je désire être pour cette heure mis en suspens. De Loynes vous envoie le jugement, afin que vous fassiez toutes choses par les formes.
Quand vous aurez envoyé les procédures du vaisseau que vous avez pris de nouveau , on jugera l'affaire au conseil de la marine.
La lettre suivante fut écrite par le chanoine Paul Claris , un des chefs populaires, qui, ayant été incarcéré par ordre du viceroi , fut délivré par les paysans.