LETTRE DE M. LE COMTE D'ALLETZ
I M. [/ARCHEVÊQUE DE CORDEAUX , PROMETTANT DE LUI BAILLER CINQ CENTS HOMMES DE PIED POUR EMBARQUER SUR SES VAISSEAUX ALLANT F>
catalogne.
Je suis assuré que la correspondance que vous avez à Livourne et à (iénes ne vous permet pas d'ignorer les avis que les sieurs Rabut et Bidaud m'ont donnés des desseins des ennemis sur les vaisseaux et quelques places maritimes de cette province , et qui me doit obliger à conserver en son entier les régiments que j'ai ici en garnison. Mais puisque vous m'assurez que vous ne pouvez accepter les offres des Catalans si je ne vous donne cinq cents hommes, je vous les accorde très-volontiers, dans la passion que j'ai de voir réussir une glorieuse entreprise pour les armes du roi , à laquelle je désire contribuer de tout mon pouvoir, et faire connaître que je suis, Monsieur, votre , etc.
Louis de Valois.
D'An, ce »5 «le janvier iSji
M. de Richelieu donne les instructions suivantes à M. de Bordeaux.
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU
A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX . TOUCHANT LES PRÉPARATIFS DES VAISSEAUX ET GALERES POUR ALLER EN CATALOGNE.
Monsieur ,
J'ai reçu votre lettre du 15 de ce mois, et entendu particulièrement le sieur Chaillonnay sur l'état des affaires de Catalogne ; à quoi je n'ai
nuire réponse à vous faire, si ce n'est que comme tous ne sauriez faijrc chose plus agréable au roi que de secourir les Catalans, vous devez aussi, ainsi que vous le proposez, demander et procurer l'assurance des vaisseaux et des galères de sa majesté, que vous mènerez à leur secoui-s.
M. de Forbin m'a mandé qu'il a fait préparer, il y a déjà quelque temps, dix galères, lesquelles il rendra prêtes à partir quand vous l'ordonnerez, et que si quelques unes manquent de capitaines, qu'il en fournira d'autres à leur place. Pour cet effet, on faitprtir en diligence tous les capitaines des galères qui sont ici, afin de se rendre à leurs charges et faire ce qui leur sera ordonné.
Je vous prie de vous accommodera ce qui se peut, et de ne trouver pas des difficultés aux choses où votre soin et votre industrie les pourront surmonter.
Le sieur Picard a envoyé 40,000 écus à son commis en Provence pour préparer vos armements, outre lesquels je lui en fais envoyer encore 20,000, de façon qu'avec les 110,000 francs que vous me mandez être de reste des années IG38 et 1639, pour les galères, entre les mains du commis du trésorier, vous ne sauriez manquer de fonds.
J'écris a M. le comte d'Alletz pour le prier de vous faire fournir les deux cents hommes de son régiment que vous demandez pour armer les trois vaisseaux que vous avez fait dessein d'envoyer par avance en Catalogne.
On a déjà envoyé ordre aux régiments de Provence et des Galères d'y aller. On vous l'envoie maintenant pour les embarquer si bon vous semble.
Je mande à M. de Forbin qu'aussitôt que les dix galères que vous devez mener seront prêtes, qu'il s'en vienne me trouver; mais je vous dois dire que le roi ne veut pas que le sieur chevalier de la Valette aille en cette expédition, à cause de l'état où sont MM. d'Épernou et de la Valette. Ce n'est pas qu'on trouve rien à redire h sa personne, dont on connaît le cœur, mais la prudence fera concevoir à tout le monde que la résolution du roi a bon fondement. Sa majesté trouve bon qu'il s'en retourne à Venise, et M. de Noyers lui en envoie l'ordre.