‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 166 sur 226 · LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU. — FÉV · texte numérisé non relu

LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU. — FÉV

prises qui sont à Toulon , dont je consens que tous vous serviez , et je tais partir le sieur le Picard pour vous ôter tout lieu d'excuse.

Si avec le nombre des vaisseaux et des batteries que vous pouvez équiper de delà , vous trouvez difficulté à faire quelque chose, tout le monde jugera qu'elle sera en votre humeur, et non au manque de moyens nécessaires à la fin qu'on vous propose.

L'intérêt du service du roi, celui de la réputation de ma charge et le vôtre m'obligent à vous dire qu'il vous importe de faire voir en cette occasion que vous êtes homme qui savez aussi bien faire que parler, et que vous n'êtes pas tel que beaucoup estiment, c'est-à-dire d'humeur si particulière que vous ne puissiez compatir avec personne. Je vous prie, comme votre ami , de faire état des avis que je vous donne, et de vous étudier plutôt à trouver des remèdes aux difficultés que vous connaîtrez que de vous amuser à trouver des difficultés sans remèdes. Dans la pratique du monde, il n'y a rien de plus dangereux que certains esprits qui semblent n'avoir antre but que de trouver des moyens de ne rien faire, ou s'ils entreprennent quelque chose, de se décharger des mauvais événements qui en peuvent arriver... par procès- verbaux. Je sais bien que vous n'êtes pas de ce nombre , mais vous avez besoin de le faire connaître à ceux qui ne vous connaissent pas si bien que moi.

En un mot , l'occasion présente requiert que vous vous mettiez à la mer le plus tôt que vous pourrez, pour le secours des Catalans, en prenant toutes les précautions nécessaires pour ne perdre pas les vaisseaux du roi , et ne faire pas rerevoir un alïront a ses armes. Je vous ai écrit plusieurs fois en ces termes, que je vous répète encore.

Quand vous aurez reçu Cadequia , ou pourra attaquer par mer et par terre Collioure.

Ainsi , surmontant de votre part les difficultés que vous pourrez trouver pour n'avoir pas tous les capitaines qui ont accoutumé de commander les vaisseanx , ce que vous pouvez faire en y commettant qui bon vouh semblera , par le-pouvoir que je vous en donne , et ordonnant <lu fonds, les soldes et les vivres pour autant de temps que vous l'estimerez à propos , je ne doute pas que vous ne fassiez quelque chose • le bon.

Bien que le» câbles dont tous avez besoin ne soient pas encore arrivés de Hollande, y ayant à Toulon et à Marseille trente-deux vaisseaux comme il y a, et ne faisant état de vous servir que de quinze ou seize, vous pourrez employer les agrès des uns pour mettre les autres en état de servir ; et il est de votre bon ménage de voir ce qui devra être fait de ceux qui demeureront dans le port, conservant seulement ceux qui pourront être bons à servir, comme vous l'avez mandé plusieurs fois. Au lieu de flûtes que vous proposez pour mener des gens , M. le commandeur Desgouttes dit que les tartanes de Martigues sont beaucoup meilleures, et que les frais seront bien moindres.

Sachant que vous n'avez pas contentement de M. de Forbin , je lui ai mandé qu'il s'en vienne. Si vous trouvez que M. Lequeux ne vous satisfasse pas aussi , je lui donnerai le même ordre.

Ainsi, comme je n'oublie aucune chose qui vous puisse faciliter le moyen de servir, je me tiens très-assuré que vous ferez ce que je me promets de vous.

Après tout ce que dessus, il ne me reste à vous conjurer de faire, en cette occasion , tout ce que le service du roi, votre cœur et votre prudence vous suggéreront , et de croire que je suis ,

Monsieur, votre t'rès-aflTectionné à vous rendre service '.

Le Cardinal de Richelieu.

LETTRE DU ROI

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX , POUR SE RENDRE AVEC L'ARMÉE NAVALE POUR LA DÉFENSE DE BARCEI.ONN'E , ET POUR L'ATTAQUE DE COLLIOUKE ET ROSES PAR MER.

.' - Dr Saiot-Gcrnuio-en-Lave , le 11 février 164 1 -

Monsieur l'archevêque de Bordeaux, la nouvelle je viens de recevoir des avantages que les Catalans ont eus à la défense de Barcelonne,

' On remarquera que depuis cette époque la formule qu'il avait employée jusque-la

le» lettres de M. de Richelieu a M. de Bor- Potre affectionne' comme raîai à vous rendre

deaux sont empreintes d'une sévérité crois- service. La disgrâce de M. de Bordeaux ar-

sante, et que le premier ministre supprime riva peu de temps après.

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