QU'IL S'AVANCE AVEC L'ARMÉE JUSQU'A BARCELONNE
De Barcelonne, le*j mar» ifiifi.
Monsieur, 1
Sitôt que M. d'Argenson a étéarrivé en cette ville, nous vous avons fait une dépêche en diligence pour vous faire connaître comme il est nécessaire que votre armée s'avance jusqu'ici. La présente sera pour vous supplier, monsieur, de départir le régiment des Galères pour la garde de Cadequia et de Castillon, suivant le nombre que vous jugerez à propos pour la garde et sûreté desdites places, afin que je puisse retirer, pour l'armée , le régiment de Tonneins et celui de Provence , que je vous prie de m'envoyer le plus tôt qu'il se pourra. L'espérance que j'ai d'avoir l'honneur de vous voir bientôt m'empêche de vous faire plus long discours que pour vous assurer que personne du monde ne peut être plus moi, monsieur, votre très-humble et très-affectionné serviteur,
Lamotte-Houdancouht.
LETTRE DE M. LAMOTTE-HOUDANCOURT
a m. l'archevêque de bordeaux . réjouissance de ce qu'il est arhivk 4 cadequia ; il croit qu'il est necessaire qu'il aille a palamos.
Monsieur,
J'ai reçu celle que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire, qui me donne grande joie d'apprendre votre arrivée à Cadequia. J'ai entretenu le gentilhomme que vous m'avez envoyé, sur tous les points de son mémoire ; il s'en va amplement informé de tout. J'ajoutei-ai seulement , monsieur, qu'il est important que vous veniez à Palamos, qui est un port excellent, dont on a grand soupçon à cause des intelligences que le duc de Ferrant lu n'- a dans la place. Il serait bon que vous laissassiez trois cents hommes dedans; j'envoie pour cet elTet les ordres de messieurs de la députation pour les y recevoir, par un gentilhomme nommé Ricardel , à qui ils en ont donné le gouvernement ; il est Français et homme d'honneur, qui me fait vous prier d'ordonner aux gens de guerre que vous y laisserez de l'obéir.
Je vous supplie aussi , monsieur , qu'une partie du régiment des Galères aille relever celui de Tonneins, qui est à Castillon , afin que je le puisse retirer pour venir en la place de celui de Provence, qui est sur l'état de l'armée (pie je commande. J'ai tous les déplaisirs du monde de ce qu'il faut que je parte d'ici sans avoir l'honueur de vous voir : ce sera lundi ou mardi au plus tard. Monsieur d'Argenson vous informera de l'état de toutes les affaires de ce pays , et moi je vous prie de croire que je suis plus que personne du monde, Monsieur, votre, etc.
Or Barcrloonc , et aH nur< ifiji
Nous avons nouvelles certaines qu'il y a huit galères des ennemis du coté de Tarragone ; comme je vous l'ai déjà mandé, il y a un beau coup à faire.
LETTRE DE M. B1DAUD
A M. L'ARCHEVÊQUE DB BORDEAUX, TOUCHANT DES MHVEIAES DES DIVERS EÎIDROITS D*ITAUE.
MONSEIGNEUR
J'ai reçu hier le pli ci-joint de son altesse de Parme , que j'adresse à M. Lequenx, sur les avis qu'on a ici que votre excellence est partie pour Barcelonne avec dix galères et dix vaisseaux du roi.
Il est très-assuré que M. le prince cardinal de Savoie a aussi signé le nouveau traité fait avec les Espagnols, et que s'il ne court en Provence sur les sujets du roi, ce n'est qu'à faute de puissance. M. le prince Thomas s'est abouché près de Novare avec le gouverneur de Milan , qui s'est excusé de ne lui pouvoir donner présentement que mille fantassins des troupes qu'on lui a promises ; et pour l'argent, on ne lui peut fournir cent vingt mille écus que son altesse demande, si le grand-duc, auquel on a envoyé un député, n'en prête en lui engageant Pontremoli, ou quelqu'un des ports que le roi d'Espagne a dans la Toscane , dont votre excellence jugera la faiblesse et la nécessité des ennemis.
On a commencé a Naples d'embarquer des poudres et des boulets sur les vaisseaux, pour en après faire le même de la soldatesque, et leur faire prendre la route d'Espagne , dont je vous donnerai avis par toutes occasions, et de ce que produiront les émotions de la Ponille et de l'Abrurae. Je vous supplie de me faire la grâce de conserver l'honneur de votre souvenir.
Monseigneur, votre, etc.
Bidaud.
A Gêna, le »R mm i6jr
Dans la lettre suivante, le principal de Barcelonne félicite M. de Bordeaux de l'avantage qu'il a remporté sur la flotte espagnole.