DE MM. DE LAMOTTE-HOUDANCOURT ET D'ARGE!VSO.V
Du i3 avril i6ji, » Barrrlonnr
M. du Perron ira trouver M. l'archevêque de Bordeaux , général de l'armée navale du roi , et lui fera voir les lettres de sa majesté et de son éminence et de M. de Noyers, qui nous ont été apportées par le sieur de Sauvian , où il verra que l'intention de sa majesté est que M. le maréchal de Schomberg fasse assembler et passer dans la Catalogne le nombre de cavalerie et d'infanterie contenu auxdites dépêches , pour en chasser les ennemis le plus tôt qu'il se pourra , au lieu de ce qui avait été proposé ailleurs , sa majesté et son éminence ayant très-bien jugé "qu'il fallait commencer par là, et assurer la tête de la Catalogne avant <nie d'entreprendre le reste.
Mais d'autant que la principale subsistance des ennemis qui sont à Tarragone vient de la mer, sans laquelle ils ne pourraient vivre, M. l'archevêque de Bordeaux jugera de là, s'il lui plaît, combien il est nécessaire qu'il s'avance le plus tôtqu'il pourraavec son armée navale jusqu'au port de Salses; à quoi la diligence semble d'autant plus requise que nous avons avis que le marquis de Leganez doit arriver bientôt à Tarragone avec quelque infanterie qu'il amène. Dans dix jours au plus tard, il doit partir de Valence un grand nombre de vivres pour Tarragone, où l'on les conduit par la mer.
Et à cause des avis que nous avons aussi que deux galères chargées de cinq cents hommes des ennemis ont ordre de les aller décharger à Roses, et que de Majorque ils pourraient envoyer quelques vivres à Collioure et autres places qu'ils tiennent dans le Roussillon , nous estimerions que quatre galères et quatre vaisseaux pourraient demeumà Cadequia, pour garder cette côte pendant que le reste de l'armée sera vers Salses et Tarragone , où nous apprenons que les ennemis ne sont point forts en mer. Ce que le sieur du Perron fera entendre au sieur archevêque comme notre sentiment , qui sera toujours soumis au
MÉMOIRE. — AVRIL 1641. 559 sien , qu'il le suppliera , de notre part , de nous faire savoir exactement par son retour.
Il lui dira aussi que M. de Lamotte, qui est revenu à Barcelonne après son voyage de Lérida , pour conférer avec messieurs de la députa lion sur l'entrée des troupes, retourne demain à Monlblanc, pour entreprendre ce qu'il pourra contre les ennemis en attendant les autres troupes qu'il espère d'avoir promptement , ayant envoyé le sieur Desruisseaux, aide-de-camp, vers M. le maréchal de Schomberg pour !«• supplier de les hâter, et pour les recevoir au Passage.
11 saura aussi du sieur archevêque laquantitéd'artilleriedont il pourra aider M. de Lamotte pour l'attaque de Tarragone, qui est une place qu'il faudra tacher d'emporter promptement afin de finir de même cette affaire, pour les raisons quelesieur archevêque jugera parfaitement bien.
Il s'informera aussi du sieur archevêque s'il lui plaît de faire délivrer des blés de sa prise pour le munitionnaire de cette armée, et on prendra soin de les faire payer des premiers deniers qui seront envoyés pour le* vivres ; et surtout il nous rapportera les intentions dudit sieur archevêque, qu'il assurera de notre part d'une entière correspondance aux siennes.
Si M. de Besançon est auprès du sieur archevêque, ledit sieur du Perron lui fera entendre tout ce qui est ci-dessus signé.
Lamotte-IIoudancourt et Argknson.
La députation de Catalogne s'opiniâtrant à ne pas vouloir que la ville de Barcelonne saluât la première les vaisseaux du roi , M. d'Argenson prononça le discours suivant devant les états de cette province.