‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 188 sur 226 · A M. L'ARCHEVEQUE DE BOHDEAUX ; AVIS POUR DEMKURBR A TARRAGONE · texte numérisé non relu

A M. L'ARCHEVEQUE DE BOHDEAUX ; AVIS POUR DEMKURBR A TARRAGONE

Monsieur ,

J'ai été étrangement surpris de voir que vous n'ayez point reçu mes deux lettres par lesquelles, depuis que vous m'avez témoigné désirer que j'allasse promptement à l'armée pour être présent aux résolutions qui seront à prendre entre vous , je vous ai mandé qu'étant sur le point de la conclusion du traité avec ces messieurs, je ne pouvais absolument quitter sans tout perdre jusques à ce que la chose fût résolue dans tous leurs conseils et que j'eusse dépéché mon courrier à la cour, j'espère donc qu'il partira dimanche, avec l'aide de Dieu.

Comme je vous l'ai mandé par un homme exprès , que j'ai 'envoyé pour prendre vos lettres s'il vous plaît d'écrire en France, et aussitôt que j'aurai envoyé mes dépêches et les vôtres, j'irai vous voir pour servir et assister à ce qu'il vous plaira; mais je ne puis être que fort peu de jours hors de cette ville, à cause des nouveautés et des affaires qui y arrivent tous les jours.

Je ne vois pas qu'il y ait personne qui désire de vous ni qui veuille vous obliger aux choses impossibles, ni vous rendre garant que de ce

qui sera raisonnable seulement et possible; comme je suis assure que vous le ferez toujours pour le service , et que M. de Lamotte, qui m'a écrit diverses fois combien il était nécessaire que vous allassiez où vous êtes, s'accommodera toujours à ce qui sera du service et de votre contentement. Les lettres pressantes que je vous ai écrites sont sur les siennes, qui ont eu sans doute toujours des fondements très-grands pour les intérêts de sa majesté. Je ne sais comment accorder cette lettre que vous avez prise en cette barque venant des Alfages, qui porte qu'il y a pour trois mois de vivres dans Tarragone pour toute l'armée des ennemis , vu qu'au rapport de tous les prisonniers ou ne donne par jour que six onces de biscuit ou de riz à chaque soldat. Vous avez vu la lettre de Madrid que j'ai envoyée à M. de Lamotte , qui porte que ceux de Tarragone seront secourus au 1 2 du mois prochain, et qu'ils prennent patience jusque-là ; ce qui fait croire qu'ils n'ont des vivres guère au delà. Il en sera néanmoins ce qu'il plaira à Dieu , car quand chacun fait et conseille ce qu'il estime pour le mieux , il en est quitte ; et c'est ainsi que je vous dirai mes projets et mes sentiments quand je serai auprès de vous tous. Je parlerai à messieurs de la députation pour cette lourdes Alfages, et vous en enverrai ou porterai leur résolution, laquelle néanmoins pouvait, à mon avis, être aussi bien prise de delà avec messieurs les députés militaires et les conseillers de la ville, qui ont charge de toutes les affaires de la guerre.

Je vous envoie une lettre de M. le prince que j'ai reçue ce matin seulement; et pr celle que sou altesse m'écrit et m'envoie avec la vôtre , bien qu'il témoigne désirer l'armée navale et des troupes de celle de terre, surtout de la cavalerie , il ajoute que vous ne précipitiez rien ; de sorte que c'est à nous tous de décider et regarder bien exactement à ce qui sera le meilleur pour le service de sa majesté, dont je vous dirai bien franchement mes petits avis quand je serai sur les lieux , car je ne crains jamais de les déclarer franchement avec mon peu de lumière, parce qu'ayant toujours les intentions au service de sa majesté et au contentement de son émineuce, je ne crains jamais d'être blâmé en conseillant ce que je crois pour le mieux. Je servirai messieurs des galères ici en tout ce que je pourrai. Nous avons déjà trouvé un arbre

LETTRE DE M. D'ARGENSON. — MAI 1G41. 607

pour celle de M. de \aucy; je (n'informerai aussi s'il y a des eaux minérales, mais jusqu'à cette heure on m'a dit qu'il n'y en a point. Je donnerai moi-même à messieurs du conseil de ville la lettre du roi sur le salut qu'ils ont fait du pavillon , et partout connaîtrez que je suis de tout mon cœur, monsieur, votre, etc.

Argenson.

A Barceloone , ce a« nui t6ji

LETTRE DE M. LE PRINCE

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