‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 189 sur 226 · M. L'ARCHEVÊQUE DE BOBDBAUX, ÉTANT D'AVIS QU'IL DKMEIRE DEVANT · texte numérisé non relu

M. L'ARCHEVÊQUE DE BOBDBAUX, ÉTANT D'AVIS QU'IL DKMEIRE DEVANT

TABRAGONE.

Monsieur ,

J'ai reçu vos deux lettres des 21 et 22 du mois de mai dernier, sur lesquelles je n'ai rien à vous répondre , sinon qu'il faut , si vous l'avez agréable, quoiqu'il puisse arriver, que vous ne bougiez avec votre armée navale de Tarragone, jusques à ce que les desseins de M. de Lamotte-Houdancourt , tant sur l'armée ennemie que sur la ville de Tarragone, soient achevés. Pour nous, en attendant, nous entrerons dans le Roussillon avec le peu de forces que nous avons, pour troubler les moissons et empêcher, autant que nous le pourrons, le transport des vivres de Collioure à Perpignan, ne doutant pas que les ennemis n'y en envoient encore après avoir ravitaillé les places du Roussillon , et principalement vous en étant éloigné. Les régiments de la Couronne et des Vaisseaux sont ici arrivés. Je vous envoie copie de la lettre que le roi m'a écrite par eux. Je vous supplie de me mander ce que vous désirez que je fasse des deux régiments, lesquels je ferai subsister comme je pourrai en attendant de vos nouvelles, vous suppliant de faire savoir où est le fonds de leur montre, afin que je reprenne ce que je leur ferai avancer sur icelui. C'est ce que j'ai à vous mander par la présente et à vous assurer que je suis,

Monsieur, votre, etc.

Henry de Bourbon.

De Narbonoe, ce i" juin iftfi.

LETTRE DE M. D'ARGENSON

a m. l'archevêque de bordeal'x , portant l'avis de m. le prince de laisser l'armée navale a tarragone.

Je vous remercie très-humblement de la grâce que vous avez faite au patron catalan, à qui vous avez ordonné plus de part qu'il ne devait espérer dans les prises qui ont été faites; je ne manquerai point de la faire valoir envers ces messieurs, à qui je donnerai avis du changement nécessaire aux termes de leurs passeports , et dont la faute est venue sans doute de quelques écrivains , car leurs intentions sont bien éloignées de là. Je leur ferai aussi entendre qu'il faut que les Catalans subissent vos lois et la règle de France s'ils veulent faire la guerre sous vos commandements. Je n'attends que les lettres de M. de Lamotte pour la cour et quelques dépêches de ces messieurs, qui ne sont pas encore achevées, pour faire partir mon sec ré taire, et aussitôt que je l'aurai envoyé, dès le lendemain je partirai d'ici pour avoir l'honneur de vous aller voir ; cependant je vous dirai que j'ai reçu une lettre de M. le prince, par laquelle il réitère encore que l'on ne précipite rien où vous êtes , et que l'on garde l'armée navale jusqu'à la fin du succès de Tarragone : je les porterai toutes quand j'aurai lieu de vous entretenir, et vous dirai franchement mes pensées, qui seront toujours à ce que j'estimerai pour le mieux au service du roi et à votre gloire, et à vous témoigner que je suis avec une passion entière,

Monsieur, votre, etc.

Argenson.

A Barcelone* , ce i"juin 1641.

JUIN 1641. 609 M. le cardinal de Richelieu prévient M. l'archevêque de Bordeaux qu'il a donne ordre à toutes les munitions qu'il demande pour les vaisseaux et les galères , et insiste sur l'importance de l'expédition de Tarragone entreprise par M. de Lamottc.

LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU

A M. LARCHEVÊQUB DE BOHDEAUX.

Monsieur ,

Ces trois mots sont pour vous dire que j'ai donne , il y a fort longtemps , tous les ordres nécessaires pour l'envoi de tout ce que vous demandez. En exécution d'iceux, il y a plus de quinze jours que le sieur Lcqueux m'a écrit que les dix vaisseaux qui i-cstaient à Toulon de l'armement que vous aviez vous-même arrêté devant que d'en partir, avaient fait voile pour vous aller joindre.

Il y a aussi quinze jours que j'ai fait envoyer les fonds et les ordres nécessaires à Marseille pour faire armer et vous envoyer trois galères, outre les quatorze que vous aviez déjà.

Quant aux biscuits dont les galères ont besoin d'être rafraîchies n'en pouvant porter pour long-temps , outre que je vous ai écrit d'en faire faire des blés pris, j'ai donné ordre à M. le bailli de Forbin d'en faire préparera Marseille : ce qui se fait très-certainement.

Pour ce qui est des poudres, vous en auriez déjà reçu si vos diverses dépèches ne portaient expressément que vous n'en voulez point de Provence, ce qui fait que vous recevrez plus tard celles qu'on vous envoie de Lyon. Si je pouvais me rendre vaisseau moi-même, je le ferais volontiers pour vous aider à faire tête aux ennemis à l'avantage du service du roi ; mais vous savez bien qu'il ne se peut faire présentement davantage. J'espère que vous saurez si bien prendre votre pur, que les ennemis, avec l'aide de Dieu , n'auront point d'avantage sur vous ; je le désire avec passion , et que votre conduite soit si prudente et si heureuse que je puisse la faire valoir comme je le souhaite.

il. 77

Ayant appris par le sieur tle Saiub-Germain d'Apchoti que les vaisseaux que vous attendiez de Toulon sont arrivés , et vu par votre lettre que si ce secours peut vous joindre , vous battrez assurément les ennemis, je vous avoue que j'ai maintenant l'esprit à repos.

Vous connaissez si bien de quelle importance est l'effet que M. de Lamotte a entrepris pour faire périr l'armée qui est dans Tarragone, qu'il n'y a rien que vous ne deviez faire pour l'aider, ni aucune occasion qui vous doive faire quitter le dessein de contribuer à son entreprise tant que vous le pourrez faire. S'agissant en ce fait de sunwia rerum, vous n'oublierez pas, je m'assure, de passer par-dessus toutes les difficultés surmontâmes pour parvenir à uue (in qui nous peut donner la paix. Je vous recommande toutes choses dignes de recommandations autant que je le peux, et demeure,

Le Cardinal de Richelieu.

D'Abberillc, co a juin 1641.

Avis donné par M. Lamotte -Houdancourt d'une barque entrée à Tarragone la nuit précédente avec quelques rafraîchissements , et que la nuit suivante il doit sortir une galiote qui emmène le vice-roi de Majorque.

LETTRE DE M. DE LAMOTTE-HOUDANCOURT

A H. L' ARCHEVEQUE DE BORDEAUX

Monsieur ,

Depuis que j'ai eu l'honneur de vous voir, j'ai appris par des cavaliers de l'ennemi qui se sont venus rendre , et par des prisonniers, qu'il est entré une barque à Tarragone qui leur a porté ordre de retirer leur cavalerie , ce qui est cause que je fais faire la meilleure garde qu'il m'est possible. On leur fait aussi espérer des barques avec quelques i-afraichissements , dont je vous ai voulu donner avis , afin que vous y fassiez prendre garde comme vous le verrez à propos. J'espère, mon-

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