‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 193 sur 226 · RÉSULTAT DU CONSEIL. — JUIN · texte numérisé non relu

RÉSULTAT DU CONSEIL. — JUIN

;i l'escadre de Cadix de s'y Tenir joindre, qui pourrait l'obliger de se retirer, ce qu'elle n'a jamais fait devant les ennemis du roi. Ayant été ainsi résolu*, « ce qui fait conclure qu'il faut, en diligence, envoyer « des troupes, de l'argent et équipage d'artillerie à cette armée, ou « lui commander de se retirer en des postes plus avantageux, n'étant m retranchée ni fortifiée d'aucun fort ni redoute , pour les roanquem meut» susdits , ou bien attendre une issue pareille à celle de Thion- « ville et autres lieux , assez honteuse à la France. »

LETTRE DE M. DE NOYERS a m. l'archevêque de bordeaux, toucha vi* les affaires de catalogne.

Monsieur ,

L'assurance que M. de Saint-Germain a apportée à son éminencc de l'arrivée de la dernière escadre de Provence a soulagé son esprit de la peine eu laquelle l'avait mis la crainte de son retardement, vu la nécessité en laquelle vous étiez de ce secours, et la quantité de vaisseaux et de galères que les ennemis assemblaient contre vous. Nous espérons maintenant que Dieu continuera ses bénédictions sur les affaires du roi , et qu'enfin l'issue de l'entreprise de Tarragone affermira le service de sa majesté dans la Catalogne. Aidez-y, monsieur, je vous prie, par les voies que Dieu vous met en main , et puisque vous avez le renfort que vous attendiez, faites aussi ce que vous nous avez promis de faire en cas que vous l'eussiez. Je hâte, autant qu'il m'est possible, le passage des trois galères qui ont été commandées de vous venir joindre. En attendant que vous ayez reçu les poudres que l'on vous commande de toutes parts, vous pourrez vous servir de celles qui avaient été destinées pour l'armée de terre de Provence, lesquelles vous avez chargées dans les vaisseaux, à dessein d'en aider les Catalans ou de vous en servir au besoin. Son éminence prie M. le prince de vous en aider aussi, en cas que vous vous en trouviez en une urgente

' La dernière partie delà dépêche est de la main de M. deSourdis.

nécessité. Ainsi j'espère que cela ne vous empêchera pas de continuelles progrès heureusement commences.

Les vaisseaux de Toulon vous ayant joint, les galères auront sans doute rtça quelques rafraîchissements de biscuits ; et je veux croire que quand cela même leur aurait manqué, les blés des prises y pourraient suppléer , puisque les vaisseaux et les galères étant au roi et commandés par son éminence , il n'y aurait pas d'apparence que les uns mourussent de faim les autres demeurant dans l'abondance. Vous leur en ferez donc, s'il vous plaît, donner, sauf à en tenir compte aux vaisseaux, s'il est jugé ainsi par son éminence ; cela n'empêche pas que nous ne fassions les diligences requises pour obliger M. le bailli de Forbin à leur envoyer tout ce que vous m'écrivez.

M. d'Argenson n'avait garde de fournir aux régiments des Galères et de Provence le supplément de solde duquel vous m'écrivez , non seulement parce qu'ils ne sont pas en terre où la cherté des vivres oblige au supplément, mais parce que, n'ayant pas encore touché l'argent destiné pour les troupes de terre , il n'avait garde d'en envoyer à d'autres à qui , étant en mer et vivant des victuailles de Provence , la cherté des vivres de Catalogne ne leur peut pas servir de juste prétexte à leurs prétentions, jusqu'à ce qu'ils soient joints à une armée de terre.

Je vous rends mille grâces des lettres surprises qu'il vous a plu m'envoyer; il est bien à croire que, comme chaque jour augmente la misère des Espagnols, elle doit être beaucoup accrue et parvienne à son période : ce qui redouble les bonnes espérances que nous avons du succès de vos affaire»; j'en prie Dieu de tout mon cœur, et qu'il vous conserve en la parfaite santé que vous souhaite,

Monsieur, votre, etc.

D-AbbcTiUe. e. 8 juin „!,.

LETTRE DE M. DE LAMOTTE-HOUDANCOURT

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX, SUR L AVIS QUE LES GALERES D'ESPAGNE ONT ORDRE DE SECOURIR TARRAGONE.

Monsieur ,

Je vous envoie une lettre que je viens de recevoir, par où vous \ errez comme les galères d'Espagne ont ordre de venir aujourd'hui pour secourir Tarragone , et d'autres particularités de leurs desseins.

Pour l'action d'hier, je n'ai rien à ajouter a ce que je vous ai mande par M. de Malevalette, si ce n'est que nous avons plus de trois cents prisonniers, dont il y a quantité d'officiers, entre autres du régiment du comte Duo. Il en a été tué plus de deux cents, et pris plus de huit cents chevaux ou mulets : cet heureux succès me fait espérer une bonne suite. Je ne manquerai à vous faire savoir avec soin toutes les nouvelles que j'apprendrai ; faites-moi la grâce, monsieur, de m'en donner des vôtres , et de croire qu'il n'y a personne au monde qui soit plus fidèlement que moi,

Monsieur, votre, etc.

Lamotte-Houdancourt.

A ComUotin , ce 1 1 <l« juin 1641.

M. de Lamotte-Houdancourt annonce qu'il veut demeurer devant Tarragone , et qu'il croit que M. de Bordeaux doit faire de même.

LETTRE DE M. DE LAMOTTE-HOUDANCOURT

A M. L'ARCHEVEQUE DE BORDEAUX-

Monsieur ,

J'ai vu , par les deux que vous m'avez écrites, comme quoi vous dite» qu'un corps de cavalerie serait bien nécessaire du côtéde Tamarin ; ayant

vu ce pays, je ne le juge pas, attendu que c'est un pays d'infanterie, où la cavalerie ne serait pas en sûreté , outre que vous savez que mes forces ne sont pas si grandes que je me puisse séparer. Quant à ce que vous me mandez que je laisse les ennemis maîtres de la campagne , il a bien paru ces jours passés qu'ils ne le sont pas; je souhaite qu'ils le soient aussi peu de la mer. Quant à la résolution que vous me demandez , je crois vous l'avoir dit assez de fois , qui est que je n'ai point de parti à prendre que de demeurer ici , pour empêcher que les ennemis ne secourent la place par terre : c'est à vous à prendre le vôtre tel que vous le jugerez , et si vous croyez que je puisse quelque chose dont je n'aye point de connaissance , vous n'avez qu'à me le mander, et je le ferai avec la même affection que je suis ,

Monsieur, votre, etc.

IjAMOTTE-HoIJ DAN COURT.

A (JonMiwlin , ce ta juin i6}i.

LETTRE DE M. DE LA MOTTE-HOU D A NCOURT

a m. l'archevêque de bordeaux , disant qu'il se rendra vers la côte de la mer , comme il lui mande.

Monsieur ,

Je suis très-aise d'avoir appris par la vôtre comme les ennemis ont été maltraités. Je ne manquerai à me rendre le long de la mer, comme vous me marquez par la vôtre, du côté de &dses, à la nuit fermante, avec toute la cavalerie et infanterie. Je me mettrai fort près d'eux, et ferai battre l'estrade toute la nuit jusques aux portes de la ville. Vous verrez, par trois feux que je ferai faire au dessus de la tour où nous faisons une garde, pour signal de mon arrivée au bord de la mer. Je prendrai pour le mot celui que vous me donnez. Il sera difficile, si les ennemis sortent, que vous puissiez discerner la nuit notre troupe d'avec les leurs , parce que nous nom mêlerons bientôt. Je vous ferai savoir les nouvelles que je pourrai , et serait bon pour cela que vous

LETTRE DE M. DE LAMOTTE. — JUIN 1641. 623

envoyassiez quelques chaloupes à terre. Cependant je vous supplie me croire véritablement,

Monsieur, votre , etc.

Lamotte-Houdancourt.

A CoaitaMfa , c« il juiD 1641.

LETTRE DE M. BIDAUD

a m. l'archevêque de bordeaux, touchant des nouvelle* de divers endroits.

Monsieur ,

J'ai reçu l'honneur de vos lettres des 27 et dernier avril, et 20 mai, avec les relations de ce qui s'est passé à l'avantage des armées de sa majesté, par mer, en Catalogne, que j'ai fait voir à cette république et envoyé des copies non seulement à Rome, par mer, et Livourne , ainsi que votre excellence m'ordonnait avec vos dépêches, mais aussi par toute l'Italie et ailleurs où j'ai des correspondances; ce que je continuerai de faire avec grand soin , s'il plait à votre excellence me continuer la grâce de me faire donner le plus souvent qu'il sera possible avis de ce qui se passera par delà , que les ennemis et leurs partiaux déguisent autant qu'ils peuvent.

J'ai fait voir à la république les ordres que vous avez donnés pour les vaisseaux et barques qui porteront secours aux ennemis de vivres, munitions, ou autre chose; mais sa réponse ayant été qu'elle permettait à ses sujets de servir l'une et l'autre couronne, particulièrement pour le trafic, il ne faut espérer sur ce point autres défenses que celles qu'ils recevront d'eux-mêmes de l'exemple de la rigueur et mauvais traitements qui seront exercés contre ceux qui seront pris en portant semblables secours auxdits ennemis.

Votre excellence aura appris par mes précédentes que les galères de la république qui avaient porté le marquis de Leganez en Espagne en avaient rapporté deux cent cinquante caisses de réaies pour le gouvernement de Milan et l'Allemagne. Il en partira, au premier jour,

une ou deux autres qui porteront en Espagne le sieur Constantin Doria, sénateur et ambassadeur près du roi catholique , qui pourraient porter beaucoup de denrées et rapporter assurément à leur retour de l'argent pour le service du roi de Castille. Les galères de Naples et Sicile se préparent pour aller joindre les vaisseaux et escadre des ducs de Ferrandine et Doria en Majorque, à ce que l'on dit, où se doivent assembler toutes leurs forces de mer, même, dit-on, les vaisseaux de la flotte des Indes , dès aussitôt qu'ils seront arrivés en Espagne ; ils se promettent iiussi d'avoir les galères du grand-duc, et M. Lucca Justinian m'a assuré qu'il en avait avis d'un principal ministre de son altesse. .

Tout est en repos en Piémont depuis qu'on a levé le siège d'Yvrée et de Chivas , et le peu de troupes qu'on a d'un coté et d'autre sont dans les quartiers, d'où je ne crois pas qu'elles sortent que celles du roi n'aient été renforcées; et pour celles des ennemis , il n'y a pas grande apparence qu'elles le puissent être, le roi de Hongrie étant déjà sur le point de manquer à la promesse qu'il a faite au cardinal-infant de permettre à Piccolomini de passer en Flandre avec douze mille hommes , et le vice-roi de Naples n'ayant des hommes que pour la Catalogne , où j'assure bien qu'ils ne vont pas de leur bon gré.

Le marquis de Grana , qui va ambassadeur extraordinaire en Espagne do la part du roi de Hongrie , s'embarquera sur les galères de Naples ou sur celles de la république , comme fera le comte Masseras j , qui y passe aussi de la part de MM. les princes de Savoie , qui se sont déclarés espagnols par un nouveau manifeste. Je supplie votre excellence de comprendre dans l'honneur de ses bonnes grâces ,

Monseigneur, votre, etc.

A Gène» , ce 14 juin 164t.

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