‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 194 sur 226 · EXTRAIT ET TRADUCTION D'UNE LETTRE · texte numérisé non relu

EXTRAIT ET TRADUCTION D'UNE LETTRE

ENVOYÉE A M. DARGBNSON PAR t" NE PERSONNE DE CONFIANCE DONT IL A REÇU DEJA DES AVIS TRES-VERITABLES ET ASSURES.

Si l'on considère ma lettre et ce qui arrive on verra que je fais tout ce que je puis pour donner connaissance de tout ce qui se fait par ces bonnes gens ; et encore bien qu'à la vérité il y ait présentement beaucoup de choses à écrire, toutefois voici le plus essentiel. Le viceroi de Naples me semble jusqu'à cette heure n'avoir pu parvenir à ce qu'il a offert, et suivant cela, tout doit aller de mal en pis. Les gens venus de Naples ne vont pas à trois mille hommes , et Leganez est chargé de cela , et de secourir Tarragone avec les régiments de don Léonard Molay, et du baron de Sebace et autres, qui font dix-huit cents hommes tirés de Perpignan par les galères. L'on a aussi mandé de faire descendre toute l'infanterie et cavalerie de Frague, Tamarin et Monçou et autres lieux d'Aragon , qui font, ainsi que l'on dit, deux mille cinq cents hommes de pied et quatre cents chevaux , et ce que Valence et Aragon pourra faire de plus ; sur quoi , Leganez écrit qu'il n'a pu jusqu'à présent assembler aucune troupe; et parce qu'il a écrit ici par ses lettres que l'on fortifiait le col de Balaguer, et que l'on rompait les chemins, le conseil s'est assemblé, et on lui a écrit qu'il assemble l'armée à Vinara, et que delà il en envoie la moitié à Tortose, avec la cavalerie, qui sera de mille chevaux, et l'autre moitié avec les galères , pour faire leurs attaques en un même jour, et en déserabarquant l'infanterie de dessus les galères juntaia casa del Infante , pour pouvoir les rompre et prendre par derrière , et après les avoir rompus, joindre toute l'infanterie et cavalerie, et s'acheminer à Tarragone ; donnant avis à Botero, qu'à même temps que Leganez attaquera, il sorte de Tarragone avec toutes ses troupes; et tout ce qui a été résolu, et de le ûure avec toute diligence, le samedi 6 de juillet ou devant s'il était possible , parce que la dilation serait la totale perle de l'Espagne , d'autant que Botero a écrit par ses lettres du 7 de ce mois,

ï,'2C> LIVRE V. — ClUr. XII.

que le biscuit s'achevait ; et que si bien il avait encore du blé et du m, le biscuit faillant, il manquerait du plus essentiel, etc.

Du i3juin itffl.

M. de Bordeaux expose à M. le prince de Condé l'état de ses forces, et lui fait connaître ses projets ultérieurs.

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