‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 207 sur 226 · LETTRE DE M. DE SAN-GENIS. — JUILL. 1641 64S · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE SAN-GENIS. — JUILL. 1641 64S

est de besoin pour les brûlots, comme aussi les plaques de plomb et toile, il est presque tout prêt, sauf les ripes, auxquelles on travaille à toute diligence. Nous tenons nolisée une barque pour charger le tout étant prêt. Avec ledit commissaire Pampre, fûmes voir les poudres de M. le marquis de Montpezat, lesquels se trouvaient, suivant la preuve qu'en fil ledit Pampre, de mauvaise qualité; j'en ai en cette ville environ sept ou huit cents quintaux, laquelle je tiens vendueà la ville, selon un accord que tiens fait de mille quintaux, à raisou de deux cent quarante réaux le quintal ; mais il faut que ce soit de bonne poudre. J'en ai cent quintaux ou environ qu'est fabriquée à mon jardin dans cette ville, que c'est poudre que s'en peut chasser; pour l'autre, je l'ai fait venir d'Arles, Marseille et Toulon, laquelle n'ai point vue, et par conséquent je ne puis pas dire de sa bonté. Les consuls de la ville m'ont promis de la faire prouver au premier jour.

M. d'Argenson me dit à son départ que le consul second lui avait dit de la part des autres consuls , que si votre gi-andeur lui faisait de besoin des poudres et boulets , la présente cité lui en fournirait, comme aussi tout ce qui lui ferait de besoin, et M. d'Argenson trouvant l'occasion bonne , nous donna ordre à M. d'Avismandie et moi , d'aller ce matin remercier audit consul de la bonne offre , et lui dire que lorsque serait vers votre grandeur, lui en ferait la proposition , lui donnant avis de ce que serait de la volonté de votre grandeur : ce qu'avons fait; et ont fait réponse en présence dudit consul second, qu'ils ne lui avaient point donné tel ordre, et lorsque votre grandeur écrirait ce qui lui ferait besoin , donnerait raison à la junte de guerre, que tous seuls n'ont la puissance de rien faire.

Pour les cent quintaux de poudre fabriqués en cette ville, ensemble tout le reste que j'ai à mon pouvoir , encore bien que je la tienne vendue à la présente ville audit prix de deux cent quarante réaux , il est tout au service de votre grandeur, à la condition que lui plaira , n'ayant rien en ce monde qui ne soit au service de sa majesté et de votre grandeur, de laquelle je suis, monseigneur, votre, etc.

Christokoi, San-Genis.

A Barcrlonoe , ce 9 j oillct i 64 i .

LETTRE DE M. LE PRINCE

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX, POUR SE REJOUIR DE SA VICTOIRE ET LUI ENVOYER QUELQUES POUDRES.

Monsieur ,

Je me réjouis de votre victoire, grande en elFet , pourvu qu'il ne soit point entré durant le combat des vivres considérables dans Tarragone. Pour la poudre , quoique je n'en aye presque plus , je vous en envoie encore vingt milliers , qui est quarante milliers en tout , et j'espère encore vous en envoyer bientôt dix milliers. C'est tout ce que je puis et que M. le cardinal m'a ordonné. Ne bougez d'où vous êtes , que ce ne soit fait ou failli , et me croyez,

Monsieur, votre, etc.

Henry de Bourbon.

De Hetenai, ce n juillet i64i.

Avis d'Espagne touchant le secours de Tarragone et l'attaque de Balaguer.

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