LETTRE DE M. PERRAULT. — SEPTEMBRE
rité, comme je vous supplie de me conserver en l'honneur de vos bonnes grâces, puisque je serai à jamais fort véritablement ,
Monseigneur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,
fV rUjoone, « ,7 tej.len.bre 1M8. PeRRAI'LT.
Monseigneur ,
J'oubliais de vous mander que l'on fait toutes les diligences possibles pour retirer les prisonniers; il y en a déjà quantité de retires de La Meilleraie et de la Couronne , qui s'en iront vous trouver au premier jour : son altesse ne perd point de temps, et je vous puis assurer, monseigneur, qu'elle en prend autant de soin que des siens, et continuera, comme elle en a bien sujet.
M. le prince de Condé transmet une lettre du roi à M. l'archevêque de Bordeaux , au sujet du désarmement de la flotte.
LETTRE DE M. LE PRINCE
A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAl X.
Monsieur ,
Depuis ma première lettre écrite, les volontés du roi sont arrivées; en vain vous les ccrirais-je puisque >ous les verrez par la copie des lettres de sa majesté que je vous envoie. Je crois que vous ferez bientôt un voyage en cour, au moins le crois-je bien nécessaire; si je vous avais vu avant une heure , ce me serait un grand contentement ; mais néanmoins je remets le tout à votre prudence. J'espère être il Bordeaux dans le 1 8 ou 20 de ce mois. Nous verrons quelle obéissance rendront au roi MM. d'Êpernon et de la Valette, et vous le ferai savoir. Je suis bien résolu de faire obéir le roi , et n'aurai jamais plus grande passion que d'être cru de vous, Monsieur ,
Votre très-afFectionné à vous servir,
Henry db Bourbon.
BVroone. ce 3 octobre 16J8.
LETTRE DU ROI
A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX
Mous, l'archevêque de Bordeaux , voyant la saison de faire retourner dans mes ports les vaisseaux dont mon armée navale est composée, je vous écris celte lettre pour vous dire que mon intention est que vous suiviez les ordres que vous recevrez de mon cousin le prince de Coudé, pour tout ce que j'entends être fait pour le désarmement desdits vaisseaux jusqu'au printemp prochain ; et quant aux régiment* de la Mcilleraie, de la Couronne et des Vaisseaux qui sont sous votre charge en madite année , vous envoyiez les deux premiers en garnison en Poitou et le dernier en mon pays d'Aunis , es lieux que vous concerterez pour cet effet avec le sieur de Villemontée, auquel j'envoie ordre de leur faire fournir ponctuellement la subsistance, suivant mon règlement du 24 juillet dernier, et j'écris aux sieurs grand -prieur de Champagne et comte de Parabère pour faire recevoir ces régiments es lieux où vous les enverrez. A quoi je n'ajouterai rien pr cette lettre, que pour vous confirmer que j'ai une entière satisfaction de vos services, et prie Dieu qu'il vous ait, mons. l'archevêque de Bordeaux, en sa sainte garde.
LOUIS
Slblet.
Écrit i Sjint-Gcrituiti cn-Laye, le 4 octobre 16Î8.
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU
a m. l'archevêque de bordeaux , tolcha.vt le désarmement des vaisseaux et le déplaisir du mauvais succès de fontarabie.
Monsieur ,
On vous a déjà mandé qu'on se remet à vous de faire votre desarmement quand vous le jugerez à propos, et qu'on estimait meilleur, comme vous l'avez proposé, d'envoyer tous les vaisseaux à Brest, hors huit que vous enverrez au Havre, entre lesquels il y aura deux bonnes frégates.
LETTRE DU CARD. DE RIClffiLIEU. — OCT. 1638. 85
Après que le désarmement sera fait, ce sera à tous à pourvoir aux choses nécessaires pour mettre de bonne heure en mer l'année qui vient, et vous n'aurez garde de manquer de fonds à cet elTct, puisque, outre celui que M. le marquis d'Alluyc a envoyé pour les ouvrages de Brest, ainsi que vous l'avez désiré, vous avez encore le» 00,000 livre» que le sieur Foucoult vous porta pour Gattari, qui vous tiendront lieu d'une avance que nous eussions demandée pour l'année prochaine.
Vous mettrez les régiments de la Meilleraie et de la Couronne aux lieux que vous avez proposés , en vertu des ordres que l'on vous envoie, et donnerez ordre que l'année qui vient ils soient de bonne heure prêts et complets. On n'estime pas à propos de faire aucun retranchement de ces troupes. Vous verrez, s'il vous plait, si vous ne pourrie/, pas faire faire six bonnes frégates à Brest , propres pour la guerre, ou en d'autre port de Bretagne.
Nous en avons besoin pour la Manche ; et on les fera mieux, à mon avis, en ces quartiers-là qu'en ceux-ci, à cause que le bois et les ouvriers y sont meilleurs. Seulement faut-il observer une chose, qui e»t de choisir du bois sec et les faire faire en une saison OÙ apn-s laquelle les bois ne diminuent pas, ce qui arrive quand ils sont faits l'hiver.
Vous verrez aussi si l'on peut faire des poudres eu Bretagne , et s'il s'y trouve des salpêtres. Je tâcherai d'en faire provision de deçà, mais il est fort diflicile.
Vous me ferez plaisir ensuite, en venant ici, de passer au Brouage, voir et dresser des mémoires de tout ce qui y reste à faire, afin qu'étant ici nous y donnions ordre ensemble pour l'année qui vient. Vous m'obligerez de faire examiner la ierme de Saulgeon et voir tout ce qu'il y a à faire , comme aussi visiter la maison de Coze pour résoudre , lorsque vous serez de retour, de laquelle des deux nous uous servirons.
J'ai reçu diverses de vos lettres qui imputent le malheur de la perte de Fontarabie à M. de la Valette, mais le tout est d'avoir les preuves des faits que Cou lui met à sus, lesquels il nie formellement. Vous remarquerez aussi qu'il y a beaucoup de prisonniers qui rapportent de> choses importantes en ce fait : il est important de les faire ouïr. Sa majesté a envoyé M. de la Pottcriepour informer, avec M. de Machault,
contre tous ceux qui ont manqué en cette occasion; reste à leur administrer des témoins qui soient sans reproche.
Je trouve fort bon la proposition que vous faites de bailler des petits vaisseaux de l'armée aux capitaines qui en demanderont pour faire la guerre aux Espagnols, le long des côtes d'Espagne, tout l'hiver, à condition qu'ils rendront lesdits vaisseaux an même état qu'on les leur aura baillés, ainsi que vous me l'avez écrit.
Enfin , je me remets de toutes choses à ce que vous estimerez plus à propos, et vous assurerai toujours que je suis, autant qu'on le peutétre,
Monsieur, votre très-allectionné comme frère à vous rendre service ,
Le Cardinal de Richelieu.
n« Paris. c* 6 octobre
Nous étant venu avis qu'il est sorti nombre de vaisseaux dunkerkois qui sont allés à la Manche pour attendre les vaisseaux français qui viennent de la pèche des vendanges et ceux des compagnies établies pour les nouvelles colonies, le conseil de la marine estime qu'il est bien à propos que vous envoyiez un certain nombre des plus petits vaisseaux de l'armée que vous jugerez à propos ver» Portland 1 , l'Ile de Wight " et le Casqucl 1 pour y demeurer le reste du mois pour garder la Manche et mettre, par ce moyeu, les marchands français en sûreté : vous y pouvoierez promptement s'il vous plait.
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELLEU \ M. l'archevêque de bordeaux, touchant la préparation