LETTRE DE M. DE LA MOTTE. — JLÏLL
vous mande la même chose, que les ennemis s'assemblent tous à Tortose, et que le marquis de Lcgauez y doit être le 22 de ce mois, à dessein de nous venir attaquer; j'espère que s'ils l'entreprennent qu'ils y seront battus. Us font venir tous leurs vivres par mer, à l'embouchure de l'Èbre. Vous jugerez, monsieur, ce qui se peut faire là-dessus, et si des chaloupes , ou par quelqu'autrc moyen , on ne les pourrait pM incommoder. Je vous donnerai tous les avis que j'aurai; je vous prie aussi de me mander ce que vous apprendrez , et de me croire toujours ,
Monsieur, votre, etc.
Lamotte-Hoii dancourt.
Au rxm'p île G.nsUnlin", ce 1 8 juillet if.ji.
LETTRE DE M. DE LA MOTTE-HOUDAINCOURT
A M. L'ARCHEVEQUE DE BORDEAUX, TOUCHANT LES PRÉPARATIFS DES ESPAGNOLS POUR SECOURIR TARRAGONE.
Au r»ro|) de CmUUntin, le 19 juillet lC'|i.
Monsieur,
J 'ai reçu celle que vous m'avez fait la faveur de m'écrire, et les nouvelles que vous m'avez envoyées. Je crois bien que les ennemis peuvent avoir débarqué quelqu' infanterie pour les mêmes raisons que vous me mandez , et ne doute point que le marquis de Leganez ne tente de faire bientôt un effort. Je mets tous les ordres possibles pour y résister, et espère qu'il ne secourra pas la place par ce moyen-là, sans que nous fassions un grand combat. Pour ce qui est de la cavalerie, que vous me mandez qui est entre Tortose et le col , je ne peux croire qu'ils y en aient, parce que je n'en ai point de nouvelles par les personnes que j'envoie sans cesse de ce côté-là, d'ailleurs qu'il n'y a point de villages ; mais je sais bien que toute leur cavalerie est en quartier au-delà de l'Èbre. Je me promets d'en avoir des nouvelles demain le matin. Je vous ferai savoir tout ce que j'apprendrai, et je serai toujours
Votre très-humble et obéissant serviteur,
Lamotte-Houdanoourt.
La lettre suivante, de M. le cardinal de Richelieu , est relative aux douze galères brûlées et mises à fond , par M. de Bordeaux , et aux punitions qu'on doit infliger aux capitaines qui n'ont pas fait leur devoir. M. de Richelieu annonce aussi la perte de la bataille de Sedan , la mort de M. le comte de Soissons, la continuation du siège d'Aire, et le gain de la bataille des Suédois contre les impériaux en Allemagne.
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU
A M- L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX-
Oc Rein», le 19 juillet ■âji.
Monsieur ,
J'ai été extrêmement aise des douze galères qui ont été brûlées , mises à fond ou prises par votre soin ét par vos ordres.
Je ne crois pas que les ennemis puissent tirer grand profit des vivres qui leur ont été déchargés, tant pour ne pouvoir pas être en grand nombre, a mon avis, que parce qu'ainsi que rapporte votre gentilhomme , la plus grande part ont été mouillés d'eau de mer.
Je suis bien foché qu'il y ait eu dix galères qui n'aient pas fait leur devoir. Si vous m'aviez mandé leurs noms et la qualité, et spécifié les fautes , vous recevriez avec cette dépêche des ordres plus précis pour le châtiment particulier des officiers qui ont mal fait. Cependant, après avoir témoigné au roi ce que vous m'en avez mandé, il m'a recommandé de vous écrire que vous suspendiez les officiers qui ont mal fait, et en commettiez d'autres en leur place; ensuite de quoi vous verrez qu'on saura bien maintenir ce que vous avez fait.
Je juge, comme vous, du tout nécessaire de purger les galères de tous ceux qui sont plus après au revenu qu'au péril qu'il faut courre quelquefois en faisant leur charge.
Je ne sais comme il se peut faire que vous n'avez point encore les trois galères de Marseille , y ayant plus de trois semaines que M. de Forbiu a écrit, de deçà , qu'elles étaient parties.