AVIS DE L'ENTREPRISE SUR UNE PLACE DESPAGNE
L'on peut surprendre C. ... 1 en Galice, bon port, avec quinze ou vingt vaisseaux , faisant débarquer quatre mille hommes.
Les portes de la ville n'ont ni pont-levis ni ne sont terrassées , ayant seulement trois ou quatre pouces d'épaisseur. De sorte qu'avec des pétards de dix ou douze livres seulement , l'on peut se faire entrée la nuit dans la place par ces différents endroits.
Il n'y a pas dans la ville et dans le faubourg plus de cinq cents hommes de guerre , hormis qu'à présent il y a des recrues qui attendent pour passer en Flandre.
Pour le château , qui est dans la mer, il faudrait avec des barques s'en approcher aussi la nuit, et mettre le pétard à la grande porte. Il n'y a dedans, pour l'ordinaire, que vingt hommes , et l'on ne peut pas y en mettre plus de cent. L'on peut faire la descente par trois dillérents endroits.
Pour la sûreté de l'exécution de cette entreprise, il serait à propos, avant que de s'y embarquer, d'envoyer quelque petit vaisseau anglais, pour voir si la place est encore au même état qu'elle était il y a cinq mois.
' En blanc dans l'original.
LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU. — JU1L. 1 G30. 1 1 5 M. le cardinal engage M. de Bordeaux à poursuivre sou dessein contre la Corogne.
LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU
a m. l'archevêque de bordeaux, touchant lb dessein de la corogne. lequel il approuve et la prise de uesdin.
Monsieur,
Je suis très-aise que la grande tempête que vous avez soujTci-te ne vous ait point fait perdre de vaisseaux. Les marchands ne gagnent pas toujours : c'est beaucoup en certaines occasions de ne rien perdre.
Je vous renvoie une ponctnellc réponse à ce qui m'a été proposé de votre part , par le sieur du Ménillet. J'espère qu il se présentera quelque occasion dans laquelle vous pourrez faire quelque chose de bon ; et pour moi , je vous avoue que je ne désespère pas que , sans hasarder l'armée, vous puissiez rompre l'estacade de la Corogne, cl avoir lieu ensuite de brûler les vaisseaux des ennemis.
Je vous ai fait ci-devant deux dépêches sur le sujet de la Hotte des Indes, mais comme les avis qui sont arrivés sont incertains, j'estime le dessein de la Corogne plus assuré.
Je ne vous mande poiut de nouvelles de deçà Nous avons pris
Hesdin, à la barbe du cardinal-infant et de Piccolomini. Cette place •'est trouvée' plus forte qu'on ne pensait.
M. le prince a pris Aupoul , le forl Sainl-Angc, et assiège maintenant S, lires. Notre flotte du levaul rivalise avec le ponant '.
' M. le cardinal de Richelieu faisait allu- mer au moi* de juin, mouilla quelques
«ho au combat de MM. le comte d'ITarcourt jours a la rade de Gourjan , prui.li>' de» île»
et de Pont-Courlav, rapporte par le I*. Four- Saintc-MargucriU1 et Saint-llunor.it, comme
nier ainsi qu'il suit : en un parafe fort avantageux pour veiller à
L'armée navale do roi « s nier» dn Levant, la conservation de* côtes de Provence et de
composée de bon nombre de vaisseaui et de Savoie.
gsièret, sous la conduite de monseigneur le Sur quelque^ avis de l'approche de vingtcomte d'Uarcourt, secondé du marquis de sept galère» ciincniie* , qui avaient dessein Unie, commandant les galères, se mit en sur \ illefranclie et Nie*, elles partiront de
MO
J'espère que vous ferez quelque chose de bon, et demeure pour toujours ,
Monsieur, «
Votre très-affectionné comme frère à vous rendre service.
Le Cardinal de Richelieu.
D'Abbeville, ce 8 juillet .63o,
ladite rade lea5 de juin, et malgré le vent qui «tait contraire , on surmonta le temps, et on se rendit à force de bras dan» le port de Yillefranche, les gros vaisseaux étant reiuort(ué» par les galères, chaloupes et Caïques. Si l'ennemi j fût arrivé plus tôt , les officiers de madame la duchesse de Savoie t eu de la peine a retenir le peuple et i dans leur devoir, et les forteresses de Saint-Souspir ct.de Montauban eussent été en danger. A la venue de l'armée navale du roi, les habitants de Nice se mirent sous les armes, et y demeurèrent deux jours et deux nuits, ne sachant quel parti suivre, de madame de Savoie ou du cardinal de Savoie.
A quelques jours de la , sur un autre avis que les galères de Naples, de Sicile et de Florence devaient débarquer deux mille soldats à Menton , proche de Mourgues et de Villefranche, le comte d'Haroourt envoya cinq de ses plus forts navires mouiller à la rade dudit lieu de Menton, avec deux brûlots , pour empêcher la descente aux ennemis. 4
Le 14 de juillet, un brigantin vint an bord de notre amiral, et lui dit qu'il avait vu, vers le cap Corse, un peu au-delà de Ligourne, doute grandes barques de guerre ennemies, et quinze , tant polacrcs que barques, qui faisaient force de voiles pour gagner Gènes, où les galères les attendaient.
. Un autre avis lui était donné que les galères prenaient la route de kW«lone ; M. le comte partit aussitôt, eu intention d'aller sur le cap d'Onille, les y attendre , mais le étant coutrsire, il ne put arriver
•, qu'il ne fût jour, I que les galères ennemies découvrirent les nôtres de fort loin, ce qui ne les empêcha pas toutefois de continuer leur chemin. Les outres crurent qu'elles voulaient combattre, venant droit a elles avec bonne contenance , de quoi le comte d'iiarcourt témoignant être ravi , donna ses ordres ; et ensuite le marquis de Brézé, assisté des avis du chevalier de Forbin , quittant le cap des vaisseaux , se range, avec ses quatorze galères , au poste qui lui avait été ordonné. Mais cette grande joie et allégresse française se ralentit aussitôt, lorsque les ennemis, ayant reconnu notre armée , tirèrent à la mer, et s'en allèrent sans lui rien dire. Elle les suivit bien quelque temps ; mais voyant que c'était en vain, elle relâcha à Saint- Remo, où deux galères de Gênes s'étant rencontrées I« comte d'IIarcourt commanda à trois des outres d'en prendre une, qui fut saisie sans |>cioe, parce qu'elle s'était tirée un peu au large ; l'autre échoua à terre et se fracassa entièrement pour sauver la marchandise. Le comte d'IIarcourt fit ce commaudement pour obliger les Génois à tenir mieux leur parole et garder plus fidèlement la neutralité ; et de là revint à la rade deGourjan, où il apprit une suspensiou d'armes entre les états do Savoie et du Milanais ; et attendant de nouveaux ordres de sa majesté , il envoya quatre vaisseaux à la mer, lui demeurant avec ses principales force» sur nos côtes, pour les garantir
venaient d'Italie en Espagne chargés d'infanterie Ces quatre vaisseaux , après a sou-
vent étant coutrsire, il ne put arriver à ronru toute la côte de Naples et une partie Saint-Rcmo, qui est au-delà du cap, où il de celle de Sardaiguc, revinrent se ranger