‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 61 sur 226 · MÉMOIRE. — JUIN · texte numérisé non relu

MÉMOIRE. — JUIN

Villefranche.

A Villefranche, il y a deux cents hommes de garnison, cl ont travaillé tant qu'ils ont pu à ôter la terre d'alentour de la place el à terrasser le rempart.

S.in«-S„Spir.

L'on travaille un peu à Saint-Suspir, mais la nécessité est telle, qu'il n'y a argent du monde en tout ce comté-là. Ils donnent le pain de munition aux soldats assez mauvais, et trente sous tous les dix jours en apprenec, mais en efîet ils ne leur donnent que deux sous par jour, soit en leur retranchant l'argent quand il vient au compte, soit en augmentant le temps ; force que le soldat les quitte pour s'enrôler dans les Vaisseaux des galères de Provence , ayant ordonné qu'on leur donnât une montre d'avance sur le fonds de ces deux régiments qui n'étaient pas complets-

L'on a , sous prétexte de la paix , baillé entrée à tous les Provençaux à Nice, mais tous les Niçois viennent prendre tout ce qu'il leur faut sur le bord du Var, où tous les Provençaux leur portent ce qu'ils ont affaire.

Le cardinal de Savoie a déclaré qu'il donnerait entrée à deux ou trois galères, ou à deux ou trois vaisseaux, et non pas davantage dans Villefranche.

Morgue».

Il ne s'est rien changé ni à la fortification , ni à la garnison de Morgues.

Final.

II ne s'est rien changé non plus à Final, excepté quelques petits travaux qu'on a faits à la marine, et à une demi-lune devant la porte du château. Il semble qu'ils aient alarme en ce lieu-là, parce qu'ils ont redoublé les garnisons.

En toutes les places d'Italie , les garnisons sont fort médiocres, tous les soldats ayant été tirés de l'armée, comme à Porto-Longone, à San- Stefano et autres.

<8f. LIVRE V. — CHAP. VIII.

Ifaple*.

Naples est en extrême nécessité, et on y use d'étranges tyrannies pour y avoir hommes et argent. On a bâti quelques galères là auprès.

La Sicile.

La Sicile a été plus de huit jours tout en révolte, et ont voulu tuer don Jean de Melos , leur vice-roi ; mais il s'est sauvé, et son capitaine des gardes a payé pour lui. Durant tout ce temps, ils ont crié Vive France ! mais maintenant ils disent mille belles choses, sous la crainte qu'ils ont du chAtiment du roi d'Espagne.

La mer.

Pour la mer, ils ont ladite escadre de galères ordinaires, mais fort mal armées; elles ne font maintenant qu'aller et venir pour porter et reporter des gens de guerre.

On fait de grands efforts à Naples pour mettre quelques vaisseaux , polaques et trirèmes en dehors, mais tout cela ne paraîtra que quand l'armée du roi sera en mer.

Voyant dans quelle inaction reste l'armée navale, M. de Bordeaux propose à M. le cardinal de l'envoyer contre les Maures qui assiègent Oran par mer.

Page 1