A M. LE CARDINAL DE RICHELIEU , LUI MANDANT QUE, NE POUVANT OBLIGER
les ennemis a combattre dans tous les ports qui leur sont acquis, il les va chbrcher en mer , attendant son voyage de barbarie.
Monsieur ,
Vous avez appris par la dépèche que je vous ai faite du golfe de Spezzia comme quoi nous n'avons pas attendu le retour de votre courrier pour aller chercher les ennemis, lesquels n'espérant pas surprendre dans ces côtes , ni les obliger à combattre s'ils ne veulent, les côtes de
' O qui est guillemeté est rayé dan» l'original.
Gènes , Livourne , Nice étant à eux , comme celle» de Naplcs et Sicile, j'y retourne encore, attendant l'escadre de ponant pour entreprendre le voyage de Barbarie, que j'espère deToir être heureux et honorable à son éminence. En ce faisant, nous pouvons aller à Majorque et à la côte d'Espagne qui regarde la Barbarie, et non en Sicile, qui esta l'autre bout du monde.
Nous les avons déjà fait cacher ; j'espère qu'à ce voyage que nous allons faire, Ferrandine sera obligé de faire le même , s'il ne veut combattre , à quoi nous ne pensons pas un instant.
Pour ce qui est des desseins, ils se feront selon les forces que vous donnerez et les moyens qu'on aura, prévoyant que, quand on aura des troupes, on n'aura pas les moyens qu'on a maintenant que l'on n'a point de troupes. Vous êtes si clairvoyant et si savant en toutes sortes d'entreprises, qu'en commandant une chose vous donnerez les moyens de l'exécuter. Pour les troupes, il est impossible que j'embarque un homme, ne leur ayant envoyé ni montre ni argent pour les faire subsister embarquées. Peut-être croyez-vous qu'elles soient en Figuières comme les régiments de Provence et des Galères. Si ces deux régimeuts de la Couronne et des Vaisseaux se dissipent, ne vous en prenez pas à moi, voyant deux autres régimeuts où il n'y a presque personne payés pour complets, pour huit montres, et eux ne recevoir pas un seul sou.
Je ne sais à qui m 'adresser ici pour vos marbres, auxquels il faut travailler dès à présent : davantage , s'ils passent dans les vaisseaux du roi, il faut commencer à les porter à Toulon ; et si l'on veut qu'ils passent daus les vaisseaux marchands de Saiut-Malo, il faut les faire préparer pour qu'ils soient chargés en octobre; en l'une ou l'autre façon, il faut que vous me mandiez à qui j'aurai à faire, et si votre éminence veut qu'on prépare des vaisseaux, et combien. Pour le moine, non seulement je lui pardonne ce qu'il a fait , aussi ce qu'il fera à l'avenir; car je sais (pie telles gens ont toujours os apertum. S'il y a quelque autre chose pour votre service, commandez, et vous serez obéi.
Vous ne vous êtes pas souvenu de nous envoyer une lettre pour le> prisonniers de France à Aix , pour empêcher que des religieuses n'occupent et ne gâtent le logis de M. de Guise à Marseille, qui est le seul
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lieu où le général des galères se peut loger, et où l'on peut faire un bagne. Si un plus grand dessein faisait songer à un établissement solide, cette maison est par le fonds du roi et bâtie des déniera du roi.
On ne travaille ni peu ni beaucoup aux fortifications de cette province, et ce lieu-ci en a bien besoin si vous le voulez assurer.