AVIS. — AOUT 164U
avoir l'arbre ' au milieu , et cet homme-là et ses gens habillés de même et parlant ce langage ici.
M. Peylieu continue d'instruire M. de Bordeaux des affaires d'Italie en l'absence de M. Bidaud; il informe M. l'archevêque que les galères du duc de Ferrandine viennent de tirer le coup de partance.
LETTRE DU SIEUR PEYLIEU
A M. L'ARCHE VKO' ' DE BORDEAUX
Mo>SEIGNElR ,
J'ai été relevé de la peine où j'étais de votre émincnce , par celle de laquelle il lui a plu m'honorer le 8 du courant , un bruit étant il y a deux jours en la place de cette ville, que les vaisseaux et galères que vous commandez avaient pàti une grande tourmente qui les avait séparés : je vois, Dieu merci, le contraire, dont je m'en réjouis infiniment.
Vous verrez, monseigneur , par la ci-jointe , que je vous avais envoyée aux îles en compagnie d'autres , que M. le commandeur de Guitaud m'a renvoyée, la hardiesse que j'avais prise eu l'absence de M. Bidaud, quoique inconnu a votre éminence, de l'avertir de ce qui se passait en ces quartiers, où les dix-huit galères de M. le duc de Ferrandine sont toujours attendant celles de Naples et Sicile; elles en ont encore trois du duc Doria , qui font vingt-une, lesquelles sont armées de cinq à six par ban de chiourmes et de «lix pierriers chacune. Li cnpitane en a vingt-quatre; de soldatesque, elles en ont fort peu et de marinerie presque point, une bonne partie ayant quitté à faute de paiement. Celles du grand-duc n'y sont point, ni il ne se parle point qu'elles doivent venir. Cette république n'a garde de prêter les siennes, à ce que m'a assuré un gentilhomme de cette ville; pour barques ni
tartanes on n'en arme point , c'est pourquoi je ne doute aucunement que si M. le duc de Ferrandiue se mettait à la mer pour combattre les vôtres , il n'eût de quoi se repentir.
Vous verrez, monseigneur, par la relation que j'ai reçue de M. d'Argenson , dont je vous envoie copie , ce qui s'est passé à Turin , d'où il n'est venu autre chose qu'un piéton, qui arriva hier au duc Doria , lequel, observant le silence, fait juger que les affaires des ennemis n'y vont pas bien. M. le marquis de Villeroy est, à ce que j'ai appris ce matin, sur le Montferrat avec dix mille hommes de pied et deux mille chevaux , et l'arrière-ban du Dauphiné se doit bientôt rendre à Pignerol, s'il n'y est déjà.
La copie de la lettre que je vous envoie , monseigneur , que M. de La Tour a mandée, fera voir à votre éminence que Turin n'est pas pour échapper aux armes du roi, non plus qu'Arras , ainsi que vous par la copie de la lettre de M. de Chavigny ; et pour obéir au < dément que votre éminence me fait de ne garder guère cette felouque, je finis , vous suppliant vouloir honorer de votre bienveillance celui qui n'en est pas moins ambitieux que de la qualité, Monseigneur,
De votre très-humble et très-obéissant serviteur ,
Pkylieu.
À G4om, oegaoût i6fa.
Je viens d'entendre tirer le coup de partance aux galères de M. le duc de Ferrandine, qui a fait embarquer tous ses soldats, qui étaient par la ville. Il y en a qui croient que ce n'est pas pour partir, ou bien pour se tenir en état de se défendre si vous le veniez attaquer.