‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 88 sur 226 · A M. LE CARDINAL. SUR LE DÉFAIT DE VIVRES ET LE MAUVAIS ÉTAT · texte numérisé non relu

A M. LE CARDINAL. SUR LE DÉFAIT DE VIVRES ET LE MAUVAIS ÉTAT

DE PORTO-LONOONE.

Du Irartn du mont ArgcnUro, k *) »oût 16^0.

MOKSEIO EUI ,

Des trois armées qu'il vous avait plu me faire l'honneur de me donner à commander, je suis réduit à la moitié d'une, les galères ayant fait ce que j'ai toujours espéré d'elles , qui est de prendre sujet sur le défaut de vivres quand il faudrait aller aux ennemis. Je viens d'apprendre par M. le maréchal d*Estrées, auquel j'avais envoyé étant par le travers de Civita-Vecchia, que tous les vaisseaux et barques de tapies préparés pour porter leurs secours étaient prêts à l'embarquer ; comme il a fallu y aller , M. le bailli de Forbin m'a dit ne le pouvoir, pour n'avoirpas de vivres; quand six capitaines particuliers ont déclaré qu'ils en avaient, il a déclaré qu'il voulait tout ramener ensemble; et comme mon ordre ne me permet pas «le me mêler du détail ni de la subsistance des galères, je ne peux faire autre chose que lui donner le congé dont je vous envoie copie , lui donnant huit vaisseaux de guerre, dont il y en a trois de cinq, six et huit cents tonneaux, et les autres de quatre et de deux, pour l'escorter ; de sorte qu'avec quelques vaisseaux quediverses nécessités ont ramenés, et deux que M. le général n'avait pas armés ayant diverti les fonds pour d'autres dépenses , je me trouve avec dix-neuf vaisseaux de guerre et huit ou dix brûlots; avec quoi , si les calmes ne me persécutent point , j'espère m'en aller droit à Raples et y battre les ennemis, qui ont vingt-quatre vaisseaux , trente-sept barques et polacres et quarante galères qui s'y peuvent trouver. Si Dieu conduit à fin notre dessein , j'espère aller à Tunis après, et de là

à terre, si votre érainence l'agrée, pour remédier à la gravelle, la goutte et la sciatique, qui ne m'ont point quitté depuis que je suis à la mer. Toutes les places des Espagnols sont en piteux état en ce pys et surtout Porto-Longone/qui n'avait pas pour huit jours de pain et n'avait que quarante hommes dedans. Un vaisseau est arrivé aujourd'hui de Naples avec trois cents hommes et toutes sortes de vivres et munitions, et est entré dans Port-Hercole à la vue des galères, sans qu'elles aient branlé, le calme empêchant nos vaisseaux de le joindie.

Il y a force autres particularités que je serais bien aise que votre émiuence apprenne d'un autre que de moi; vous avez daus ce corps et créatures et domestiques de qui vous pouvez savoir tout.

Votre éminence saura seulement de moi que si elle ne met ordre à donner des fonds pour payer les matelots de ponant quand ils désarmeront, pour leur donner moyen de retourner chez eux ou pour les entretenir dans le port, qu'elle se peut assurer que tous ses vaisseaux ne sortiront point Tannée qui vient des ports, et que nuls ponantais ne viendront jamais en cette mer , étant obligés de s'en retourner trois cents lieues à pied demandant l'aumône.

M. de Bordeaux informe M. le maréchal d'Estrées de ses projets de campagne.

A M. LE MARECHAL D'ESTRÉES

Le >9 »oôt i64«.

Je vous ai rendu compte , de Gènes, de l'état où nous étions avec Ferrandine ; depuis, quatorze galères de Naples, renforcées de dix-huit qu'ils avaient mises ensemble avec celles de Sicile, l'ont joint; mais les vingt-deux vaisseaux et les trente-sept polacresqui chargentà Naples le reste de leur infanterie et cavalerie n'ont pas encore paru. Je suis

vers le cap Argentaro , Monte-Christo ' et Cap Corse pour empêcher leur jonction. Si je les puis voir, je vous réponds de tout; mais je doute qu'ils partent , ou s'ils partent , je crains qu'ils ne prennent la cote de Barbarie. Je vous dépêche ce courrier pour vous supplier très-humblement de me faire l'honneur de me mander si vous en savez quelque chose, tant de leur passage que de leur partance. Je serais bien aise de savoir aussi la nouvelle que je reçus hier de la cour, dépêchée du G au ? , laquelle M. le cardinal et M. deChavigny me mandent tous deux; ^ous verre par là qu'il n'y a plus de difficulté à la prise d'Arras , que j'estime être maintenant entre les mains du roi, et que Turin le suivra de près.

L'on me mande que le marquis de Leganez fait démolir Nice-de-la- Pajllc , PotiMon , Acqui , Cengio et plusieurs autres petites places du Montferrat, afin de fortifier son armée de ces garnisons-là. S'il est réduit à ces extrémités, j'ai mauvaise opinion de ses affaires.

J 'ai grande envie de rencontrer ces. vaisseaux, afin de pouvoir prendre un peu de temps pour aller en Barbarie faire rendre tous les pauvres chrétiens qui y sont, ou déclarer la guerre à ces messieurs-là, afin de préparer une occasion où M. le cardinal Antoine puisse assembler toutes les forces de la" chrétienté pour aller faire la guerre aux infidèles, où j'espère être un de ses lieutenants.

Je vous supplie très-humblement , si vous avez quelques avis de Naples , de nous les envoyer à Civita-Vecchia, avec ordre de nous dépêcher une felouque pour nous les apporter où nous serons ; je tâcherai toujours de tenir, pour cet effet, correspondance avec lui , et puis il est malaisé que notre corps soit en ces côtes sans qu'il soit informé tb.i lieu. •

• Monte-Chrirto , ile de la Méditerranée pi es de U côte d'Italie . par <a* wt& et par 5/ 55" à l'E. de Pari».

M. Bidaud informe M. de Bordeaux des affaires d'Italie.

LETTRE DU SIEUR BIDAUD

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX

Monseigneur ,

Je suis bien étonné de voir, par l'honneur de votre lettre du 46, que vous n'ayez pas encore reçu ma seconde dépêche du 14, ni celle que je vous ai envoyée par votre felouque, qui , à vous eu dire la vérité , ne fait pas grande diligence; et pour la mienne, elle sera allée à droiture à Livourne (où je l'avais adressée à M. Rabut, en cas qu'elle ne rencontrât votre éminence), pour éviter la quarantaine qu'on prétend toujours de faire faire ici à ceux qui viendront de votre part ; si bien que je crois que vous jugerez , monseigneur, à propos d'écrire à ces seigneurs ou à moi, pour leur faire voir, que la pratique qu'ils vous ont accordée ne vous sert de rien , s'ils font faire quarantaine à ceux qui viennent ici de votre part ou qui ont été d'ici à votre bord, les assurant que le bruit qu'on a fait courir ici que vous aviez jeté plus de quarante corps à la mer, à Monterosso etPortO-Venere, est faux, et publié par gens ennemis du bien et repos publics; car il sera nécessaire pour le service du roi que j'aye encore l'honneur de voir votre éminence, et peut-être plus d'une fois; ce qui me sera difficile, et de lui renvoyer des felouques d'ici , si , au retour, on est exposé à une quarantaine.

Les galères d'Espagne sont toujours en Vay, où elles ont partagé Uinfanterie napolitaine sans que l'on sache leur dessein. Hier, il en fut une ici , de laquelle j'ai appris que le duc de Ferrandine voulait aller au-devant des galères de Sicile et des vaisseaux et barques qui portent la cavalerie; pour moi, je suis toujours d'opinion qu'il n'attend autre chose pour favoriser le débarquement d'icelle, mais de dire à votre éminence où il se fera , on ne peut. On m'écrit de Milan que le grandduc et les ducs de Parme et de Modène ont accordé le passage à ladite cavalerie par leurs États. Il faudrait, à ce compte, qu'elle débarquât à

LETTRE DU SIEUR BIDAUD. — AOUT 1640. 293 Piombino ou à Livourne. On me marque aussi que l'infanterie napolitaine est pour le Milanais, et je crois qu'ils n'ont point de lieu assigné pour le débarquement de ladite cavalerie, mais que ce sera où ils pourront éviter de venir aux mains avec votre éminence. Il est très-certain qu'il leur importe beaucoup plus que ladite cavalerie passe sur le Milanais que l'infanterie , le marquis de Leganez n'en ayant presque point, et il se fortifiera de l'infanterie des garnisons de Nice, Acqui et autres lieux qu'il fait démolir. On m'écrit aussi que l'on a jeté de la poudre avec des bombes dans Turin , mais que cela n'étant pas capable de pouvoir secourir la place, on a renouvelé le traité d'accommodement entre le roi, Madame et les princes, dont les Espagnols sont fort piqués

La grande lettre en chiffre dont vous parle M. de Bondy est sur le sujet de i'Altare, qu'il dit que madame de Mantoue achète de Sepoussi, marchand de Gènes , et que le pourrait donner aux Espagnols qui le tiennent déjà : il propose crue votre éminence l'achète pour le roi ; il faut qu!d imagine que c'est quelque grande place. Je crois que votre éminence est informée que c'est un vieux château qui n'est bon qu'à la main , à sept milles de Savone , et fort éloigné des places que nous avons dans le Montferrat et en Piémont.

Je vous envoie les avis que j'ai eus de Barcelonne. On nous dit que les Catalans ont naturalisé tous les Français qui sont en cette province-là. Je vous supplie de continuer l'honneur de votre protection et de vos bonnes grâces.

Je viens d'avoir avis que les galères ennemies sortirent hier de Vay ; mais elles ne seront pas allées loin, y en ayant une ici qui est venue prendre du biscuit et des rafraîchissements ; elles pourront être allées à Final. L'avis contient qu'elles passeront en Espagne avec l'infanterie napolitaine pour rapporter des Espagnols en Italie. Monseigneur, Votre très-humble et très-obéissant serviteur ,

BlDALD.

V M. IX CARDINAL DE RICHELIEU, LUI REKDANT COMPTE DE CE QU'IL A FAIT A LA CÔTE DE L'ELBE , CORSE ET 5ARDAIGNB.

De Porto-Vec*liio, le 3o août i«4o

M0N6EIGNEUR ,

Depuis vous avoir rendu compte du lieu où j'étais, j'ai toujours été sur les hauteurs de l'Elbe, la Corse et la Sardaigue, et le travers de

Civita-Vecchia, attendant la partance de l'un de Naples, laquelle

maintenant se fortiiie de douze vaisseaux de Pouille et Sicile. Avec tout ce, j'ai peine à croire qu'ils se mettent à la mer. Vos galères n'ont jamais voulu passer Civita-Vecchia; et, pour vous dire le vrai, le manque de vivres et d'officiers qui entendent la navigation, et de chiourmes aux galères, les met en état de n'oser quitter les pays amis. Us voulaient à toute force retourner en France, à quoi j'avais consenti, pour le peu de service que j'en tire; mais enfin j'ai cru qu'il fallait, pour la réputation, les maintenir le plus que je pourrais; et comme leur faiblesse m'empêche de le faire à la mer, je me suis résolu de les mettre dans le port de Livourne, où, s'ils ne font d'autre bien, ils empêcheront les Espagnols de le prendre et te grand-duc de donner ses galères. Si j'étais délivré de ce fardeau qui m'occupe une partie des vaisseaux pour sa garde, je tâcherais d'achever seul le voyage de Naples.

Cependant je fais reconnaître les ports et places de ces quartiers où se trouvent celles des Espagnols, bien dépourvues d'hommes etdemunitions, n'ayant que quarante hommes dans Porto-Longone et pour huit jours de vivres, à ce qu'on m'a rapporté.

Si votre éminence veut se servir des galères , il faut y mettre des capitaines, changer tous les lieutenants, et au lieu de vingt-deux galères , n'en entretenir qu'autant que vous avez de chiourmes pour les bien naviguer; et en ce faisant, vous serez terri et épargnerez un quart; et de ces fonds, je vous trouverai des gens de liberté qui , pour la paie, navigueront les galères légères, qui vaudront au moins autant que les autres, les matelots servant de soldats-marins et chiourmes; le tout ne

LETTRE DE M. L'ARCH. DE BORD. — AOfT 1040. '205

revenant, pour trois cents hommes, qu'à six mille trois cents livres, et les galères tous coûtent autant maintenant.

A M. RABUT, SUR LA RESOLUTION DU SÉNAT DE GENES TOUCHANT LA HRATIQIE POUR LES SOLDATS. IL DEMANDE DBS NOUVELLE» DU SOULÈVEMENT DE TORTOSB.

De Porto-Vecchio , le Jo *o0t 164...

Monsieur ,

Les trois felouques que vous m'avez envoyées ne sont arrivées qu aujourd'hui ensemble : elles ont un sort inexorable, car je ne bouge de toutes ces îles ici autour, comme vous aurez pu apprendre des divers

Pour la pratique, vous aurez su ce qu'ils m'ont offert à Gènes et comme quoi ils m'ont reçu, et ce que j'ai accepté, si bien qu'il serait superflu de vous en rien mander. Je vous dirai seulement que tous les

qui me sont venus voir sont retournés chez eux , et les felouques qui me sont venues voir sont retournées dans la ville sans quarantaine.

Pour les soldats français , ne permettez pas qu'ils prcunent parti , mais, si vous pouv ez, envoyez-les-moi. Chaque felouque en peut porter une vingtaine ; je les habillerai et pub les reporterai en France.

Vous aurez maintenant reçu une felouque, par laquelle je vous donnais avis de mon arrivée en ce lieu et vous demandais des nouvelles de Gènes et de l'armée de Naples, selon cela, je me résoudrai à aller à vous ou non ; mats j'ai quelques vaisseaux qui ont quelque incommodité que je serais bien aise d'y envoyer pour y travailler; mais il est inutile si l'on ne permet a notre commissaire et garde-magasin d'aller acheter dans la ville ce qui sera nécessaire, et aux marchands de travailler pour nous et poser leur besogne à nos vaisseaux. II faut que vous traitiez cela avec le gouverneur, préférant rester en pratique de vaisseaux à celle qu'ils veulent donnera ma personne et à tous les gentilshommes, qui n'y ont affaire que pour y prendre leur argent.

Tout ce que je désire le plus de savoir, c'est ce que deviennent les galères, si elles se séparent et si les vaisseaux de Naples se séparent; si vous le pouvez apprendre par votre ami , sera commencement de service, pour le présent que vous êtes d'avis de lui faire; maintenant, mandez-moi ce que vous estimerez qu'on lui doit donner.

J'ai bien envie aussi de savoir si le soulèvement de Tortose est véritable et si celui de Catalogne dure. Par votre quatrième dépêche, j'apprends le retour de vos maîtres de bagnes, qui s'excusent de ne m'a voir pas trouvé ; c'est leur paresse qui en est cause.

Sur la cinquième, je vous dirai que je suis trop obligé au sénat des compliments et des régals qu'il me prépare; je me contente de beaucoup moins , pourvu qu'il lui plaise donner plus de facilité pour avouée qui est nécessaire pour le radoub de nos vaisseaux.

J'ai reçu la lettre portant remerciaient des hardes de son ambassadeur; quand il voudra correspondre de son côté, il n'aura jamais que civilités et services de l'armée du roi.

Je voudrais bien que leurs douze navires de Sicile fussent déjà joints au corps, a la charge qu'ils missent plus tôt à la mer ; tâchez de découvrir ce que vous en pouvez apprendre.

Faites savoir au grand-duc que s'il veut changer la pratique personnelle qu'il me veut donner à celle des officiers de l'armée, qu'il m'obligera bien plus, pour aller choisir et acheter ce qui nous sera nécessaire ; et à dire le vrai , sans injustice, il ne le saurait dénier , car il y a deux mois que nous sommes partis et il n'en demande qu'un aux moindres barques du jour de leur partance.

Surtout mandez -moi ce que vous aurez appris des vaisseaux et galères, et de la pratique en la forme que cela demande. J'ai fait payer le patron comme vous me l'avez mandé, et j'ai grande impatience de savoir ce que veut cet homme qui passe à Pise. « Si vous m'envoyez le ff mémoire du présent que veut faire le grand-duc , vous me ferez « plaisir ' . »

Je n'ai point reçu le mémoire que vous me mandiez que vous m'en-

• Ce pamge guillemet* «rt rave din< Porigio»!.

LETTRE DE M. L'ARCH. DE BORD. — AOUT iOUO. '297 verriez. Je tous dépécherai demain une autre felouque. Si vous trouvez un nomme le patron Baptiste, de Gènes, qui vient de France, envoyezle-moi en diligence, et me croyez, etc.

M. l'archevêque de Bordeaux annonce à M. Bidaud qu'il cherche les ennemis.

A M. BIDAUD.

I* Porto- Vecchio, le îo loftt 16(0.

Mo.>SIELR ,

Vos dépêches des 1 4 et 1 9 août m'ont été rendues en même temps par trois felouques qui sont arrivées il y a environ deux heures, ne nous ayant pu joindre depuis qu'elles sont parties de Livoume, à cause des diverses routes que nous avons faites pour ôter connaissance aux côtes de notre armée et tâcher à rencontrer les ennemis, qui ont peine à se résoudre à partir de Naples.

Si Fcrrandine a tant désir de me rencontrer, je lui promets de lui en faciliter le moyen, soit avec vaisseaux, soit avec galères.

Je suis en peine de Turin , de la poudre que vous me mandez être entrée; mandez-moi à Livournc ce que vous en saurez, etd'Arras aussi , que je présume maintenant pris.

J'écris à ces messieurs de Gènes pour cette pratique des felouques et de ceux que vous voudrez envoyer ; vous disposerez de la lettre comme vous verrez bon être.

Pour ce qui est des morts jetés à Porto- Vecchio , cela est si faux que pas un des vaisseaux n'y a entré, et que les seules galères y ont entré une nuit, et encore moins à Montenotte, mais simplement faire de l'eau à une terre où l'on a été deux heures sans mouiller.

Pour le passage des troupes qui iront assurément en Italie, infailliblement leur destin est de décharger vers Piombino, car, outre que leur transfert est plus court, c'est qu'ils ont tout autour des ports pour il. 38

leur descente j c'est ce qui me fait opiniàtrcr ma demeure à celte terre de l'Elbe et de la Corse.

Mandez-moi quel traité c'est qu'on a renouvelé entre les princes, Madame et le roi, et si cela finira le siège de Turin.

Je ne suis pas d'avis de nous embarrasser dans une affaire de guerre, mais seulement que vous en donniez avisa la cour.

Tout ce qui me presse le plus à savoir, est ce que dev iennent les galères d'Espagne, si elles y retourneront ou si elles mouleront ici haut ; il ne faut qu'envoyer vos lettres à Livourne ou à Porto- Vecchio.

Je suis fort en peine du vieux patron Baptiste, lequel n'est point revenu depuis que je l'ai dépéché pour Sainte-Marguerite partant de Gènes; mandez-moi ce que vous en savez.

Des Aileurs m'écrit que le grand-duc a changé d'avis et qu'il a envoyé force officiers pour me recevoir avec pratique pour ma famille et quinze gentilshommes.

J'ai reçu le duplicata de votre dépèche et du mémoire de votre homme de Naples, par le patron Baptiste. J'ai , etc.

Cette note, adressée à M. de Bordeaux , contient d'assez grands détails sur les projets de l'ennemi.

Page 1