‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de Sourdis archevêque de Bordeaux. Augmentée des Ordres, instructions et lettres de Louis XIII et du cardinal de Richelieu à M. De Sourdis concernant les opérations des flottes françaises de 1636 à 1642Chapitre 99 sur 226 · LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU. — OCT · texte numérisé non relu

LETTRE DU CARD. DE RICHELIEU. — OCT

raisonnable aux soldats des vaisseaux que vous proposez de faire serv ir' à terre durant l'hiver.

Je vous ai déjà écrit plusieurs fois qu'on ne peut juger tous les vaisseaux que vous avez pris, faute des chartes-parties, lesquelles vous ave/, retenues. Reste donc que vous les envoyiez, ce qui est du tout nécessaire pour faire voir que les prises que vous avez faites ne sont pas injustes , et qu'on n'a pas retenu depuis quatre mois ces vaisseaux à Toulon sans raison.

Si les trois derniers vaisseaux que vous avez arrêtés à Naples en ce dernier voyage , ne sont pas de bonne prise, vous les laisserez aller.

Je vous renvoie le méinoh-e que le sieur de Montoutre m'a donné de votre part, avec la réponse en marge de chaque article. A quoi me remettant , je ne vous ferai celle-ci plus longue que pour vous assurer que je suis ,

Monsieur,

Votre aireclionné comme frère à vous rendre service ,

Le Cardinal db RfCULlEU.

De Ruel, ce an octobre id^o

J'ai trouvé le sieur de Montoutre si malade de sa fièvre-quarte , <|iie je n'ai pas été d'avis qu'il s'en retournât vous trouver.

AU SIEUR DP. LOYNES, SECRÉTAIRE DE LA MARINE, TOUCHANT I.'ÉTAT DES VAISSEAUX DU ROI.

IV Candie, le at oclobrc i6}o

MoNBlBUR ,

J'ai reçu vos lettres des 23 et 27 août et 30 septembre , le même jour, le 1 8 octobre , que je suis arrivé au Porto-Ferrajo ; ensuite d'un ordre du roi, ayant toujours été dam les cotes de Naples pour empêcher le secours de ce royaume; à quoi nous avons fait ce que vous aurez appris par Montoutre. Si nous eussions eu quelques galères, l'affaire ne se

fut pas passée si doucement. Maintenant je vous parlerai sur les trois

points dont tous m'avez écrit.

Pour ce qui est du juge de la marine , il est de part de tous les armements et de toutes les ventes; et de fait vous trouverez que tout a été vendu à la moitié de juste prix, et principalement les meubles du cardinal de Savoie; et puis ils retiennent l'argent, dont ils se servent, et le plus souvent, à ce que l'on croit, il suscite des réclamateurs avec lesquels il s'accommode , moyennant un certain prix , qu'on dit être de quinze ou vingt pour cent sur le pied de la prise. Ce dernier n'est pas bien vérifié ni travaillé, mais je vous puis dire que ceux de Gènes sont venus me faire cette proposition dès que les vaisseaux ont été arrêtés.

Pour le second point, qui est les sept vaisseaux arrêtés, il y en a quatre qui ne pourront recevoir difficulté, qui sont trois anglais, et celui qui se disait de Dantzick. Pour les raisons portées dans le mémoire que je vous envoie, je n'ai pas voulu qu'on écrivît lesquels; et pour cet effet je garde toutes les lettres et chartes-parties que j'ai pu rencontrer, laissant seulement les livres de cargaison , des écrivains pour faire l'inventaire des balles et quelles, et maintenant je ferai faire l'inventaire; mais si vous renvoyez au juye de l'amirauté de Toulon , tout se dissipera. J 'espère que la prise des quatre vaisseaux pourra montera trois ou quatre cent mille francs, y compris le corps des vaisseaux, que, si on me croit, on rendra aux Anglais et non celui qui se dit de Dantzick.

Pour ce qui est des montres et radoubs des vaisseaux , je suis ravi que vous en ayez donné l'ordre à M. Lequeux , lequel s'en acquittera dignement; mais de penser contenter vos équipages de ponant qui ont été huit mois à la mer , à qui il faut deux mois pour s'en retourner , il ne se fera pas , et vous verrez par expérience ce qui en réussira ; et de croire que l'éloquence de M. Lequeux les puisse persuader de ramener les neuf vaisseaux que M. de Noyers m'ordonne de renvoyer , j'en doute. Je leur donnerai l'ordre qui dépendra de moi.

Quand ces neuf vaisseaux seront partis, l'on ne doit plus faire état d'armer en cette mer tous les vaisseaux que nous y avions laissés, étant en tel état qu'il n'y en a eu que deux qui aient pu tenir la mer avec moi. Us sont tous sans câbles ni voiles, mais, ce qui est de pis, est que

comme ils ont été mal entretenus et que ce sont vieux vaisseaux auxquels on n'a ps remédié comme j'ai fait faire à ceux de delà, à mesure qu'il a paru de la pourriture ou du bois échauffé qui a gâté tout celui qui l'a approché. Le Saint-Michel et le Pèlicorne sont en cet état-là , et le Forbin inutile à tout service. Pour les dragons, vous les connaissez et en parlerez à son emmenée si vous le jugez à propos. Pour les galères , elles ont fait comme par le passé, et comme elles feront à l'avenir s'il n'y est remédié. Adieu, etc.

M. Bidaud à M. de Bordeaux sur les affaires d'Italie.

LETTRE DU SIEUR BIDAUD

A M. L'ARCHEVÊQUE DE BORDEAUX

Monseigneur ,

J'ai eu l'honneur de vous écrire trois lettres depuis hier par l'ordinaire de Lyon qui partit au soir, et par le patron Barthélémy qui a pris la même route ce matin avec les dépêches de MM. le duc de Parme et du Houssaye. Depuis, j'ai reçu la faveur de vos ordres par la pa tache, du 13 de ce mois, que je dépêche à l'instant et les deux felouques des patrons Baptiste aussi, dont votre excellence était en peine, pour n'avoir rien à ajouter aux avis que je me suis donné l'honneur de vous envoyer par mesdites précédentes , que les galères de Naples, Sicile et du grandduc étaient parties au nombre de vingt-deux dudit Naples, sans vaisseaux ni polacres, avec environ deux mille hommes, qu'on croit qu'elles débarqueront à Final ; et d'autres veulent qu'elles les porteront en Espagne, mais elles passeront ici, et on les attend dans peu de jours, et trois autres galères qui viennent d'Espagne , chargées d'argent , lesquelles remporteront le marquis Castagniera, qui est ici; elles toucheront toutes en Vay, et jusqu'à ce qu'elles aient débarqué leur infanterie, elles n'entreront point dans ce port.

L'on ne dit rien encore des prises que votre excellence a faites sur la princesse Doria; si on en parle, je répondrai ainsi que vous m'ordon-

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nez, et verrai d'échanger les hommes qu'on vous a pris à Porto-Hercole et de faire écrire par le duc Doria qu'ils soient bien traites, afin que les siens ou ceux de la princesse sa nièce le soient aussi. Cependant je ferai savoir à ces seigneurs ce que votre excellence m'écrira sur ce sujet des Français qui sont ici dans les galères de la république assez injustement, afin qu'ils soient tous résolus quand vous les leur demanderez ; mais ils sont si Espagnols , j'entends ceux qui sont aujourd'hui dans le gouvernement, qu'ils aimeront mieux exposer leurs sujets que de iflàcher les Français pour ne déplaire à l'Espagne. Il est très-important néanmoins de le faire sentir à ceux qui la servent, fort rudement, et se ressentir aussi, comme je me suis donné l'honneur de vous écrire , de l'argent que Tafeti doit, dont on ne peut avoir justice.

Je vois bien, par la lettre de votre excellence, que la réponse de M. le duc de Parme s'est perdue avec celles de la cour, de M. de Guitaud et les miennes. Je n'ai reçu de votre part, de Naples, qu'une lettre pour M. Verne, si bien que celles que vous m'accusez pour son éminence et la cour seront aussi perdues; car je n'ai point de nouvelles du paquet que M. Rabut a consigné à un gentilhomme génois, ni d'un autre qu'il me mande, du 22, avoir donné à un gentilhomme florentin, qu'il ne me nomme point non plus, quelques jours auparavant. Je suis au désespoir de voir tant de dépêches perdues. Ces messieurs de Paris vous diront en quelle peine est M.duIIoussaye. Si j'étais assuré que l'escadre des vaisseaux qui est encore par ces mers s'approchât d'ici, je lui manderais de venir à Sestri pour prendre l'occasion de se jeter dedans.

Je vous supplie de me renvoyer incontinent le patron Barthélémy , afin que, sur vos réponses , il prenne ses résolutions pour sortir de Parme; car je crains que son séjour ne préjudicie à son altesse. Faitesmoi la grâce de continuer l'honneur de votre protection et de votre souvenir,

Monseigneur,

A votre très-humble , très-obéissant et très-fidèle serviteur.

BlDAUD.

A G*ae* . le i3 octobre 1640.

OCTOBRE 1640. 347 M. Bidaud annonce à M. l'archevêque de Bordeaux le départ des vingt-deux galères d'Espagne et deux mille Napolitains allant débarquer à Final, et dont la cavalerie était passée par la Pouille avec don François de Mélos.

LETTRE DU SIEUR BIDAUD

A M. l'aRCIIEVÊQCE DE BORDEAUX.

Le patron Barthélémy ayant su à Livourne, par l'escadre de vaisseaux (jue vous aviez laissée en cette côte, que votre excellence était aux îles, il a repris ce chemin pour y aller; je me sers donc de l'occasion pour réitérer à votre excellence l'avis que je lui donnai hier de la venue des vingt-deux galères de Naples, de Sicile et du grand-duc avec environ deux mille Napolitains, qu'on croit qu'elles débarqueront à Final; mais la cavalerie s'est débarquée et passé par la Pouille et l'État des Vénitiens avec don Francisque de Mélos. On attend aussi d'Espagne trois galères chargées d'argent , qui viendront en droiture en Vay, et un vaisseau d'Hambourg est sur son départ pour l'Espagne, chargé de diverses marchandises qu'il a prises en Sicile. Je vous supplie de m'avouer toujours,

Votre, etc.

Bidaud.

A U£nei , le j i octobre i&jo.

Par la lettre qui suit , M. l'archevêque de Bordeaux répond à celle que M. le duc de Parme lui avait écrite touchant ses desseins sur l'Italie, qu'ils peuvent entreprendre avec les forces du roi et les siennes au printemps.

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