‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 10 sur 171 · PROJET DE REPRÉSENTATION. — JANVIER IC · texte numérisé non relu

PROJET DE REPRÉSENTATION. — JANVIER IC

le nord pour ses bons vins; elle n’a forlilic.'ilion qui vaille^ la i-ade n'en vaut rien; il y a intime un petit môle qui ii’cst guère meilleur. Tout ce qu’on pourrait faite à eette ville-là, c’est «pi’ètant dans le pays avec une très puissante armée tic mer et de terre on la pourrait faire composer à un million d’or, et rendre l’usure du vin qu'ils nou.s vendent tous les jours.

Si on demeure d'accord de queltpte entieprisc, les amiraux tant tie France que de llollaude n’en seront avertis que par un parpietqiii leur sera donné pour être ouvert quand ils seront cinquante lieues auiaqje, bien entendu que chacun mettra dans son vaisseau six ou huit mois ■le victuailles, selon qu'il sera résolu pour être employé à l'exérutiou des desseins qui leur seront prescrits. '

Plus avant dans le détroit, il y a une petite ville nommée Cartagène ', connue à un chacun pour la quantité de laine qui s’y charge tous le.s ans pour Venise et ailleurs; elle n’est point par trop fortifiée,’ et se pourrait emporter par un siège, à rause que le port est excellent et (pte l'aimée navale y peut demeurer en sûreté, et à toutes heures secourir et aider celle de terre; mais comme ce lieu-lh n’est pas grand passage comme Gibraltar, Calix, Rayonna , la Cologne et autres lieux,' le lieu n’est pas de grande importance.

Plus avant est encore la ville d’Alicant*, sans fortification, sinon du canon pour défendre les navires, qui n’est pas moins connue à tout le moade que celle de Cartagène , à cause des mêmes marchandises qui s'y chargent tous les jours. Il y a une belle rade, comme aussi un petit château , si élevé qu’il ne peut endommager quoi tpie ce soit ; mais le passage n’y étant pas comme aux lieux ci-devant nommés, cela fait qu'elle n’est pas aussi de grande considération.

Tout auprès il y a la rade de la Mathe , où il y a un port où l’on charge le meilleur sel qui vienne au nord.

' Carthafféne , sur la c6t« S.*-E. de I'Ea> * ^UennU, sur la c«le pagoe prêt du cap de Pâlot qui lui reste son port est maioteoant jbte» defeudu à rO. Elle domine une superbe baie qui de forts bastions. ^

forme un des tneilieurs ports de TEuropc.

Par-delà il y a un poi't nomme les OlTaces , lequel «itant désert pei'* suiiiic «l’y va.

Plus avant est la baie de Roses', qui est fort bonne, où est le i-ende*vous général des vaisseaux et galères des E.spagnoIs, à cause de la guerre qu'ils ont avec nous en Levant, ne pouvant les tenir à Barcelonne manque de port.

Je ne parlerai point d'une infinité de lieux où leurs galères se retirent, d'autant tpie cela serait inutile.

Plus, les liés de Madères * et E.ssorbs : je n’ai rien à dire là-dessus, sinon que, n'y ayant point de bavie pour attendre les Hottes des Iniles, on n’estime pas qu’il y eût beaucoup d’iionneurdemenerde puissantes armées en des îles où il n’y a rien à faire , et qui ferait dire qu’on n'aurait osé aller les attaquer en la grande terie.

A f Polu’ conclusion , si on désire d’entreprendre quebjue oliose d’où * l’on^ veuille remporter de l’honneur et de réputation, il faut que ce soit sur l’une de ces cpiatre grandes places de l’Ucéan , ci-devant nommées, savoir : la Corogne, Bayotina, Calis et Gibraltar, tant pour la commo<lité de la navigation que pour la divei'siou (pi'il y peut avoir, si ce n'est qu’on voulût, avec coii'espondance avec tous les habiUints, faire soulever tout le Portugal ; car de s’amuser à faire des armées ordinaires, iju’on ne peut employer qu'à piller et ravager de petites places le long des côtes, n’était <(u’il làut de nécessité en avoir quand ils en ont, on estime qtie c’est plutôt faire le service d'Espagne^que de l'incommoder, d’autant tpie nos armées ne laissant pas d'aller à. de glandes dépenses , et que le tort qu’elles font est de si peu de considération pour le corps de l'État, mais seulement les particuliers, de la conservation desquels les ennemis ne se soucient guère, qu’il vaudraitjmtant n’en point faire, si on n’y était contraint tous les ans à » cause de la leur, tant pour conserver notre pays que pour foire la guerre par bonneur, et les aller chercher comme nous avons fait par le passé.

’ li«w él Vêle de Hoses , Mir Is cAte de le cap de Quic. Cette l«ie reçoit son nom de CatàJO]{ne E. de fEspagiie, dans la Méditer- l.t ville située dans la |iartie du ritticc; rilecBt compriv PQtrc 1o np Brgu et ' llr île l'Oci^a atUiiliquCf à la fronti^c

des «enu alitéi.

Page 1