‹ Correspondance de Henri d'Escoubleau de SourdisChapitre 129 sur 171 · JUIN 1G · texte numérisé non relu

JUIN 1G

M. de Noyers prie M. de Bordeaux de lui donner ses avis sur les améliorations à apporter dans l’organisation militaire de la Provence et des îles.

LETTRE DE M. DE NOYERS

A H. l’archevêque de BURDEAIX.

Monsieur ,

Si les eflTeU suivaient la parole et les promesses, vous auriez déjà le remplacement de partie de vos foixls; mais quoi que nous ayons pu fa ire, nous sommes encore dans la poursuite de nos lettres de change. Vous croyez bien qu'il ne tient pas à nous ni à nos sollicitations, et (|ue nous ne les quitterons tpic votre fonds ne soit parti.

Sou éminence jugeant à propos d’apporter quelque meilleur onlre (pi'il n’a été fait par le passé aux alTaires de Provence, m’a commandé de vous écrire (fxe, procul ab odio et gratia, vous nous en mandiez vos sentiments, et que tout présentement au moins, vous m’envoyiez par le pi'ésent ordinaire quel nombre de gens de guerre vous estimez devoir être entretenu tant dans les places et les ports que dans les des.

L'on estime par deçà que trois mille hommes cll’ectifs siifliront , savoir : six cents à Sainte-Marguerite, quatre cents à Saint-Honorat , six cents aux divem forts des Iles d’Hycrcs et autres qui ne sont des garnisons entretenues par la prevince; six cents à Antibes; quatre cents à Toulon ; cent au fort de la Croix ; trois cents pour être où Ih'soin sera, selon l’avis de M. le gouverneur; que l’on pourrait trouver ce nombre d’hommes en deux régiments de vingt compgnies , et à celui de Saint-André, qui est de douze.

Son éminence demande encore votre avis pour savoir à qui nous pourrions donner les capitaineries des tours et forts des îles d'Hyères . et s’il ne vaudrait pas mieux y mettre des garnisons réglées et ordinaires, qui, étant assurées d’y demeurer toujours, auraient soin par letir propre intérêt de conserver en bon état les bâtiments, les meubles et les

magasins ; au lieu que lors<jae l’on y met des compagnies tirées des régiments , elles y vivent avec une licence de tout insupportable, parce i|u'ellcs espèrent toujours d'en sortir, ne se souciant pas de ceux qui y seront après eux.

Il importe extrêmement, monsieur, que vous recommandiez avec soin aux régiments auxquels le roi a ordonné des recrues , de les (aire Ixtiincs et au plus tût , alin que nous en puissions faire état. Vous ferez, s'il vous plaît, visiter tous les forts et magasins des îles d’Hyères par M. Guérapin , afin que l'on les remette en si bon état que ceux tpii seront pourvus de la capitainerie d’iceux les puissent conserver avec facilité et plaisir, et y défendre leur honneur et leur vie en gens de bien; ce que beaucoup n’ont pas le courage de faire quand ils se voient dépourvus de ce que raisonnablement l’on peut désirer pour cet elfet.

J’attendrai, s’il vous plaît, une réponse au premier ordinaire afin que, tandis que vous êtes sur les lieux, vous nous puissiez aider à l’exécution de ce qui sera lésolu par deçà sur vos avis ; le mien ira toujours h votre contentement et à rester toute ma vie ,

Monsieur,

Votre très-humble et ttès-alTectionné serviteur.

De INoyehs.

D«î Ruel, ce i»* juin 16J7

LETTRE DE M. LE CARDINAL DE RICHELIEU

\ M. L’.\RCHEVRQUE DB bordeaux , DENA5DABT AVU DBB GARsM&ONS QU'IL FAUT LAIBSER EN PROVENCE.

Monsieur,

De Rael, le juin t037.

Lorstpe je vous écrivis la lettre que le capitaine des gardes de M. le comte d’Harcourt vous a portée, j’avais tant de choses à vous faire savoir que je ne me soitvins pas lors d’une fort importante , qui est de vous prier de me mander , devant que de partir de Provence , ce que vous estimez qu’il faille laisser de garnison dans la province, tant aux

LETTRE Uü CARD. DE RICHELIEL'. — JUIN 1637. 390

Iles d'Hyères, Sainte-Marguerite, Saiiit-Ilonorat , Toulon, Antibes, qu’autres petits lieux de la a>le que vous jugei-ez nécessaire de garder, entre lesquels le fort de la Croix est un des principaux.

Nous estimons de deçà que pour toutes ces garnisons trois mille hommes elFectifs peuvent suHire. a

Savoir : Cinq cents hommes aux Iles d'Hyères ;

Six cents hommes dans l'ile Sainte-Marguerite, conservant le grand fort et le fort d’Aragon , où il faudra envoyer tous les jours du grand fort vingt-cinq ou trente hommes en garde;

Quatre cents hommes dans l’ile Saint-Honoi'at ;

Huit cents hommes à Antibes;

Cinq cents hommes à Toulon ,

Et deux <*nts hommes au fort de la Croix et autres lieux semblables.

Nous estimons que ces trois mille hommes doivent être composés : Premièrement, de six compagnies du régiment des Iles, lesquelles, ne comptant que soixante hommes chacune, font trois cent soixante hommes;

De vingt compagnies du régiment des galères, qui, sur le meme pied, font douze cents hommes ;

De vingt compagnies du régiment de la Tour, qui feront encore, sur le même pied de soixante hommes par lompagnie , douze cents hommes ,

Et de douze compagnies du régiment de Saint-André, qui feront aussi six cent vingt hommes.

Nous pensons qu’on pourrait mettre dix compagnies de la Tour dans les Iles d’ilycres ;

Dans l’ile Sainte-Marguerite, les six compagnies des Iles , et quatre de la Tour;

Dans Saint-llonorat , huit des galères;

Dans Antibes , dix des galères ;

Dans Toulon , sept de la Tour et deux des galères ;

Et qu’ainsi on pourrait mettre tout Vaillac et Vitry à la campagne , et peut-être Saint-André, si on s’en peut passer pour lesdites garnisons.

Tout ce que dessus n’est qu’un faux-projet que je vous envoie afin que vous me mandiez , sur la connaissance que vous avez de la province, ce (pie vous estimerez qu'il faille faire.

On dit (pe le changement tpie l’on fait des garnisons dans les îles d’Hyères empêche qu'on ne puisse conserver les forts en bon ('tat , parce (jue ceux qui s’en vont ne se soucient pas de tout rompre , et (pi’ainsi il vaut mieux y mettre des gens qui n’en bougent , et qui y soient établis pour y demeurer, en leur donnant des appointements si raisonnables et si bien payés cpi’ils aient sujet de s’y arrêter.

Vous me manderez, s'il vous plaît, votre avis et, qui plus est, ((uelles personnes vous estimerez (pi seront propres pour commander en cha(|ue lieu.

Je vous prie de ne point faire courir les rues à cette dépêche , la nature des ail'aires rciptérant (pi’on les tienne sccrclcs , encore (pe (peltpicfois lem- matière pârtitnilicre ne semble pas le mériter. Ce (pe me promettant de votre prudence, je ne vous en dirai davantage , sinon (pejc suis.

Monsieur,

Votre alTectionné comme frère k voua rendre service,

la; Cardinal de Richeuec.

M. le duc d'Haluin , déjà instruit des tentatives futures des Espagnols sur le I..anguedoc, en donne avis à M. de Bordeau.x, et l’engage à mettre l'armée de mer en état de conconrir à la défense du littoral de cette province.

LETTRE DE M. D'HALUIN A M. l'archevêque de bordeaux.

Monsieur ,

J’attends maintenant le paiement avec usure du peu de service que je vous ai rendu aux îles, et le roi me fait l'honneur de m’écrire (p’il vous envoie un ordre de tenir les vaisseaux prêts pour notre dessein.

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