INSTRUCTION DU ROI. — AVRIL 1636. 2‘J
de sui-prendi-e Caillery ’ ou Porlocomtc, principales villes de ladite île situées sur le bord de la mer. «
L’on fera effort d’emporter Caillery d’abord, soit par le pétard, soit par les escalades ou autrement , auparavant (jue l’alarme soit donnée dans l’ile, et qu’on en puisse avoir nouvelles aux terres voisines. Si Caillery ne se peut emporter, et tpie jxir l’avis du conseil on juge qu’il SC puisse faiie un prompt effet sur Portocomte ou tpielque autre place de l’ile, ou bien tpt’on trouve qu’il y ait plus de facilité à entreprendre sur les autres terres du roi d’Elspagne, ce qui aura été résolu au conseil de guerre sera exécuté tout ainsi (pie si sa majesté même l’aurait oi-doniié.
Si, pour faciliter l’exécution des desseins, ou pour faire aiguade, radouber ({uel(pies vaisseaux blessés de coups de canon , ou chercher (pielcpies rafraîchissements, on juge (pi’il soit nécessaire d’cnti-cr dans les ports de la lépublitpie de Gènes, soit à Gènes, soit à Savonne ou en nie de Corse , l’on enverra demander aux Génois l’entrée desdits ports et les mêmes assistances (pi’ils rendent aux Espagnols.
Le même se fera pour les ports (pi sont au gi'and-duc; et en cas de refus on leur fera savoir (pie, bien (pic l’on n’en ait aucun oixlre de sa majesté , laquelle n’a pu pnWoir un tel refus , on exercera tout acte d’hostilité contre leura sujets et leiira vaisseaux, si l’on en trouve à la mer, s’assurant (pc sadite majesté ne saurait (pc trouver bon qu’on prenne raison d’un tel procéder.
On SC servira aussi des ports de sa sainteté, le roi étant très assuré que, comme père commun, il donnera la même assistance aux vaisseaux de sa maj(»té cpi’il a ac(X)utumé de donner à œux d’Espagne.
On usera semblablement d(M pirts de M. le duc de Savoie, lié particulici'ement avec sa majesté en la présente guerre pour l’intéiét commun de la chrétienté.
Si l’on SC rend maître de quelques places , on les fortifiera le plus
■ Caillery, Callarix, aujonni’hui Cagliari, où il y a un très bon port. I.’îlo (iortclleso capitale de la Sardaigne, aitiuic à l’E. de la est ù la iiointc de l’E. du golfe.
|>ointe S. de cette île , dans une grande baie * Sai’one , «iir la côte d’it.’ilie , à huit
lieues O. de Gènes.
ao . LIVRE 1. — CIIAP. I.
ililigemmeiit <|u'il scm pos.sible; et pour ce faire, les ti-onpes qui auront été niem'"es de Provence y sen>nt laissées avec quelques petits vaisseaux et tartanes pour servir à leur porter des vivres et tenir la mer libre; et apri-s avoir établi toute la sùieté requise, l’armée reviendra aux des de Sainte-Marguerite et de Saint-IIonorat, où, apres avoir pris de nouvelles troupes en Provence , si l'armée espagnole y est encore, elle ira l'attaquer et combattre, aüii qu’il ne reste, s’il se peut , aucuns vaisseaux ni galères qui puissent empêcher qu'un ne se rende maitre de la mer, et mettre autant de troupes à terre i{ue l'on voudra pour reprendre lesdites iles, lesquelles étant recouvrées et assutees , comme il est dit ci-dessus , toute l’armée s'en ira ranger la c<)te de Barbarie depuis Tunis jusqu’à Alger, et enverra demander auxdites villes de Tunis et Alger tous les esclaves français qu'ils detienjwnt au pix^udioe des traités de panx qu’ils ont faits avec le roi , firent de leur rendre les Turcs qui sont à Marseille, à faute de quoi la guerre leur sent déclai^ , tous les honimes et vaisseaux desdites villes pris ou brûlés, s'il s'en trouve à <ùéme on s'cirorcera
lie biader reux qui sont dans le port d'Al^lfr, suis néanmoins s’engager tnip.
Comme auni, en cas que l'armée faisant ses routes rencontre des vaisseaux desdites villes de Tunis , Alger et Tripoli de Barbarie, on les chassera et prendra s'il se peut, et on retiendra les hommes et vaisseaux jusqu’à ce qu’ils aient reiulu tous les Français, entretenant néanmuins avec les sujets du grand-seigneur U paix et bonne intelligence que sa majesté a avec lui.
L’armée approchant du Détroit se divisera en deux , alin qu’une partie, savoir tous les vaisseaux ronds, tant de Ponant que de Levant , repassent le Détroit , excepté six dragons , qui seront renvoyés à Marseille ôu Toulon avec les galères, sous la charge du Baron (l'Allemagne , chef d’escadre de Levant.
* Tous lesdits vaisseaux ronds ayant passé le Détroit, ceux qui auront été frétés, an|j)ais, boUa))(lais ou autres, à la réserve de ceux qui servent à nnttàé les victâ^les et l’infanterie , seront renvoyés, si dans le conseir ne guerre il est jugé qu’on n’en ait pas besoin.