STRUCTI()^ DU ROI. — AVRIL 163G. M
Si les (k]uipage$ ({ui seront sur les yaisseaux de Ponant sont assez forts , l’on renverra en Provence toutes les troupes qui y auront été prises, et ce, sur les galères et dragons qui y retourueront , et s’ils sont trop faibles , on les fortiiiera desdites troupes, en sorte qu’ils puissent encore souiTrir l’elTort d’un autro combat en cas de nécessité.
L’armée ayant repassé le Détroit s’en ira , si la saison et le temps le permettent, mouiller devant Salé ', an royaume de Maroc, fera savoir nu roi de Maroc <pie le roi désire absolument tenir le Imité de paix fait avec lui , le priant de le faire- entretenir par tous ses sujets, et particulièrement par roux de Salé, qui ont, au piéjndiro du traité général pas.sé avec ledit roi de Maix>c, fait payer le racliat de troi.s cents esclaves qu’ils devaient rendre gratuitement , ainsi <|u’ona leudu les leurs, ,'Ct qu’ils en retiennent encore trois cents, que non sculemeft ‘ ils ne veulent pas rendre saris'argent, mais dont ils denuimlent un prix excessif sans foiÿwnent âi apparence quelconque, pnisque rohn-.avec qui ils ont traité sur ce ^et'it’àvait ancnn pouvoir du roi de ce faire, mais seulement de'j»rter‘^'^kification de la paix faite en I63f , et en demander l’exécution', (^tvjoblige à' la i-estitution des esclaves gratuitement , qu’ainsi sa majesté a fait rondre ceux tpti étaient en France; et après cet envoi vers le roi de Maroc, dont on obtiendra réponse s’il se peut, on enven-a sommer ladite ville de Salé d’exécuter et entrotenir les traités de paix faits entre sadite m<ajesté et ledit roi de Maroc , et, en conséquence, rendée tous les esclaves français qui y sont détenus, et en cas de refus la guerre leur sera déclarée de la part du roi , et tous actes d’hostilité exercés contre eux, prenant et brûlant leurs vaisseaux partout où ils seront trouvés, pi<otestant toujours, quoi <{u’il arrive, que sa majesté ne vent point rompro la paix et traité faits avec ledit roi de Maroc. >
De U^, « le temps le permet aussi , elle s’en ira chercher les Açores *,
• Ville du royaume de Fei, sur la côte Portugal; elles sont au nombre de ncul. N. -O. de l’Afric(ue. C’est le ]K>inl (l'interseetion de la roule des
’ Acnrts ou jitorts. Ile» situées dans l’O- %aisseaux qui vont aux Indes occidentales, céan atlantique , x5o lieues dans l’O. du
et louciant ’ d’un borti h un autre sur les hauteurs des trente-huit jusi(u'aux quarante-deux degrés, elle y demeurera jusqu’à la fin du mois d’octobre pour attendre la flotte d’Espagne qui revient des Indes occidentales et tenter sur elle (pieltpte effet.
Si le conseil juge qu’on puisse entreprendre sur Plie de Saint-Michel ou sur quelque autre où il y ait des ports et des vivres suffisants pour y faire hiverner les vaisseaux de sa majesté, l’on tâchera de l’exécuter •ifiii de pouvoir toujours tenir une escadre à la mer pour attendre le retour de ladite flotte, durant qu’on se fortifiera en terre, pour dorénavant faire de là des courses à la mer sur ladite flotte, s’efforcer de la pieiidie ou l’incommoder tellement tpi’elle fût contrainte de faire une aiitie route.
I.e conseil de guerre sera tenu selon les nécessités , où il n’entrera que le général , le général des galères , les quatre chefs d’escadre, le lieutenant des galères, le sergent de Itataille et le commissaire gé^ral, si ce n’est qu’on ait besoin d'y appeler quelques capitaines particuliers pour prendre leurs avis ou pour leur faire exécuter quelque chose , ou que quelqu’un desdits capitaines .se rencontrant par hasard, on l’y veuille appeler.
Fait à Chantilly, le 20 avril 1636. '
LOUIS
BoI'THILLIKR.
A l'instruction précédente étaient jointes les trois lettres suivantes adressées par le roi à M. le cardinal de Lyon, à M. le duc de Florence et à S. S. le Pape.
s M. L.K CSSDmAI. DE LYON, CSAMt-AUMONIER DE FRANCE. FOUR PRIER I.E PAPE DE FOURNIR DES VIVRES A L'ARHÉE NAVALE, EN PAYA.NT.
De CbaDtillj, avril i636.
Mon cousin, ayant mis en mer mon armée navale sous la conduite
' Lomter ou lumtr (louvoyer, croiser) est ro^er rfuel<|ue tempe d'un côté, pais
LETTRE DU ROI. — A^^VIL Hi.36.
He mou cousin le comle HTIarcourl, c[ue j'.ii fait moii lieuteiiaiil-gi'iicral eu icelle, et le sieur archeT«kfue de Bordeaux,* chef du conseil que j’y ai l'Iabli, loi'siju’elle approchera des ports*<lc l’état ecclcsiasli(pie, mondil cousin ou ledit sieur archevêque enverront à mes ambasKideiirs une lettre que j’écris à notre saint père, pour snppliei .^a sainteté il’avoir agréable rentrée de madilc armée dans lesdits ports , et que tous rafraîchissements y soient .administrés, en payant; sur quoi hicsdits :imbassadeurs devant faire instance à sa sainteté, afin qu’elle lionne ses ordres nécessaires à cet eti'et, je vous écris la présetite pour vous dire I) ue je désire tpte vousfassicT; aussi les ollices que vous jugeiez ;i projxtsde votre part sm- ce sujet, .le me promets rpie ne demandant rien en cela à sa sainteté (pie très-conforme à sa qualité de père rommuti ((u’elle veut conserver, elle n’y apportera aucune difliculté. Sur ce, je prie Dieu qu’il vous ait, mon cousin, en sa sainte garde.
LOUIS
BoLTim.Hl!*.
Pureillc lettiv a été écrite à ^K*ft nnisiii le sieur iTEstrées, maréchal de France, chevalier de mes urdres, et M. le eemie de Noaillcs , aussi chevalier de mes urdres , mstsetller en mon eUDSeil d'Etat , mon lieutenant-général en mon gouvrrnrment du Haiit-.tnvergne , mes umbassadeurs ordinaire et extraordinaire à Kome.
\U OUC OE FIOBF.VCE, POl* LF. PBtFR DE FAVORISER SON ARSIEF JIAVAIJ!, I.LT DISANT LES FAISONS QCl't A ElES DE DÉCLARER LA GLFFRE AU ROI DESP.VGNE.
De Chaaiillj, 17 avril i636.
Mon (Niusin, un chacun sait as-scF les justes sujets rpie j’ai eus de (lï^rlarer la guerre contre le roi d’Espagne , plutôt pour l’intôr^t de mes amis et alliés que pour les miens pi'Oprcs. Les forces qu’il a en mer m’ont obligé à y mettre auAsi une armée navale composée de bon
virer le navire et aller autant de l’autre, quek|ur endroit on parafe. ( FoyasiBi , iifin dr nr pas a’êlot{{;ner beauciMip dr f!ydr>^f(mp1ùe )
nombre de itavire^cl de galères sous la conduite de mou cousin le comte d’Ilarcoui't , que j’ai^iit mon lieuteiiant-gènèral en icelle. Et d’autant ({u’elle pourra toucher vos ports, je vous écris cette lettre pour vous pri'er qu'elle y soit ivçue favorablement et assistée de rafraiebissemenu et de tou^ autres choses dont elle aura besoin, selon que mondit cousin ou le sieur archevêque de Boixleaux/chef du conseil que j’ai (‘labli en ladite armée, vous en l’cquerront, et eu satisfaisant à tout ce (jui sera fourni. Je me promets (]ue vous donnerez bien volontiers sur ce sujet l’ordie nécessaire, selon l'aircction que vous avez toujours témoignée vers cette couroimc ; vous pouirez aussi vous assurer de la continuation de la mienne en votre endroit , priant, sur ce. Dieu qu’il vous ait, mon cousin, en sa sainte gaidc.
LOUIS
BoUTiliLLlEK.
Pareille lettre a été écrite U mon eouriu le grainl-Juc de ToM-aae.
LE'TTRE DU ROI AU PAPE • s
POtK LE HKIER DE FAVORISER SON ARMÉE NAVALE, ET DE PAIRE RBCF.VOIR DANS SF S PORTS QUELQUES UNS DE SF.S VAISSEAUX, S'ILS EN ONT BF.SOIN, MÊME DP. LEUR PAIRE FOURNIR DES VICTUAILLES, EN PAYANT.
Oc 17 avril iG36-
Très-saint Pèixi, votre sainteté a été ci-devant infoimée des juste.v sujets que nous avons eus de déclarer la guerre contre le roi d’Espagne, plutôt pour l’intérêt de nos amis et alliés que pour les nôtres propres. Les forces qu’il a en mer nous ont obligé à y mettre aussi une armée navale composée de bon nombre de navires et de galèi-es, sous la conduite de 0011*6 très cher cousin le comte d’Harcourt, notre lieutcnantgénéjal eu icelle; et d’autant qu’elle pouria être portée, pour la commodité ou par la nécessité des divers temps de la mer, à touciier les ports de l’état ecclésiastique, nous écrivons la présente à votre sainteté, pour la supplier ((u’ellc soit reçue dans lesdits jxirts, et que tous rafraîchi.sscments lui soient administrés, en satisfaisant ceux qui les fourniront. Nous nous assuions que voti'e sainteté ’am'a agréable
LETTRE DU ROI. — AVRIL 1636. .l.S
l'iniUmce que no$i ambassadeurs lui feronl, à ce qu’il lui plaise donner les ordres ii^essaires sui- ce sujet; elle peut croire eertaiDemeiit que nous voudrions être assez heureux pour rencontrer les occasions de lui témoigner, par des preuves signalées, le respect et la révérence que nous lui portons ; et que notre alTection vers elle et les siens ne peut être égalée par celle de qui que ce soit. Priant, sur ce. Dieu, très^saint Père, vouloir conserver votre sainteté longues années pour le bien et utilité de son Égl ise.
Votre dévot fils le roi de France et de Navarre.
LOUIS
Bouthillieh.
Les états suivants donnent le détail de la flotte française, composée des escadres de Bretagne, de Guyenne et de Normandie; elles étaient fortes de trente-neuf vaisseaux , six brûlots et douze flûtes. Huit vaisseaux restaient seulement dans les ports de l'Océan.